Un automobiliste belge dénonce le comportement de certains douaniers suisses
Un automobiliste belge se
déclare victime du comportement abusif de certains douaniers du poste de
douane de Ferney-Voltaire, près de Genève. Voici son
récit.
Le 29 octobre 2002, vers 11h00, je me suis présenté, en voiture, à la frontière de Ferney-Voltaire, côté suisse. Je traverse cette douane pratiquement tous les jours, et il ne s’était jamais produit aucun incident. Je suis de nationalité belge.
Toutefois,
ce jour-là, l’un des douaniers a arrêté mon
véhicule, dans le but de l’inspecter. Ce douanier était
âgé d’une trentaine d’années -j’en ai
vingt-cinq- et s’exprimait avec un accent tessinois.
Une boîte à
gant bloquée
Les
problèmes ont commencé lorsque je me suis trouvé dans
l’impossibilité d’ouvrir la boîte à gants, qui
était bloquée. Aussitôt, le douanier s’est mis
à me tutoyer, en me déclarant qu’on y passerait toute la
journée, à quoi j’ai répondu que j’avais tout
mon temps… Le douanier est alors monté sur ses grands chevaux et,
toujours en me tutoyant, il m’a ordonné de le suivre à
l’intérieur des locaux. En raison de son ton agressif, je lui ai
demandé d’avertir mon consulat. Il ne m’a rien
répondu.
Là, lui-même et l’un de ses collègues, en me bousculant, ont voulu me contraindre à entrer dans une petite pièce dépourvue de fenêtre. Comme je sentais leur attitude menaçante, j’ai à nouveau demandé que mon consulat soit averti et que l’un de ses représentants nous rejoigne. Le Tessinois a déclaré : « On n’en a rien à foutre, de ton consulat, et de ton roi des cons des Belges ! ». Le collègue du premier douanier -d’un âge comparable, avec une moustache et un bouc- a ricané : « Je vais aussi t’appeler un avocat et Ben Laden ! ». Le premier douanier m’a dit : « Entre ici, ou je te casse la gueule ! ». Son collègue a ajouté : « Il n’y a que lui et moi. Aucun des deux ne dira que l’autre t’a cassé la gueule ! ».
A ce moment-là, l’ambiance a tourné à la vocifération générale. Nos éclats de voix ont ameuté successivement deux autres douaniers. Au premier, j’ai dit : « Regardez ! Ils sont fous ! Ils veulent me frapper ! ». Presque aussitôt, leur chef -un barbu corpulent et d’ordinaire très sympathique- nous a rejoints, pour m’interpeller : « Arrêtez de crier comme ça ! Maintenant, vous rentrez dans cette pièce ! ». Je lui ai répété que je voulais que mon consulat soit averti. Il m’a répondu : « Après, on verra ! Mais, maintenant, vous rentrez dans cette pièce ! ». Comme son subordonné m’apostrophait toujours, il lui a intimé : « D’abord, tu arrêtes de le tutoyer et tu te calmes ! ».
Si mes souvenirs sont exacts, j’ai alors demandé au chef d’assister à la fouille, car je n’avais pas confiance en ses subordonnés. Il a refusé.
Je suis donc entré dans la petite pièce en question, en compagnie des deux premiers douaniers. Aussitôt seuls avec moi, ils se sont remis à me tutoyer. Ils ont commencé par me menacer de me soumettre aux mêmes procédés chaque fois que je repasserai par cette douane : « On ne va pas te rater ! ». Ensuite, ils m’ont ordonné de me dénuder. Le plus agressif des deux -le Tessinois- a jeté mes chaussures à la poubelle. Quant à mes vêtement, à mesure que je les lui remettais, il les lançait n’importe où, par terre ou sur moi. Une fois nu, je leur ai demandé si cela les excitait de me voir ainsi. Ils se sont mis à dénigrer mes parties génitales, en me tenant des propos du genre : « Il existe des médicaments pour faire grossir ta petite bite ! On en a déjà vu des plus grosses ! ». Le Tessinois a ajouté : « Maintenant, tu vas rester ici ! ». Il voulait me laisser mijoter seul dans cette pièce. Je lui ai répondu que je voulais repartir, puisqu’ils n’avaient rien à me reprocher. Il m’a rétorqué : « Ferme ta gueule ! ». Puis les deux sont sortis et m’ont laissé environ vingt minutes. A leur retour, je m’étais rhabillé.
Nous
avons quitté la pièce. Ils m’ont laissé
récupérer les effets qui s’étaient trouvés
dans mes poches, puis nous sommes sortis sur la route. Comme nous arrivions
vers mon véhicule, le moustachu à bouc m’a
répété : « A chaque fois que tu
passeras ici, on ne va pas te rater… ». Je lui ai demandé si
c’était parce qu’il avait pris goût à me voir
nu.
Le
Tessinois, qui s’était éloigné pour
récupérer mes papiers, est revenu et m’a dit : « On
a fait le nécessaire. ». Il a jeté mes papiers dans ma voiture et
m’a promis : « On se reverra ! ». Je lui ai répondu que si
cela pouvait lui faire plaisir… Il m’a dit : « Ce
qui me ferait plaisir, c’est d’enculer ta
sœur ! ». Je lui ai répondu : « Ma
sœur, elle a dix ans, espèce de
pédophile ! ». Il est reparti en riant et j’ai
démarré de mon côté.
Le plus
drôle est que la boîte à gant, toujours bloquée,
n’avait pas été ouverte par les douaniers.
Joël DUPONT
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