Le Tribunal fédéral suisse ferme les yeux devant la corruption
En date du 8 novembre 2002, le Tribunal fédéral suisse a rendu deux arrêts relatifs à laffaire Velasco. Lun se rapporte au recours de droit public et lautre au pourvoi en nullité déposés contre les arrêts de la Cour de justice genevoise.
Ces deux arrêts du Tribunal fédéral confirment les jugements précédemment rendus par la magistrature genevoise et sabstiennent délibérément dentrer en matière à propos des abus de confiance commis par lescroc et député socialiste genevois Alberto Velasco durant les années où il a présidé lassociation ATTAC-Genève.
On rappellera que ces recours contestaient le refus, apposé par la magistrature genevoise, à louverture dune enquête pénale contre Velasco, le refus dauditionner des témoins et le refus dexaminer les preuves écrites des agissements reprochés à Velasco. Ces preuves ont été communiquées au Tribunal fédéral.
Quand lhypocrisie le dispute à la lâcheté
Alors même quils détiennent ces preuves, les juges fédéraux écrivent : « (
) en adressant son courrier du 18 novembre 2000 à une seule personne, le recourant (Frank Brunner) na pas agi dans le but dinformer et de dénoncer publiquement les faits quil reproche à lintimé (Velasco) et aucune raison ne justifie son comportement, si ce nest le dessein de dire du mal dautrui. »
Il ny a pas de pire aveugle que celui qui refuse de voir.
Dautre part, le recours de droit public dénonçait larbitraire de toute la procédure, les « preuves » bidon invoquées par les magistrats genevois afin de « justifier » leur refus de la preuve libératoire, le trafic dinfluence régnant au sein de la magistrature genevoise, et des artifices juridiques visant à imposer lomerta sur les magouilles du milieu politique.
Au vu de la situation décrite, de la gravité des accusations portées à lencontre dun élu et des preuves présentées, le devoir dun magistrat intègre était clair : remettre à lordre les juges genevois, ordonner louverture dune enquête pénale contre Velasco et autoriser la production des preuves ainsi que laudition des témoins.
Les juges fédéraux ont adopté exactement lattitude inverse, en choisissant de couvrir le margoulin et ses petits copains du Palais de Justice genevois. Cette décision prise, le reste nest que du blabla juridique : un emballage « politiquement correct ».
Pour donner une image, cest comme si on accusait le député Velasco davoir commis un hold-up, en produisant larme du crime, avec les empreintes digitales de Velasco et un film vidéo montrant Velasco en train deffectuer son hold-up. Les juges font comme si les preuves nexistaient pas, nient que le hold-up commis par un député soit un fait dintérêt public, et vous condamnent parce que vous avez mentionné ce hold-up dans une lettre
Vous êtes le méchant de lhistoire, parce que vous ne vous êtes pas soumis à lomerta des ripoux. On pourrait se croire dans le Chicago dAl Capone, avec ses politiciens et ses juges payés par Al Capone.
Nécessité de prendre des mesures draconiennes
A en croire les juges fédéraux, il ny a rien de plus naturel que de condamner une personne après lavoir empêchée de se défendre en refusant denquêter, en refusant dauditionner les témoins, en refusant de tenir compte des preuves, et cela alors même que le condamné se contentait de dénoncer une situation de corruption
On constate, ainsi, que le trafic dinfluence sétend jusquaux plus hautes instances de la magistrature suisse. Toutes saccordent pour imposer lomerta sur les magouilles du milieu politique, cest-à-dire favoriser laggravation et lextension de la corruption.
A aucun moment lun ou lautre des magistrats successivement saisis du dossier na manifesté la moindre velléité de sanctionner les abus de confiance de Velasco, voire même dadmettre que ces abus de confiance ont effectivement été commis. Il ne sagit pas de dysfonctionnements. Il sagit dune situation de corruption généralisée, dans laquelle la magistrature joue un rôle actif. Ce rôle consiste à censurer, discréditer et intimider quiconque sattaque aux ripoux.
Des mesures draconiennes doivent être prises, sur le plan politique, pour mettre lensemble de ces margoulins hors détat de nuire.
Frank BRUNNER
http://www.interet-general.info