Le commun des citoyens méprise cordialement ceux qui se prétendent les représentants du peuple. Il les mépriserait bien davantage sil les connaissait mieux et avait pleinement conscience de leur médiocrité.
Petit aperçu des coulisses du Parti socialiste genevois, où on se vautre dans le cloaque des intrigues et des coups tordus.
Afin de bien comprendre ce qui va suivre, il faut rappeler quAlberto Velasco, député au Grand Conseil genevois, sest efforcé dobtenir lexclusion de sa " camarade " de parti -et également députée- Myriam Sormanni-Lonfat. Comme celle-ci a médiatisé la cabale, les opportunistes du parti ont compris que cette affaire ternissait leur image
Depuis, on multiplie sournoisement les coups tordus contre Myriam Sormanni-Lonfat, afin de lécoeurer et de la pousser à démissionner.
La guerre des e-mails
Myriam-Sormanni-Lonfat se défend comme elle peut, expédiant des e-mails à quiconque est susceptible de la soutenir, dans son parti comme hors du parti. Ces e-mails suscitent des réactions. Le contenu de toute cette prose est révélateur quant au degré de médiocrité du milieu politique.
Commençons par un e-mail daté du 29 août 2000 et expédié à près dune centaine de personnes. Myriam Sormanni-Lonfat, faisant vertu de son attitude de marionnette parlementaire, écrit : " Jai toujours suivi et voté les mots dordre du Parti décidés en caucus. "
Puis elle cite les articles 18 et 19 de la Déclaration universelle des droits de lhomme, relatifs à la liberté de croyance et à la liberté de religion. En effet, cest en raison de son appartenance à la religion raëlienne quAlberto Velasco et ses comparses prétendent exclure Myriam Sormanni-Lonfat. On lui a interdit de siéger aux trois commissions parlementaires dont elle était membre.
Dans un autre e-mail, Myriam Sormanni-Lonfat se plaint du fait que sa demande dadhésion à lUniversité ouvrière de Genève ait été refusée. Elle cite plusieurs personnes qui se sont mêlées de ses affaires privées. Elle dénonce " une situation de mobbing ou de harcèlement moral ". Et elle conclut : " Il fallait que je vous donne certains détails nécessaires au
contexte de lattitude dexclusion dont je suis le bouc émissaire. "
Le même jour, une réponse signée Bernadette Gaspoz : " Le ton de cette missive démontre une fois de plus limpossible intelligence à comprendre le vrai problème. La confiance du parti ta été retirée. Tu nas plus de légitimité à siéger, point à la ligne. Par respect pour toi-même le silence simpose. "
Myriam Sormanni-Lonfat rétorque : " Tu ne sais pas de quoi tu parles, dommage pour toi. Sans vouloir te faire la leçon, le peuple ma élu et il est souverain. Jai donc toute légitimité à siéger. Il ne te reste quà consulter les art. 23, 69 et 182 de la Loi portant sur le règlement du Grand Conseil. Tu ne me connais pas, comment peux-tu me juger ? Crois-tu innocemment tout ce que lon te dit, sans vérifier ? "
Dans un autre e-mail, Myriam Sormanni-Lonfat critique les agissements dAlberto Velasco : " Jai demandé à être membre dATTAC-Genève. Dont Alberto Velasco est président, à M. Scheller, vice-président. Ma demande est restée sans suite et je ne suis pas la seule à qui cest arrivé
Alberto ayant demandé mon exclusion du parti le 1er mars, rien détonnant à cela. Ce dernier peut siéger aux conseils dadministration du Grand Casino et des Services Industriels et de lEnergie et briguer encore le conseil dadministration de la Banque cantonale
Pourquoi, dès lors, dire à Daniel Sormanni de choisir entre la Fondetec et la Banque cantonale ? Y aurait-il deux poids, deux mesures dans notre parti ? "
Le modus operandi dun vulgaire intrigant
Peu après minuit, le 30 août 2000, Alberto Velasco expédie un e-mail au siège du Parti socialiste genevois. Il sagit, pour lui, de diffamer et calomnier Myriam Sormanni-Lonfat : " Je trouve affligeant ce type de message et désobligeant à mon égard. Sil est notoire dans cette république que cette personne manque déducation et de savoir-vivre, on ne peut que déplorer lattitude passive et irresponsable de la section de la Ville de Genève alors que 21 députés-es ont demandé lexclusion de cette personne. Enfin, sachez que contrairement au parti socialiste, nous évitons à attac les personnes liées au mouv. dextrême droite ou des sectes. En loccurrence cette personne est en contact de manière étroite avec le mouvement raëlien, mouv. sectaire soupçonné en France de pédophilie. Les signes dappartenance : médaillon raëlien affiché pendant les séances du Grand Conseil, et réunions avec les personnes appartenant à cette secte dans le bar du Grand Conseil et la salle des pas perdus et jen passe. Si elle est libre dappartenir à nimporte quel mouvement de son choix, lassociation attac est libre de choisir et daccepter ses membres en fonction de critères laïcs, tels que le respect de lintégrité des personnes et le refus de se faire infiltrer par des personnes liées à dobscurs réseaux. Enfin, vous comprendrez que nous ne désirons pas à attac subir ce que le PS ou certains camarades subissent de la part de cette personne. "
On relèvera quAlberto Velasco ne respecte pas les droits fondamentaux constitutionnels des citoyens, puisquil avoue explicitement pratiquer la discrimination sans autre motif que lappartenance à une religion minoritaire à laquelle il reproche, en tout et pour tout, dêtre soupçonnée -ce qui revient à admettre quaucune preuve nexiste
Laccusation est dautant plus hypocrite que des prêtres catholiques ont régulièrement été condamnés pour des actes de pédophilie, sans que, pour autant, lEglise catholique soit désignée comme " un mouvement soupçonné de pédophilie ". Ainsi, lorsquil sagit de lEglise catholique, les cas de pédophilie
demeurent des problèmes individuels, tandis que, chez une religion minoritaire, le simple soupçon dun cas de pédophilie ferait de la religion elle-même un mouvement pédophile
La partialité et la mauvaise foi sont évidentes.
De même, le député Alberto Velasco présente comme un crime le fait davoir " des liens " avec un mouvement dextrême-droite et évoque " dobscurs réseaux ", sans fournir la moindre précision. Il ne procède que par insinuations et accusations gratuites. Les " arguments " invoqués par Alberto Velasco ne sont que des prétextes censés donner une apparence " politiquement correcte " au comportement foncièrement pervers dun vulgaire intrigant. Alberto Velasco calomnie et propage des calomnies, puis invoque " la rumeur " pour " justifier " son arbitraire.
On relèvera aussi que les statuts dATTAC-Genève nautorisent nullement Alberto Velasco ou les autres membres du comité à pratiquer une discrimination -voire lexclusion de facto- pour les motifs évoqués, et qui plus est à linsu de lassemblée générale.
On constate ainsi quà ATTAC-Genève règne larbitraire le plus complet et que cette association est, en pratique, un simple instrument destiné à la promotion électorale dAlberto Velasco et une clique de comparses politicards.
Suite de la guerre des e-mails
Ce même 30 août 2000, Myriam Sormanni-Lonfat expédie le e-mail suivant au Parti socialiste genevois : " Alberto na pas le sens des réalités. Je ne bois pas de verres au bar avec des raëliens contrairement à ce quil prétend. Je vois une personne de chez les Verts qui en fait partie. Contrairement à lui, je nai pas de préjugés sur les personnes. Quant à ses accusations de pédophilie, quil apporte des preuves. Certains catholiques nont pas de leçons à donner en matière de pédophilie. Quant au fait que je nai pu adhérer à ATTAC, demander à Frank Brunner comment procède Velasco. Comment les convocations aux AG dATTAC ne sont pas envoyées à tout le monde afin que les objets soumis au vote soient votés par " la bande des petits copains " et comment dès quune voix discordante se fait entendre on lui demande de se taire. Erika Sutter-Plienes ne sy rend plus, ce nest pas par hasard. Et puis, je ne suis pas la seule qui na pas été acceptée à ATTAC. Dès quune personne risque de faire de lombre au narcissique quest Alberto, cette personne est éliminée doffice. On a vu ce qui sest passé à Saint-Jean. Il y a des personnes qui mont déclaré regretter de sêtre faites embobiner. "
Quelques minutes plus tard, nouveau e-mail de Myriam Sormanni-Lonfat, au Parti socialiste genevois. Elle dénonce la soif de jetons de présence manifestée par Alberto Velasco, lequel néglige den laisser pour ses dignes " camarades " : " Avec sept commissions, pratiquement la majorité des remplacements, deux conseils dadministration, en briguer un troisième pour se désister lorsque ses camarades lont su : prétextant " lancer le débat " lon ne peut quêtre ambitieux et ne pas avoir le sens des mesures et du partage et de léquité. Cela ressemble étrangement à une envie de prise de pouvoir et de se prendre pour le " meilleur ". "
On appréciera le contraste entre la sordide réalité des coulisses du milieu politique et limage altruiste, toute de dévotion au bien public, que les médias en donnent pour tromper les citoyens.
Frank BRUNNER
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