Retenez-moi ... élections au Conseil d'Etat genevois ...
Les syndicats sont invités à soutenir le projet de taxe sociale de Frank Brunner
Au début du mois de juillet 2000, j'ai annoncé ma candidature à l'élection pour le Conseil d'Etat genevois de l'automne 2001. Cette candidature vise à promouvoir et concrétiser un projet de taxe sociale.
En résumé, il s'agit de taxer, dans le canton de Genève pour commencer, tous les mouvements financiers -versements, paiements et virements- à hauteur de 2 %, puis de distribuer le produit de la taxe à la population, sans condition ni discrimination. En dépensant ce supplément de pouvoir d'achat localement, les bénéficiaires contribueront à intensifier les mouvements financiers, ce qui accroîtra le produit de la taxe et permettra d'augmenter continuellement la part de chacun.
Au bout de X mois ou de X années -cela dépendra de l'ampleur des mouvements financiers-, cette part de taxe sociale représentera un revenu décent, puis un revenu confortable.
Une sorte de dividende sur le chiffre daffaires réalisé grâce au pouvoir dachat de la clientèle
Le principe de fonctionnement est très simple. On peut le comparer au bonus que reçoivent les clients de Migros en utilisant la carte de fidélité, puisque cette carte donne droit à un supplément de pouvoir d'achat proportionnel aux dépenses effectuées. En quelque sorte, avec cette taxe sociale, le client reçoit un dividende sur le chiffre d'affaires de toutes les entreprises locales.
Simplicité de la mise en uvre du système
Les coûts de fonctionnement du système sont modiques, puisqu'il suffit aux entreprises de verser le produit de la taxe sur un compte commun de l'Etat. Ensuite, avec un fichier d'adresses, un ordinateur et une imprimante, on expédie automatiquement à chacun son chèque mensuel. Il n'est pas nécessaire de mettre en place toute une administration pour cela.
Conséquences syndicales
D'un point de vue syndical, l'avantage est que les salariés ne redouteront plus le chômage comme une menace de misère et ils ne craindront donc plus de résister aux abus continuels du patronat. Ils seront beaucoup plus faciles à mobiliser. Ils n'accepteront plus le travail sur appel et ne se gêneront pas pour exiger des augmentations de salaire en faisant valoir qu'ils peuvent gagner autant ou davantage sans travailler. On peut facilement prévoir qu'il en résultera une diminution du temps de travail et un partage du travail.
Conséquences sociales
D'un point de vue social, cette taxe aura pour effet d'éradiquer définitivement la pauvreté et résoudra le problème du financement des assurances sociales. Lorsque chacun bénéficiera d'un revenu décent, n'importe qui pourra prendre sa retraite dès qu'il le souhaite.
D'un point de vue économique, l'amélioration continuelle du pouvoir d'achat de la clientèle de masse locale se traduit par une amélioration continuelle de la valeur de la part de marché des entreprises locales. Migros ne perd pas d'argent à cause du bonus de sa carte de fidélité. Pour la même raison, les entreprises seront gagnantes grâce à l'augmentation de leur chiffre d'affaires, malgré la taxe de 2 %.
Une taxe sociale qui remédie au parasitisme économique
Les entreprises robotisées, informatisées et les multinationales qui licencient en masse peuvent, actuellement, réaliser des milliards de chiffre d'affaires sans payer un centime de salaire. Elles réalisent leur chiffre d'affaires en parasitant le pouvoir d'achat distribué par les petits concurrents. Ma taxe sociale contraindra chaque entreprise à contribuer au pouvoir d'achat de la population proportionnellement à son chiffre d'affaires, ce qui mettra un terme à ce parasitisme économique. Il en résultera une amélioration de la rentabilité des petites entreprises.
Linvestisseur épargné, le spéculateur taxé
Le véritable investisseur ne sera pas taxé aussi longtemps qu'il conserve ses titres. Par contre, le spéculateur qui passe son temps à acheter et revendre des actions sera taxé à chaque transaction. Ainsi, seule la spéculation est pénalisée, tandis que l'économie réelle bénéficiera d'un afflux de capitaux désireux de s'investir durablement pour échapper à la taxe.
Conséquences politiques
D'un point de vue politique, il me paraît évident que si nous introduisons cette taxe sociale dans le canton de Genève et que nous démontrons, par la pratique, qu'elle est bénéfique pour l'ensemble de la société, n'importe quelle opposition, non seulement en Suisse mais dans le monde, pourra adopter ce projet et en faire son programme électoral en étant assurée du soutien massif des électeurs. On ne pourra plus se contenter d'affirmer qu'il n'y a pas d'alternative à la fuite en avant vers toujours davantage de compétitivité. Ce discours ne sera plus du tout crédible. La logique actuelle, que nous combattons tous, même si nous ne sommes pas d'accord sur les méthodes, sera ainsi anéantie. Cette taxe sociale est donc, pour les forces progressistes, une sorte de bombe thermonucléaire politique. Elle aura un effet dévastateur sur les forces néolibérales. Son adoption, dans le reste du monde, impliquera l'éradication de la pauvreté à l'échelle mondiale, et ce résultat sera atteint sans qu'on ait besoin de négocier quoi que ce soit avec quiconque. Il découlera d'une simple logique de relations de cause à effet.
Pourquoi ce projet de taxe sociale n'est-il actuellement pas soutenu ?
Voilà plusieurs années que je m'efforce de promouvoir ce projet de taxe sociale à Genève, sans obtenir aucun soutien. Il y a plusieurs causes à cela.
La principale cause est due au fait que j'ai conçu ce projet moi-même. Comme je critique la gauche locale et que j'ai même dénoncé diverses malversations impliquant des politiciens de gauche et d'extrême gauche à Genève, ceux-ci ont usé de toute leur influence pour faire de moi une non-personne politique. Je n'ai jamais pu obtenir qu'un syndicaliste participe à une conférence-débat consacrée à mon projet. Syndicats et partis de gauche genevois ont toujours affecté de l'ignorer ou l'ont tourné en dérision sans même se donner la peine de l'étudier. On a qualifié ce projet de "recette miracle", "tour de passe-passe", et autres balivernes démontrant une incompétence crasse en matière économique.
Certains "idéologues" d'extrême gauche refusent de soutenir ce projet de taxe sociale pour le motif qu'il retarderait l'effondrement du capitalisme Je doute que ces esprits cyniques aient le courage de tenir leur discours devant des SDF ou des vendeuses exploitées.
On a aussi reproché à ce projet le fait que chacun recevrait la même somme, sans discrimination. Il s'agit là d'un grief d'ordre moral. Ceux qui l'expriment voudraient que "les riches" ne reçoivent rien. A première vue, cet argument-là est défendable, mais il ne résiste pas à une analyse critique.
En effet, toute discrimination implique qu'on fixe arbitrairement un niveau de revenu à partir duquel les gens n'auraient plus droit au produit de la taxe, de même qu'actuellement à partir de tel revenu on n'a plus droit à l'aide sociale.
Pour les individus, cela signifie, en pratique, qu'il faut continuellement rendre des comptes à l'administration. Il suffit que le loyer augmente, ou qu'il diminue, pour qu'on franchisse le seuil dans un sens ou dans l'autre. Une telle discrimination implique donc une ingérence dans la vie privée des gens et la mise en place d'une administration très coûteuse, avec des quantités de fonctionnaires-flics surveillant Monsieur et Madame Toutlemonde pour s'assurer que son revenu n'a pas augmenté de 50.- FS par mois. Le coût de cette administration serait beaucoup plus élevé que les sommes dont on parviendrait ainsi à priver quelques millionnaires. Au bout du compte, les pauvres ne bénéficieraient nullement des prétendues "économies" réalisées en privant quelques dizaines ou centaines de riches de leur part de taxe sociale.
Plutôt que d'aborder la question d'un point de vue mesquin et chipoteur, il est préférable de renoncer à toute discrimination, ce principe permettant d'étendre le bénéfice de la taxe aux requérants d'asile et aux travailleurs clandestins. Car le refus de toute discrimination joue dans les deux sens, et pas seulement au bénéfice de quelques riches.
Pourquoi les syndicats devraient-ils soutenir ma candidature au Conseil d'Etat genevois ?
Les explications ci-dessus démontrent que mon projet de taxe sociale est extrêmement progressiste.
Les milieux économiques n'ont jamais eu de scrupule à proposer et imposer les mesures antisociales les plus réactionnaires. Par contre, quand on s'adresse aux milieux de gauche, il suffit de proposer une augmentation de 50 centimes par an du minimum vital pour qu'aussitôt la proposition soit décrétée utopiste ou populiste. Ce sont les milieux de gauche eux-mêmes qui, le plus souvent, s'opposent au progrès social.
Si le public est objectivement informé de lexistence et du fonctionnement de mon projet de taxe sociale, jestime que mes chances d'être élu sont très sérieuses. Et je suis absolument déterminé à concrétiser ce projet si je suis élu. Peu importe si l'ensemble du milieu parlementaire s'oppose alors à moi, car il demeurera possible de recourir à un référendum, ou une initiative populaire, et de faire payer aux opposants un prix politique tel qu'ils ne s'en relèveront pas. Car ils auront l'immense majorité de la population contre eux.
L'avantage de ma candidature, c'est que je n'appartiens à aucun parti politique, même si, en 1994-1995, j'ai été membre de partis d'extrême gauche. Or, les partis sont très largement discrédités.
La gauche genevoise
A Genève, la gauche et l'extrême gauche ont couvert les magouilles de la Banque cantonale jusqu'au moment où cet établissement a été décrété en faillite virtuelle par la Commission fédérale des banques.
Après la dernière élection au Conseil d'Etat, il n'a pas fallu trois mois aux socialistes genevois pour retourner leur veste, renier toutes leurs promesses et participer à une "table ronde" -avec la droite- dont le but était d'imposer des mesures antisociales sous prétexte d'économies, alors même qu'on couvrait des magouilles s'élevant à plusieurs milliards de francs au préjudice des contribuables... Actuellement, l'extrême gauche genevoise -qui est d'ailleurs dirigée par des bourgeois- prétend avoir obtenu des garanties du parti socialiste, mais chacun sait que ces prétendues garanties ne vaudront plus rien après les élections.
Trajectoire journalistique
L'injustice sociale, je connais. Ce n'est en tout cas pas moi qui sacrifiera les SDF et les exploités au profit des banquiers et des propriétaires de piscine. Ma trajectoire journalistique démontre que je n'ai jamais hésité à soutenir les minorités contre la majorité, défendre les SDF, les esclaves des diplomates, les travailleurs clandestins, les requérants d'asile, etc
Intégrité
J'ai résisté à toutes les pressions, j'ai subi, durant des années, et encore actuellement, une campagne de calomnies permanente visant à me discréditer et à me réduire au silence. Si j'étais susceptible de me laisser corrompre, il y a longtemps que ce serait fait. D'autre part, même mes pires ennemis ne me considèrent pas comme un imbécile. Même eux ne contestent pas mon intégrité.
Ouverture desprit et méthodes loyales
Certains prétendent qu'il n'est pas possible de discuter avec moi, alors que ce sont eux qui refusent la discussion. En réalité, je suis très ouvert à la discussion et je n'ai pas de préjugés idéologiques ou partisans, mais il faut des arguments concrets pour me convaincre et je refuse de me laisser manipuler. Je n'ai pas non plus l'habitude de dire n'importe quoi et son contraire pour être agréable à mon interlocuteur du moment.
Je respecte sans peine un adversaire de bonne foi, mais je méprise le prétendu allié hypocrite et de mauvaise foi. Je dis ce que je pense et je fais ce que je dis. Je pense qu'on peut accepter des compromis sur des points de détail mais qu'on ne peut pas transiger sur certains principes fondamentaux. Je ne suis pas non plus disposé à tolérer des malversations, ni à recourir, dans l'action politique, à des méthodes déloyales et amorales qui nous indigneraient venant de nos adversaires. Il m'arrive d'être très dur, mais nul n'a à redouter un coup tordu de ma part et je n'hésite pas à reconnaître spontanément une erreur quand j'en prends conscience.
En résumé, je n'ai assurément pas un caractère facilement influençable, j'ai un esprit indépendant, je peux devenir très désagréable si on me marche sur les pieds, mais j'ai des convictions très réelles et je ne m'aplatis pas devant le pouvoir ou l'argent.
Je pense donc qu'on trouverait difficilement un candidat porteur d'un projet plus progressiste, plus déterminé à le concrétiser et moins susceptible, une fois élu, de retourner sa veste.
Au su de qui précède, je demande aux syndicats de soutenir mon projet de taxe sociale et ma candidature au Conseil d'Etat genevois.
Frank BRUNNER
... Les syndicats suisses pris dans une logique d'autodestruction