Retenez-moi ... taxe sociale ... Pourquoi un problème est-il un problème ?

La raison d’être et l’évolution des problèmes concrets sont déterminés par une loi universelle qu’il importe de comprendre si on veut agir lucidement, notamment dans le domaine socio-économique.

On ne résout pas un problème en se contentant de constater qu’" il y a un problème ", ni en prenant des mesures à la petite semaine. Moins encore en pérorant à l’occasion d’une réunion de comité pour, finalement, décider de ne rien décider…

Quand on constate l’existence d’un problème concret, il convient d’analyser sa logique interne -c’est-à-dire la logique de l’enchaînement des relations de cause à effet- et identifier la cause fondamentale, la raison d’être du problème. On y parvient en " remontant dans le temps " les relations de cause à effet, comme si on projetait un film à l’envers, jusqu’à la première image.

La compréhension de la logique interne du problème fondamental permet, ensuite, d’anticiper l’évolution future de la situation.

Une énergie de destruction

Contrairement aux problèmes abstraits destinés aux écoliers, les problèmes concrets ne sont pas des phénomènes statiques, immuables. Ce sont des phénomènes évolutifs dynamiques, qui développent une énergie de destruction.

Aussi longtemps qu’il n’est pas résolu, le problème fondamental provoque des cascades de problèmes secondaires, lesquels suscitent d’autres cascades de problèmes, etc... Le phénomène se nourrit de lui-même. La situation problématique initiale ne cesse donc de s’aggraver et de s’amplifier, à mesure que le temps passe.

La logique interne du problème fondamental veut que ses conséquences finissent par anéantir l’environnement dont il dépend, ce qui aboutit à son propre anéantissement.
La logique interne de l’intérêt général

Si on pousse l’analyse jusqu’au bout, on constate que la raison d’être du problème fondamental est toujours une situation qui s’oppose à la logique interne de l’intérêt général.

La logique interne de l’intérêt général est le principe d’organisation qui permet la création dans l’univers. C’est ce principe qui veut que chacun des éléments d’un organisme contribue à la prospérité de tous les autres et bénéficie simultanément de cette prospérité.

Pour résoudre un problème concret

Il est futile de vouloir résoudre un problème secondaire puisque le problème fondamental ne cesse d’en provoquer de nouveaux aussi longtemps que lui-même n’a pas été résolu.

Il convient, au contraire, de consacrer les moyens d’action à résoudre le problème fondamental, car, une fois celui-ci résolu, tous les problèmes secondaires qu’il a suscités perdent simultanément leur raison d’être.

Pour résoudre un problème fondamental, on peut, soit accélérer sa logique d’autodestruction -comme le judoka qui se sert de l’énergie de son adversaire pour le déséquilibrer et le terrasser-, soit réadapter la situation problématique fondamentale à la logique interne de l’intérêt général. Une fois le problème fondamental résolu, l’énergie de destruction est convertie en énergie de création.

Le résultat est d’autant plus spectaculaire que le problème fondamental était plus dévastateur.

Frank BRUNNER

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