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BRUXELLES (AFP) - Les dirigeants européens réunis en sommet ont approuvé, jeudi 13 mars 2008 au soir, le projet d’Union pour la Méditerranée promu par la France, qui vise à renforcer la coopération entre l’Union européenne et les pays de la rive sud, du Maroc à la Turquie.
Le détroit de Gibraltar vu par satellite
Le processus de Barcelone visait à créer un véritable partenariat euro-méditerranéen, mais il a été handicapé, depuis sa naissance, par l’opposition entre Israël et les pays arabes. Une dizaine de pays méditerranéens sont impliqués dans ce programme : Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Territoires palestiniens, Syrie, Tunisie et Turquie, rejoints, depuis 2007, par la Mauritanie. La Libye a un statut d’observateur. "Le projet d’Union pour la Méditerranée a obtenu un vaste soutien du Conseil" des chefs d’Etat et de gouvernement des vingt-sept, réuni jusqu’à vendredi 14 mars 2008 à Bruxelles, a indiqué le Premier ministre slovène, Janez Jansa, dont le pays préside l’Union européenne. "Il s’agit maintenant d’y travailler dans les différences instances, il s’agit de faire le nécessaire pour que ce projet voit le jour", a-t-il ajouté. "Il ne s’agit pas de l’enterrer (le processus de Barcelone, ndlr), de repartir à zéro. Il s’agit de le mettre à jour", a nuancé M. Jansa. "Les temps ont changé, il faut s’adapter", a-t-il précisé. M. Jansa a toutefois relativisé l’ambition politique de l’Union pour la Méditerranée. "Les nouvelles idées que contient le projet ne visent pas à trouver une solution aux problèmes du Proche-Orient ou aux problèmes entre Israéliens et Palestiniens. Il y a d’autres instruments" pour cela, a-t-il dit. L’idée désormais est de se concentrer sur une série de projets concrets, notamment dans le secteur de l’environnement.
Les mers Thyrénéenne et Adriatique vues par satellite
Pour vaincre les réticences de plusieurs pays, en particulier de l’Allemagne, la France avait dû toutefois au préalable revoir nettement en baisse ses ambitions pour ce projet. Au final, il consistera essentiellement à insuffler un nouvel élan au processus dit de Barcelone, lancé en 1995 et qui a donné peu de résultats. Paris a accepté que tous les pays de l’Union européenne, et pas seulement les riverains de la Méditerranée comme la France l’envisageait au départ, soient pleinement associés à l’initiative. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a insisté sur le fait que "tous les Etats membres vont participer" à l’Union pour la Méditerranée, dont les propositions concrètes devront être lancées "dès que possible".
L’Est de la Méditerranée, au Sud de la Turquie, vu par satellite
"Demain matin, sera prise formellement la décision de transformer le processus de Barcelone en Union pour la Méditerranée, la décision a été prise ce soir à l’unanimité", a précisé pour sa part le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, devant la presse, à l’issue d’un dîner de travail avec ses homologues européens. L’Union pour la Méditerranée doit être officiellement lancée, le 13 juillet 2008, lors d’un sommet rassemblant tous les Etats de l’Union européenne et les pays riverains du sud. Il sera organisé durant la présidence française de l’Union européenne. Outre la définition précise des projets de l’Union pour la Méditerranée, se posera une autre difficulté : la question sensible de l’utilisation de fonds européens, qui nécessite l’unanimité des vingt-sept.
Agence France Presse
La Méditerranée
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