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AFP, 1er juillet 2008
Union européenne : Le président polonais refuse de ratifier le traité de Lisbonne



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Vue de Varsovie

VARSOVIE (AFP) - Le président polonais, Lech Kaczynski, a annoncé qu’il ne ratifierait pas le traité européen de Lisbonne, estimant qu’il est "sans objet" après son rejet par les électeurs irlandais, dans une interview publiée mardi 1er juillet 2008.

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Vue de Varsovie

Le traité de Lisbonne, censé rendre l’Europe plus efficace, a été rejeté, le 12 juin 2008, par les Irlandais, dans un référendum, avec une majorité de 53,4 % de Non. L’Irlande était le seul pays où le texte très touffu du traité de Lisbonne, qui reprend une grande partie des réformes du projet de Constitution européenne, était soumis au référendum. Les vingt-six autres pays de l’Union européenne ont choisi la voie parlementaire. Lors de leur récent sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont affirmé que le processus de ratification se poursuit, mais ont dû accepter une demande irlandaise de ne pas chercher à surmonter la crise avant le prochain sommet, en octobre 2008.

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Des Irlandais fêtent le refus du traité de Lisbonne, à Dublin, le 13 juin 2008

"Pour le moment, la question du traité est sans objet", a affirmé le président polonais au quotidien Dziennik, selon l’édition en ligne du journal. Le parlement polonais a pourtant, dès avril 2008, approuvé la ratification du traité destiné à réformer le fonctionnement des institutions européennes. Mais, selon la Constitution polonaise, c’est le président qui ratifie en dernier ressort les traités. Aucune disposition ne l’oblige, même si le Parlement le lui a demandé. "Il est difficile de dire comment cela se finira. En revanche, l’affirmation selon laquelle il n’y a pas d’Union s’il n’y a pas de traité n’est pas sérieuse", a affirmé le président Kaczynski. Il a souligné que le même raisonnement avait été tenu par les partisans de la Constitution au moment de son rejet par les électeurs français et néerlandais en 2005. "Et pourtant l’Union a fonctionné, elle fonctionne et elle continuera de fonctionner", a dit le président Kaczynski, "bien sûr, elle n’est pas idéale, mais une structure à ce point compliquée ne peut être idéale". Le président polonais a également mis en garde les autres dirigeants de l’Union contre une tentation d’isoler l’Irlande. "Si on brise la règle de l’unanimité une fois, elle n’existera plus jamais. Nous sommes trop faibles pour accepter ce genre de solution", a-t-il dit. Paradoxalement, Lech Kaczynski refuse de ratifier un texte qu’il a lui-même longuement négocié avec son frère jumeau, Jaroslaw Kaczynski, alors Premier ministre et aujourd’hui chef du plus grand parti d’opposition. Mais, depuis sa cinglante défaite aux élections parlementaires de novembre, le parti conservateur des frères Kaczynski a repris de vieilles attitudes eurosceptiques. Ils ont ainsi accusé les libéraux, maintenant au pouvoir, de vouloir adopter à terme la Charte européenne des droits de l’Homme que la Pologne, comme la Grande-Bretagne, a eu le droit de ne pas intégrer dans le traité de Lisbonne. Selon les frères Kaczynski, la Charte permettrait aux Allemands de réclamer des indemnisations pour des biens abandonnés sur d’anciens territoires allemands attribués à la Pologne après la Seconde Guerre mondiale. Selon eux, elle obligerait aussi la Pologne à reconnaître des mariages homosexuels.

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Lech Kaszynski

La défection de Lech Kaczynski, annoncée au premier jour de la présidence française de l’Union européenne, porte un coup sérieux aux efforts du président français, Nicolas Sarkozy, qui entendait limiter à la seule Irlande le problème de la ratification. "La première priorité, pour nous, est de circonscrire le problème aux Irlandais" et de faire que les autres pays européens "continuent de ratifier", a déclaré, lundi 30 juin 2008 au soir, Nicolas Sarkozy, dans une interview télévisée. Le refus polonais s’ajoute au problème tchèque, où la ratification est loin d’être acquise, en raison de l’euroscepticisme d’une partie de la droite libérale au pouvoir à Prague, à commencer par le président, Vaclav Klaus.

Agence France Presse

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Vaclav Klaus


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