Vue de San Miguel de Tucuman, en Argentine
SAN MIGUEL DE TUCUMAN, Argentine - Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a qualifié, mardi 1er juillet 2008, de "barbare" la nouvelle législation de l’Union européenne sur l’immigration lors du sommet du Mercosur.
Vue de San Miguel de Tucuman, en Argentine
La "directive retour" validée, en juin, par le Parlement européen, harmonise à dix-huit mois dans toute l’Union européenne la durée de rétention possible pour les sans-papiers et permet une interdiction de réadmission pour les expulsés allant jusqu’à cinq ans. De nombreux dirigeants sud-américains ont déjà dénoncé la nouvelle législation européenne sur l’immigratrion. Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a ainsi estimé, le 24 juin, que "la peur de voir disparaître le statu quo et l’emploi a conduit à la discrimination et aux préjugés à l’encontre des immigrés" en Europe. Près de 400000 Brésiliens résidant illégalement en Europe pourraient être concernés par la directive retour.
Luiz Inacio Lula da Silva
"Beaucoup, parmi nous, sont les petits-enfants d’immigrants arrivés d’Europe -d’Espagne, d’Italie, de France, d’Allemagne, de Suisse- et ici, en Amérique latine, ils ont toujours été reçus à bras ouverts", a déclaré le président uruguayen, Tabare Vazquez, lundi 30 juin 2008 au soir. Il a jugé la nouvelle législation européenne "très ingrate".
Tabare Vazquez
Les nouvelles règles de l’Union européenne en matière d’immigration reviennent à créer un "mur" virtuel dans l’Atlantique, a déclaré Hugo Chavez, lors du sommet du marché commun sud-américain Mercosur, réuni à Tucuman, en Argentine, qui a voté une résolution condamnant la législation européenne. "Nous avons besoin d’une ligne ferme (...) pour la défense de la dignité de nos peuples", a déclaré M. Chavez devant les dirigeants du Brésil, de l’Argentine, de la Bolivie, de l’Uruguay et du Chili.
Associated Press
Hugo Chavez
Commentaire
Au cours des années 1980, j’ai effectué, en Nubie soudanaise, un voyage en dromadaire. Un jour, dans la petite localité de Karima, je me suis rendu au poste de police, pour une formalité administrative. Quelques détenus étaient enfermés dans une cellule. J’ai demandé à l’officier la permission de leur offrir des cigarettes. Comme j’offrais également un paquet à l’officier, il a été d’accord.
Vue de Karima, au Soudan
Trois jours plus tard, alors que je m’apprêtais à poursuivre mon voyage, un homme m’a interpelé à la sortie de Karima. C’était l’un des détenus auxquels j’avais offert des cigarettes. Il s’est emparé de la corde servant à guider le dromadaire, car il voulait absolument m’inviter chez lui pour me remercier. Il habitait, non loin de là, une masure de berger aux murs de pierres brutes et au toit de branchages. Il y vivait avec sa femme et son enfant. La femme nous a préparé un repas délicieux et, après nous avoir servis, elle s’est installée en retrait, avec l’enfant, pour nous regarder manger, car la coutume voulait que les hommes mangent d’abord. J’ai très vite remarqué que mon hôte touchait à peine au plat posé entre nous. Il se contentait de "m’accompagner", comme on dit. J’ai alors compris que ce plat était tout ce que cette famille avait. Mon hôte s’abstenait de manger afin de laisser de la nourriture à sa femme et son enfant.

Il est particulièrement honteux de comparer l’hospitalité de cette pauvre famille soudanaise avec la mesquinerie caractérisant l’accueil des immigrés en Europe. Les dirigeants européens semblent se complaire dans la bassesse et s’efforcent de présenter leur égoïsme comme la suprême vertu.
Frank BRUNNER
Une affiche xénophobe de l’UDC, en Suisse
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