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vendredi 23 juin 2017
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AFP, 25 janvier 2005

Allemagne : Commémoration de la libération du camp d’Auschwitz


L’arrivée des déportés à la gare d’Auschwitz-Birkenau

PARIS (AFP) - Appels à la vigilance et commémorations se sont multipliés, mardi 25 janvier 2005, à deux jours de la célébration officielle de la libération du camp d’Auschwitz, notamment à Berlin, où le chancelier Gerhard Schroeder a dit sa "honte", la voix étranglée par l’émotion.

L’arrivée des déportés à la gare d’Auschwitz-Birkenau


"J’exprime ma honte envers les assassinés, et envers ceux qui ont survécu à l’enfer des camps de concentration", a déclaré M. Schroeder, citant "juifs, Tziganes, homosexuels, opposants politiques, prisonniers de guerre et résistants de toute l’Europe".

L’arrivée des déportés à la gare d’Auschwitz-Birkenau

"L’écrasante majorité des Allemands qui vivent aujourd’hui n’est pas coupable de l’Holocauste, mais elle porte une responsabilité particulière", a aussi dit Gerhard Schroeder, au bord des sanglots, lors d’une cérémonie organisée dans un théâtre par le Comité international d’Auschwitz. Dans un vibrant appel à combattre l’antisémitisme, dont "on ne peut nier la persistance aujourd’hui", il a martelé : "c’est le devoir commun de tous les démocrates de lutter avec détermination contre les répugnantes incitations à la haine des néonazis et leurs tentatives toujours renouvelées de minimiser les crimes des nazis".

La sélection des déportés, à la gare d’Auschwitz-Birkenau. Une partie des déportés était aussitôt expédiée vers les chambres à gaz

A Paris, le président français, Jacques Chirac, a lui aussi appelé à la "vigilance" et à la "détermination" contre l’antisémitisme. "Je veux redire avec gravité que l’antisémitisme n’a pas sa place en France. L’antisémitisme n’est pas une opinion. C’est une perversion. Une perversion qui tue", a-t-il déclaré lors de l’inauguration d’un mémorial de la Shoah.

Des déportés sélectionnés pour la chambre à gaz, à la gare d’Auschwitz-Birkenau

De leur côté, les Pays-Bas ont commémoré les 60 ans de la libération d’Auschwitz en lisant le nom des quelques 102000 juifs, roms et résistants déportés des Pays-Bas et tués dans les camps d’extermination nazis.

Le portail principal du camp d’Auschwitz-Birkenau

La lecture, commencée, samedi 22 janvier 2005, à Amsterdam, avec le nom des juifs de la capitale néerlandaise, se poursuivra jusqu’à jeudi 27 janvier, date de la libération d’Auschwitz, au camp de Westerbork.

Des déportés attendant de passer à la chambre à gaz, à Auschwitz-Birkenau

En Europe, une note discordante est venue de Moscou, où un groupe de députés nationalistes russes a adressé à la justice une requête exigeant l’interdiction de toutes les organisations juives, qu’ils accusent "d’extrémisme" et de représenter une religion "antichrétienne" dominant le monde "démocratique" et menaçant la Russie. Cette requête a été dénoncée par l’ambassade d’Israël à Moscou qui a exigé des autorités russes qu’elles réagissent à ces "appels à la renaissance du fascisme".

L’entrée d’une chambre à gaz, à Ausdchwitz-Birkenau

Lundi 24 janvier 2005, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, avait appelé le monde, lors d’une session spéciale historique, à New York, à "manifester son respect" pour les victimes des camps de la mort nazis en "protégeant toutes les communautés semblablement menacées et vulnérables, maintenant et à l’avenir". Relevant que depuis l’Holocauste, "le monde a échoué, à sa grande honte, à empêcher d’autres génocides, par exemple au Cambodge, au Rwanda et dans l’ancienne Yougoslavie", M. Annan a invité la communauté mondiale à la "vigilance" et la "responsabilité"

Un cadavre extrait d’une chambre à gaz, par des déportés, à Auschwtz-Birkenau

Le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer avait évoqué lundi, lors de cette même assemblée, la "marque indélébile" laissée par la Shoah sur l’Allemagne. "Le droit de l’Etat d’Israël à exister et la sécurité de ses citoyens resteront à jamais des éléments non négociables de la politique étrangère de l’Allemagne. Israël peut compter là-dessus", avait ajouté M. Fischer.

Un four crématoire, à Auschwitz-Birkenau

Toujours à l’ONU, le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, avait mis en garde contre le négationnisme et le retour de l’antisémitisme. "La décennie passée a vu une augmentation inquiétante des tentatives visant à nier la réalité de l’Holocauste". "Aujourd’hui encore nous voyons, contre les juifs et autres minorités, le même processus de délégitimisation et déshumanisation", a-t-il dit.

Des cadavres brûlés en plein air, au cours de l’été 1944, au camp d’Auschwitz-Birkenau. Il arrivait que les fours crématoires tombent en panne ou que le nombre des déportés gazés soit trop élevé

Les commémorations du 60ème anniversaire de la libération d’Auschwitz-Birkenau culmineront, jeudi 27 janvier 2005, sur le site du camp, avec un rassemblement de présidents d’une quarantaine de pays et d’anciens détenus.

Agence France Presse

Une fosse commune à Auschwitz-Birkenau

L’orchestre de déportés, au camp d’Auschwitz-Birkenau. Les exécutions se faisaient en musique

Des poteaux où les déportés étaient fouettés, dans la cour des exécutions du camp d’Auschwitz-Birkenau

La cour des exécutions, à Auschwitz-Birkenau

Des enfants déportés à Auschwitz-Birkenau

Des déportés à Auschwitz-Birkenau

Le complexe d’Auschwitz-Birkenau, vu depuis un bombardier allié, le 13 septembre 1944

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