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AFP, 27 février 2005

Liban : Vers une épreuve de force entre opposition et pouvoir à Beyrouth


Manifestation anti-syrienne, à Beyrouth, le 26 février 2005

BEYROUTH (AFP) - L’opposition libanaise et les alliés de la Syrie s’acheminaient vers une épreuve de force, lundi 28 février 2005, dans la rue et au Parlement, alors qu’un émissaire américain a entamé, à Beyrouth, des contacts pour un retrait militaire syrien total du Liban.

Liban


Dès samedi 26 février au soir, les routes menant au Parlement dans le centre-ville ont été barrées à la circulation. Dimanche 27 février 2005 au matin, des soldats et des policiers étaient postés aux principaux accès de la place de l’Etoile, où se trouve le siège du Parlement, bloqués par des barrières métalliques.

Manifestation anti-syrienne, à Beyrouth, le 26 février 2005

Un débat de confiance est prévu, lundi 28 février 2005, à la séance parlementaire, alors que les députés de l’opposition ont annoncé leur détermination à obtenir la démission du gouvernement pro-syrien d’Omar Karamé. Selon des sources politiques, plus de 50 députés ont demandé à intervenir lors de la séance, ce qui pourrait retarder le vote de confiance. Le cabinet mise sur la majorité pro-syrienne pour faire échec à la motion de censure de l’opposition. Pour mettre la pression sur le gouvernement, l’opposition plurielle a appelé à un rassemblement sur la place des Martyrs lors du débat du Parlement et s’est jointe à un appel à la grève générale lancé par les instances économiques du pays.

Omar Karamé

Irrités par cette mobilisation, les alliés de Damas ont choisi de contre-attaquer. Une mosaïque d’associations pro-syriennes ont appelé à une manifestation, lundi 28 février 2005, sur le site du rassemblement de l’opposition en signe, disent-elles, "de protestation contre la visite de (l’émissaire américain) David Satterfield au Liban". Ce développement a plongé les Libanais dans le désarroi, plusieurs quotidiens exprimant leurs craintes sur les véritables intentions du pouvoir. "Que prépare le régime (...) La date choisie pour cette manifestation loyaliste coïncide avec le rassemblement populaire de l’opposition (...) ce qui pourrait amener (les autorités) à annuler les deux actions pour des raisons de sécurité", écrit Al-Nahar.

Des Libanaises brandissent des pancartes contre la venue de l’émissaire américain, David Satterfield, à Beyrouth, le 26 février 2005

Un député du courant de l’ancien-Premier ministre assassiné Rafic Hariri, Atef Majdalani, a mis en garde le gouvernement contre "le recours aux désordres et à la division dans le but de faire passer ses plans". Un ex-Premier ministre, Sélim Hoss, a appelé à "agir avec sagesse" et à annuler les deux manifestations pour éviter un risque de confrontation.

Atef Majdalani

Dimanche 27 février 2005, la place des Martyrs était accessible et des groupes de personnes venaient prier sur la tombe de Rafic Hariri, sous l’oeil vigilant d’une poignée de policiers à quelques mètres des tentes où des jeunes campent depuis une dizaine de jours pour réclamer le départ des Syriens.

Un blindé syrien à Dahr Al-Baydar, le 25 février 2005

M. Satterfield, venu défendre les demandes américaines d’un retrait syrien du Liban, a été reçu, dimanche 27 février 2005, par le patriarche maronite, Nasrallah Sfeir, qui parraine l’opposition chrétienne à la présence militaire syrienne. Ce haut responsable du département d’Etat doit rencontrer dans la soirée des membres de l’opposition, qui a rendu les régimes libanais et syrien responsables de l’attentat à l’explosif ayant coûté la vie, le 14 février 2005, à Hariri et 17 autres personnes, selon une source proche de l’opposition.

Nasrallah Sfeir

M. Satterfield doit être reçu, lundi 28 février 2005, par le ministre des Affaires étrangères, Mahmoud Hammoud, selon une source officielle qui a précisé qu’aucun autre rendez-vous n’a été pris avec des officiels libanais. Avant son arrivée, samedi 26 février 2005, à Beyrouth, il avait mis en garde la Syrie contre une tentative de jouer la carte de la déstabilisation du Liban. "La Syrie sera tenue pour responsable de tous les incidents qui pourront se produire au Liban". M. Satterfield s’est déclaré sceptique sur l’annonce syro-libanaise d’un proche redéploiement militaire, affirmant : "Cela fait deux jours que les Syriens parlent de retrait, sauf qu’on n’a encore rien vu".

David Satterfield

L’équipe de l’ONU, chargée par le secrétaire général de l’organisation, Kofi Annan, d’enquêter sur l’assassinat de Hariri, poursuivait sa mission au Liban. Elle s’est rendue, au cours des dernières 24 heures, sur les lieux de l’attentat, et a rencontré Rabia Qaddoura, procureur général par intérim.

Agence France Presse

Peter Fitzgerald

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