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jeudi 17 avril 2014
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AFP, 23 septembre 2005

La Colombie dénonce l’"ingérence" française dans les négociations avec les FARC


Un membre des FARC

BOGOTA (AFP) - Le gouvernement colombien a adressé, vendredi 23 septembre 2005, à la France, une lettre officielle de "protestation" contre l’envoi, sans son consentement, d’un émissaire auprès des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) pour négocier la libération de la franco-colombienne Ingrid Betancourt.

Colombia


Dans un courrier remis à l’ambassade de France à Bogota, le vice-ministre colombien des Relations extérieures, Camilo Reyes, a dénoncé "ces négociations menées sans le consentement du gouvernement national", estimant qu’elles constituaient "une ingérence dans les affaires internes" du pays. Ce message a été envoyé "suivant les instructions" du président colombien, Alvaro Uribe, a confié à l’AFP un haut fonctionnaire attaché à la présidence. La famille d’Ingrid Betancourt s’est élevée contre la lettre de protestation officielle de la Colombie. Sa mère, Yolanda Pulecio, s’est dite "surprise", rappelant que le ministre colombien de l’Intérieur avait autorisé le gouvernement français à servir de "médiateur". Plus véhément, l’époux de l’otage, Juan Carlos Lecompte, a accusé le président Uribe de n’avoir "rien fait" pour les otages et, en revanche, d’avoir "obstrué" les efforts des autres gouvernements.

Alvaro Uribe

Le mécontentement affiché par Bogota porte sur la démarche d’un émissaire du président français, Jacques Chirac, en vue d’obtenir la libération d’Ingrid Betancourt, ex-candidate des Verts à l’élection présidentielle colombienne, retenue en otage par les FARC depuis le 23 février 2002. Le directeur de l’hebdomadaire communiste colombien Voz, Carlos Lozano, a révélé cette semaine qu’un émissaire français avait rencontré à deux reprises, depuis le mois de juillet 2005, Raul Reyes, numéro 2 de la principale guerilla colombienne, dans les forêts au sud du pays, à la frontière avec l’Equateur. Ces négociations se dérouleraient de manière positive, insistent depuis cette semaine plusieurs journaux des deux pays. Les discussions porteraient même sur les modalités d’un échange "prochain", selon une source anonyme de la guérilla. Le mystérieux émissaire a été désigné dans la presse comme l’ex-consul de France à Bogota, Noël Saez, ce qui n’a pas été confirmé officiellement.

Raul Reyes

Bogota ne s’était pas jusque-là opposé à une médiation française, confirmant, en juillet 2005, la première rencontre entre un émissaire français et le chef rebelle, sans la condamner. Le ministre de l’Intérieur, Sabas Pretelt, avait, au contraire, admis à l’époque que le gouvernement colombien avait "facilité la démarche de la France pour intercéder en faveur des personnes séquestrées". "Les autorités françaises restent bien évidemment mobilisées pour obtenir la libération d’Ingrid Betancourt, mais s’agissant d’affaires de ce type, nous respectons toujours la plus grande discrétion", s’est borné à déclarer, vendredi 23 septembre 2005, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattei.

Sabas Pretelt

Les FARC, 17000 combattants, réclament la libération de prison de 500 de ses hommes en échange de celle de 59 personnalités militaires et politiques, dont Ingrid Bétancourt et trois Américains. Les guerilleros, qui ont multiplié les attaques en 2005, ont récemment rejeté la dernière offre du président colombien qui proposait de créer temporairement une zone sans opération militaire dans le sud-ouest du pays afin de mener les négociations.

Agence France Presse

Ingrid Betancourt

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