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AFP, 28 octobre 2005
Sciences : Le méthyle-mercure menace les populations de l’Amazonie centrale



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Paysage de l’Amazonie

LIMA (AFP) - La consommation intensive de poissons en Amazonie centrale peut entraîner de graves conséquences pour l’homme si le mercure organique se transforme en méthyle-mercure, a prévenu un chercheur du nouvel Observatoire de recherche de l’environnement du bassin amazonien.

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Paysage de l’Amazonie

Quelque 70 chercheurs et ingénieurs participent du 25 octobre au 30 octobre 2005, à Lima, à l’initiative de l’IRD, à la première réunion scientifique de l’Observatoire de Recherche de l’environnement du bassin amazonien (HYBAM). Le mercure, présent naturellement dans l’environnement en Amazonie, ne devient dangereux que s’il s’accumule et opère cette transformation en présence de bactéries et de sulfates, explique Marc Roulet, un spécialiste participant, à Lima, à la première réunion de cet observatoire. "Le milieu amazonien est propice, à cause des grandes plaines inondées, à la méthylation par les bactéries et les sulfates", explique le chercheur de l’Institut de Recherche pour le développement (IRD), basé à La Paz en Bolivie.

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Déforestation en Amazonie

Toutefois la présence de l’homme par la colonisation du sol et la déforestation peut accélérer la transformation du mercure qui devient alors potentiellement dangereux, s’il se trouve en quantité dans la chaîne alimentaire. "La propriété du méthyle-mercure, c’est de se "bio-cumuler", c’est le seul métal à augmenter en quantité d’un niveau à l’autre. Petit à petit, les concentrations augmentent (...), et on peut imaginer que d’un site à un autre, en Amazonie, en fonction de la chaîne alimentaire, on arrive à des concentrations qui peuvent être inquiétantes", note le géo-chimiste, spécialiste du mercure. "Le danger est très variable, cela dépend des populations qui consomment les poissons (...). Quand on a des populations qui font deux ou trois repas de poissons par semaine, on est en dessous des normes de l’OMS, mais quand on a des populations qui prennent jusqu’à quatorze repas de poisson par semaine, on dépasse facilement des niveaux inquiétants". En revanche, en Bolivie, les populations riveraines consomment moins de poissons (quatre repas par semaine) et "tout dépend de la méthylation dans l’environnement, puisque chaque étape du cycle peut être aggravant ou diminuant", souligne l’expert environnemental. Dans les zones andines de la Bolivie et du Pérou, les concentrations en méthyle-mercure sont inférieures par rapport à l’Amazonie centrale, car ce sont des sols plus jeunes qui n’ont pas accumulé des millions d’années de mercure.

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Un aérodrome en Amazonie

Les conséquences précoces du méthyle-mercure sur les humains peuvent être "une altération du système nerveux, une réduction du champ visuel et des pertes de dextérité manuelle". En fait, les populations ne détectent pas facilement ces altérations, qui s’avèrent seulement gênantes. "On peut trouver, en fonction de l’exposition des villages et de la consommation de poissons, jusqu’à 30 % ou 40 % de gens qui commencent à montrer des désordres, une désorganisation et un manque de coordination des mouvements". "Ces désordres touchent les adultes, mais aussi les enfants en développement", explique le chercheur en citant une étude réalisée, en 1999, par l’Université du Québec, à Montréal, sur les populations du fleuve Tapajos, au Brésil. Les scientifiques avaient constaté que la présence de méthyle-mercure pouvait entraîner "des malformations neurologiques avant la naissance".

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Un village illégal d’orpailleurs, en Guyane française, en juin 2003

C’est durant les années de la ruée vers l’or que les chercheurs ont commencé a étudier le mercure en Amazonie. On s’inquiétait surtout de son utilisation dans l’orpaillage, avant de s’apercevoir que le méthyle-mercure était "le seul danger des populations qui ne sont pas exposées directement aux vapeurs de mercure dans les centres d’orpaillage". La recherche de l’or provoque d’autres maladies puisque les gens respirent directement des vapeurs de mercure.

Agence France Presse

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Une décharge près d’un village illégal d’orpailleurs, en Guyane française, en juin 2004

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