BOURGUIBA Abderrazak (libéré en février 2005), MAHROUG Hamza, BEL HAJJ IBRAHIM Ridha, GUIZA Abdelghaffar, RACHED Omar, MCHAREK Aymen, CHLENDI Omar
TUNIS (AP) - Les jeunes Internautes de Zarzis, ville du Sud tunisien, dont la libération avait été annoncée, samedi 25 février, par des sources concordantes, à Tunis, ne font pas partie des bénéficiaires de la grâce présidentielle, a-t-on appris dimanche 26 février au soir. Cette mesure de grâce a bénéficié à 1659 détenus, parmi lesquels le chef du mouvement islamiste interdit "Ennahdha", Hamadi Jebali. Elle est intervenue à l’approche du 50ème anniversaire, le 20 mars 2006, de l’indépendance de la Tunisie, et moins de deux semaines après la tournée maghrébine du secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, qui s’est rendu à Tunis, Alger et Rabat.
Tunisie
Contacté par téléphone, l’avocat des jeunes détenus, Maître Samir Ben Amor, a déclaré qu’aucune des familles des six membres du "groupe de Zarzis" ne lui avait confirmé que leurs enfants étaient rentrés à la maison. Selon lui, il y aurait eu confusion entre ce groupe et celui de L’Ariana, dont les deux membres restants ont été effectivement grâciés. L’avocat n’a pas été en mesure de situer la source ni la cause de cette confusion. Les internautes de Zarzis purgent une peine de treize ans de prison pour avoir télécopié des procédés de fabrication de produits explosifs pour "préparer des attentats", selon l’acte d’accusation.
Abderrazak Bourguiba
Les membres du "groupe de L’Ariana", une banlieue de Tunis, avaient été condamnés quant à eux, également dans le cadre des lois sur le terrorisme adoptées en 2003, après avoir été arrêtés à la frontière tuniso-algérienne d’où ils comptaient se rendre dans les territoires palestiniens, selon leur acte d’accusation.
Associated Press
Hamza Mahroug : "J’ai eu des décharges électriques et j’ai été suspendu nu à des câbles en acier qui servent pour les voitures, « des palans », au sous-sol du ministère de l’Intérieur et j’ai été battu sur tout le corps"
Abdelghaffar Guiza : "On m’a fait signer mon testament, on m’a dit que je serais mort accidentellement. On m’a dit « tu es à la Sûreté de l’Etat et on va te tuer comme un chien ». Je n’ai même pas été interrogé, on m’a fait signer et on m’a sauvagement torturé de 8 heures du matin à 9 heures du soir, sur une chaise. On m’a suspendu nu, mis dans une baignoire, ainsi que d’autres tortures que je n’ose mentionner ici. J’ai la tuberculose. On m’avait accordé des médicaments pour six mois et on me les a enlevés et mis au cachot, en isolement"
Omar Rached : "Je conteste tout ce que l’on me reproche et j’ai été torturé ( il montre les marques sur les jambes). On m’a menacé de faire venir ma sœur et ma mère pour les violer devant moi ; j’ai subi des tortures sexuelles. On m’a introduit une matraque, ainsi que des choses que je n’ose dire ici"
Aymen Mcharek : "On m’a arrêté au port de la Goulette et ramené à la Sûreté de l’Etat, je n’ai pas eu le droit de lire mon PV et on m’a ordonné de signer"
Omar Chlendi dit qu’il a été battu et, pendant plusieurs jours, il a été suspendu nu et frappé à coups de matraque sur tout le corps
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