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AFP, 11 avril 2006
Italie : Le dernier chef suprême de la mafia, Bernardo Provenzano, a été arrêté



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Vue de Corleone

ROME (AFP) - Les magistrats antimafia italiens ont annoncé, mardi 11 avrl 2006, l’arrestation de Bernardo Provenzano, chef suprême de la mafia sicilienne Cosa Nostra et dernier "boss" historique encore en liberté, mettant fin à une cavale de plus de quarante ans lourde de mystères.

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Italia

1,65 mètre, 68 kg, une cicatrice au cou : ce sont les seuls indices physiques dont disposaient les autorités italiennes, qui avaient non sans mal, en 2005, reconstitué un portrait-robot de l’homme le plus recherché d’Italie, sur la base de photos des années 1950 et de rares témoignages de mafieux repentis. Le vieil homme de 73 ans a été cueilli dans son fief sicilien, la région de Corleone près de Palerme, où il était né et avait débuté sa carrière de parrain, pour finalement atteindre le sommet de "la coupole", organe de décision suprême de la pieuvre. Arrêté dans une "cabane isolée, à proximité d’une bergerie", l’agence italienne Ansa décrit un homme "amaigri et au visage creusé", vêtu d’un jeans et d’un gilet bleu, qui n’aurait pas opposé de résistance à l’unité d’élite de la police italienne et aurait même immédiatement admis être Bernard Provenzano.

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Bernardo Provenzano

"Sa capture constitue un succès d’une importance exceptionnelle car elle permet de remettre à la justice l’actuel chef de Cosa Nostra et met fin à une fuite qui durait depuis trop longtemps", se sont félicités dans un communiqué le procureur adjoint de Palerme, Giuseppe Pignatone, et les magistrats de la direction régionale antimafia, Michele Prestipino et Marzia Sabella. Cette arrestation est le résultat "d’un travail discret, patient, déterminé et professionnel, de la part des services des forces de l’ordre", qui a duré "plusieurs années", ont-ils souligné, ne donnant cependant pas la date exacte de l’arrestation.

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Giuseppe Pignatone

Surnommé "La Belva" (le fauve), Bernardo Provenzano était passé à la clandestinité en 1963 et a été condamné au total à une dizaine de peines de prison à perpétuité dont trois définitives, passées en cassation. Il est devenu le chef suprême de Cosa Nostra, en janvier 1993, après l’arrestation de Toto Rina, commanditaire des assassinats, en 1992, des juges antimafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. Il était considéré comme l’artisan d’une nouvelle stratégie de la Cosa Nostra, beaucoup plus silencieuse, sans meurtres ni attentats, mais visant à mieux infiltrer la société sicilienne et à provoquer une baisse de la garde de la part des institutions.

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Salvatore Rina

Son histoire et surtout sa capacité d’échapper à la police pendant quatre décennies restent entourées de mystères, car même les mafieux repentis les plus bavards ne savent finalement pas grand chose sur lui. Bernardo Provenzano a échappé à la police à de multiples reprises. En 2003, selon les autorités italiennes, il a séjourné à deux reprises dans un hôpital de Marseille, en France, pour soigner sa prostate, empruntant à cette occasion l’identité d’un boulanger sicilien. En janvier 2005, le procureur national antimafia Piero Grasso avait affirmé avoir "démantelé le ministère des Télécommunications de Provenzano" et coupé "tous ses canaux, ses réseaux d’informations". Mais "Provenzano est fort, très prudent et il faut bien l’admettre", avait-il reconnu. Piero Grasso a toujours affirmé que le chef mafieux n’avait pas quitté l’Italie et se cachait dans la province de Palerme.

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Piero Grasso

Bernardo Provenzano a également été donné mort à plusieurs reprises, notamment, en 1992, lorsque sa femme et ses trois enfants, qui l’avaient suivi en clandestinité, ont réapparu à Corleone et repris une vie normale. Mais le chef mafieux démentira lui-même sa mort en envoyant, un an plus tard, une lettre dans laquelle il désigne ses avocats, à l’occasion d’un procès dans lequel il est impliqué.

Agence France Presse

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Bernardo Provenzano après son arrestation

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