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AFP, 17 avril 2006
Sciences : Les populations de moineaux sont en voie de disparition en Europe



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Un moineau domestique

PARIS (AFP) - Les populations de moineaux déclinent rapidement dans toute l’Europe occidentale, un phénomène encore inexpliqué qui inquiète d’autant plus les experts qu’il concerne une espèce très dépendante de l’homme.

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Un moineau domestique

Ce déclin est particulièrement net en Grande-Bretagne où le "Moineau domestique", l’espèce la plus banale qui soit, a été inscrit sur la liste rouge des espèces d’oiseaux menacées, selon le Muséum national d’histoire naturelle de Paris. "En Grande-Bretagne, c’est de l’ordre de 90 % à 95 % des effectifs de moineaux domestiques qui ont diminué dans tout le pays depuis dix ou quinze ans", indique Frédéric Baroteaux, du Centre de recherches sur la biologie des populations d’oiseaux. "C’est énorme, ils ont quasiment disparu", fait-il remarquer. Ce constat alarmant a été confirmé par certaines études dans d’autres pays, en Allemagne (50 % de diminution des oiseaux à Hambourg en trente ans), en République Tchèque (60 % de baisse à Prague en vingt ans), aux Pays-Bas, en Belgique, Italie, Finlande.

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Un moineau domestique

En France, Passer domesticus semble suivre la même pente, mais avec un décalage de quelques années par rapport à la Grande-Bretagne et aux autres pays d’Europe, précise-t-on au Muséum : la baisse a atteint 11 % entre 1989 et 2003, selon le programme de Suivi temporel des oiseaux communs (STOC). Ce déclin laisse penser que c’est l’environnement immédiat du moineau, donc le nôtre, qui est affecté, selon les experts. Car le "Piaf" est l’espèce d’oiseau la plus inféodée à l’homme dont il dépend pour son habitat (nids sous les toits, dans des conduits et cavités de toutes sortes) et sa nourriture (débris, miettes de pain). Paris est d’ailleurs un des bastions de l’espèce.

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Un moineau domestique

Or les raisons de ce déclin qui concerne les moineaux des villes comme les moineaux des champs, restent floues. On soupçonne des concurrences d’autres espèces, l’intensification de l’agriculture, les pollutions en tout genre, peut-être certaines ondes électro-magnétiques (ondes radio, ondes portables). "Est-ce qu’il y aurait des maladies, est-ce que c’est dû à une disparition des habitats ?" s’interroge Frédéric Baroteaux. Les moineaux peuvent être affectés par une malaria aviaire, mais elle n’est pas systématiquement mortelle et elle n’a rien à voir avec la grippe aviaire, fait-il remarquer. Fait troublant, la baisse des populations de moineaux domestiques survient après la quasi disparition (de 80 % à 95 % entre 1970 et 2000) d’une autre espèce de moineau autrefois abondant en Europe occidentale, le "Moineau friquet".

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Un moineau friquet

Inquiets, les ornithologues du Muséum d’histoire naturelle ont mis en place un réseau de surveillance des populations de moineaux domestiques d’Ile-de-France avec dix stations de baguage des oiseaux, à Paris intra muros et autour de la capitale. "On attrape les oiseaux avec des filets, on les identifie, sexe, âge, mesure etc, on fait des prélèvements de sang et de plumes pour détecter d’éventuelles traces de pollution, et on leur pose des bagues de couleur afin de les identifier à distance", explique Frédéric Baroteaux. "Parce que le moineau domestique, quand on l’attrape une fois, il repère ensuite les filets et il ne se laisse pas reprendre une deuxième fois", ajoute-t-il. "Avec les bagues de couleur, on peut lire ce code couleur à distance avec des jumelles et identifier les moineaux bagués. Cela nous permet avec des modèles statistiques d’estimer la taille de la population".

Agence France Presse

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Des moineaux friquet

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