Des blindés longent le mur israélien, en vue de Beit Lahiya, le 5 juillet 2006
JERUSALEM (AFP) - Le cabinet israélien de sécurité, réuni en urgence, mercredi 5 juillet 2006, a décidé d’établir une zone de sécurité élargie dans le nord de la bande de Gaza, à la suite du tir de roquette sans précédent dans l’enceinte d’une école, à Ashkelon, revendiqué par le Hamas. Cette zone sera contrôlée notamment par l’aviation et l’artillerie et permettra d’empêcher que ce secteur soit utilisé par les lanceurs de roquettes visant le sud d’Israël, a indiqué un des participants à cette réunion, sous couvert de l’anonymat. Selon lui, l’armée a reçu l’autorisation d’encercler Beit Hanoun et Beit Lahiya, afin de créer un couloir coupant ces localités de la ville de Gaza en cas de nécessité.
Vue du ministère de l’Intérieur palestinien, après une attaque aérienne israélienne, à Gaza City, le 5 juillet 2006
Le tir de roquette, qui a atteint, mardi 4 juillet, en fin d’après-midi, de plein fouet l’école Ronson, au coeur d’Ashkelon, est "un événement très grave, qui constitue une escalade d’une gravité sans précédent dans le terrorisme du Hamas, qui dirige l’Autorité palestinienne", a déclaré le Premier ministre israélien, Ehud Olmert. Il a averti que "cette attaque, cette criminelle tentative de porter atteinte à des civils israéliens vivant à l’intérieur des frontières d’Israël aura d’exceptionnelles conséquences". Selon son bureau, le ministre de la Défense, Amir Peretz, a ordonné, mardi 4 juillet au soir, à l’armée, d’empêcher ces tirs. Le cabinet s’est prononcé pour une intensification des raids aériens contre le Hamas et son gouvernement, et des assassinat ciblés à l’encontre des responsables des tirs de roquettes ou leurs instigateurs, a souligné le participant à la réunion du cabinet de sécurité. Le Premier ministre, Ehud Olmert, avait qualifié, mardi 4 juillet, ce tir de "très grave" et annoncé qu’il aurait "des conséquences exceptionnelles". Selon la présidence du conseil, "le cabinet de sécurité s’est réuni pour se consacrer aux implications de ce tir, et aux efforts visant à libérer le caporal Gilad Shilat", 20 ans, enlevé, le 25 juin 2006, lors d’une attaque palestinienne en Israël.
Depuis son appartement dévasté, une Palestinienne contemple le siège du ministère palestinien de l’Intérieur, détruit par des missiles israéliens, à Gaza City, le 5 juillet 2006
Les Brigades Ezzedine Al-Qassam, branche armée du Hamas, ont revendiqué ce tir contre Ashkelon. "Nous avertissons de nouveau l’ennemi que tout crime qu’il commettrait dans la bande de Gaza ou en Cisjordanie lui entraînera des malheurs", ont-elles affirmé, mercredi 5 juillet 2006, dans un autre communiqué. Selon une porte-parole de l’armée israélienne, "la roquette Qassam (contre Ashkelon : ndlr) était dotée de deux moteurs qui ont rallongé sa portée de 9,5 km à 12 km". Jusqu’à présent, ces engins parvenaient à atteindre uniquement la zone industrielle de cette ville de 120000 habitants, au sud de Tel-Aviv, où se trouve une centrale électrique considérée comme "stratégique". Depuis le déclenchement de l’Intifada en septembre 2000, des centaines de roquettes Qassam ont été tirées sur la ville israélienne de Sdérot, dans le désert du Néguev aux abords immédiats de la bande de Gaza, tuant cinq civils israéliens et en blessant des dizaines d’autres.
Un appartement palestinien dévasté par les explosions de missiles israéliens, à Gaza City, le 5 juillet 2006
Interrogé à la radio militaire israélienne, le ministre travailliste des Infrastructures, Binyamin Ben Eliezer, a préconisé "de lancer des opérations systématiques de liquidations des chefs terroristes (...) C’est seulement ainsi qu’ils comprendront que ces tirs ne peuvent pas continuer". "Nous pourrions être contraints de déclencher une offensive terrestre ponctuelle dans la bande de Gaza, mais ce ne serait pas une solution miracle", a-t-il ajouté. M. Olmert a donné son feu vert à une telle offensive, mais en a reporté le déclenchement, la semaine dernière, pour favoriser des efforts diplomatiques visant à libérer le soldat enlevé.
Un appartement palestinien dévasté par les explosions de missiles israéliens, à Gaza City, le 5 juillet 2006
Le ton était globalement à la colère, en Israël, après l’attaque contre Ashkelon. "Nous n’accepterons pas que cela continue", a ainsi menacé le ministre de l’Environnement, Gidéon Ezra. "Nous sommes en guerre, et nous trouverons les solutions", a enchéri son collègue sans portefeuille, Yitzhak Cohen, qui réside à Ashkelon. Dans un éditorial intitulé "le Hamas payera", le principal quotidien israélien Yédiot Aharonot écrivait, mercredi 5 juillet 2006 : "Il est temps de relever le gant : le Hamas nous a déclaré la guerre, Israël doit se défendre". Même approche pour l’expert militaire du Haaretz, Zeev Schiff : "Ce tir contre le centre d’Ashkelon est une déclaration de guerre du Hamas". Yossi Beilin, chef du parti de gauche laïque Meretz, a en revanche affirmé qu’"il faut au plus vite conclure avec (le président palestinien) Mahmoud Abbas, à l’aide d’une médiation de l’Egypte, un cessez-le-feu général".
Les débris d’une école palestinienne détruite par l’aviation israélienne, à Gaza City, le 5 juillet 2006
Un résistant palestinien a été tué, mercredi 5 juillet 2006, par des tirs de l’armée israélienne, lors d’une incursion militaire à Jéricho, en Cisjordanie. Dans la nuit, l’aviation israélienne a lancé trois raids contre le Hamas, dans la bande de Gaza, notamment contre le ministère de l’Intérieur, qui ont blessé quatre Palestiniens.
Charly WEGMAN
Les débris d’une école palestinienne détruite par l’aviation israélienne, à Gaza City, le 5 juillet 2006
Commentaire
On relèvera la malhonnêteté intellectuelle caractéristique du gouvernement israélien. Celui-ci fait continuellement bombarder la bande de Gaza et son aviation ne cesse d’y tirer des missiles dans les agglomérations palestiniennes. Rien de plus normal, prétend le gouvernement israélien. Par contre, lorsque des résistants palestiniens tirent une roquette contre Israël, le gouvernement israélien se lance dans son numéro d’hystérique, dénonçant "une escalade d’une gravité sans précédent dans le terrorisme" et "cette criminelle tentative de porter atteinte à des civils". De même, quand les Israéliens arrêtent et emprisonnent des milliers de Palestiniens, il n’y aurait rien de plus normal. Par contre, quand des résistants palestiniens capturent et détiennent un nazillon israélien, l’acte est dénoncé comme "du terrorisme" et quasiment comme un crime contre l’humanité. Quand les troupes d’occupation israéliennes assassinent des Palestiniens, il n’y aurait, là encore, rien de plus normal. Par contre, quand des Palestiniens assassinent leurs oppresseurs, ce serait "du terrorisme", comme toujours.
Les débris d’une école palestinienne détruite par l’aviation israélienne, à Gaza City, le 5 juillet 2006
Le sport national israélien consiste à pleurnicher sur soi-même entre deux assassinats de Palestiniens. L’Etat d’Israël, qui se donne des airs d’éternelle victime, est une entité fasciste, raciste, et colonialiste. Son histoire n’est qu’une succession de crimes et de spoliations perpétrés au préjudice des Palestiniens. Nul ne fait davantage que le régime israélien pour promouvoir l’antisémitisme dans le monde. En soutenant aveuglément la politique israélienne, les juifs du monde entier apparaissent tout simplement comme de cyniques ordures.
Frank BRUNNER
Les débris d’une école palestinienne détruite par l’aviation israélienne, à Gaza City, le 5 juillet 2006
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