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lundi 20 octobre 2014
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Reuters, 4 mai 2007

Comores : Deux soldats gouvernementaux tués à Anjouan


Vue de Moroni

MORONI (Reuters) - Deux soldats comoriens ont été tués, jeudi 3 mai 2007 au soir, par les forces de sécurité en rébellion sur l’île d’Anjouan, la deuxième de l’archipel de l’océan Indien qui a connu dix-neuf coups d’Etat ou tentatives depuis l’indépendance en 1975, annoncent les autorités de Moroni.

Comores


Les combats ont débuté, mercredi 2 mai 2007, quand des policiers fidèles au président sortant d’Anjouan, Mohamed Bacar, ont attaqué des soldats du gouvernement central qui avaient pris le contrôle de bâtiments publics pour installer les autorités provisoires de l’île, conformément à une décision du tribunal constitutionnel comorien. Les mutins ont eu le dessus et, jeudi 3 mai 2007 au soir, deux soldats gouvernementaux ont été tués, alors qu’ils tentaient de fuir, près du village de Mromhuli, a déclaré le ministre comorien de l’Information, Mmadi Ali. "Ils ont été attaqués alors qu’ils essayaient de s’enfuir par bateau en direction de la Grande Comore", a-t-il déclaré à Reuters, faisant référence à la plus grande île de l’archipel.

Un pêcheur aux Comores

Ces violences illustrent les rivalités entre le gouvernement central et la Grande Comore, Anjouan et Mohéli, les trois principales îles de l’archipel. La semaine dernière, le tribunal constitutionnel a jugé que le mandat de cinq ans de Mohamed Bacar à la présidence d’Anjouan était arrivé à expiration et qu’il devait se retirer avant des élections prévues en juin 2007, ce à quoi il se refuse. Vendredi 4 mai 2007, des témoins ont rapporté qu’après deux jours de combats les forces fidèles au président sortant tenaient toute l’île et avaient confisqué les armes et les véhicules du petit contingent de soldats gouvernementaux présents sur place. "La nuit dernière, des policiers ont circulé, armés jusqu’aux dents", a déclaré un photographe comorien, Salim Miterand, à Mutsamudu, capitale d’Anjouan. "Le président Bacar veut montrer à la population qu’il a remporté la bataille."

Paysage des Comores

Les échanges de tirs survenus ces derniers jours ont cessé, mais les habitants d’Anjouan craignent d’autres troubles, le gouvernement central envisageant d’envoyer des renforts sur l’île, ont indiqué des Anjouanais. "Mohamed Bacar risque de plonger Anjouan dans la guerre civile", a déclaré un porte-parole du gouvernement, Abourahim Said Bacar. "Le gouvernement est profondément préoccupé par le climat de terreur qu’il a imposé." Le porte-parole a ajouté que la maison du président des Comores, Ahmed Abdullah Mohamed Sambi, qui vient d’Anjouan, avait été mis à sac par la police locale. Le port d’Anjouan et son aéroport demeurent fermés et les lignes téléphoniques des responsables locaux sont coupées. Autre signe d’instabilité, le chef de l’armée comorienne, Saïd Hamza, a été limogé cette semaine, apparemment parce qu’il était favorable à Mohamed Bacar, a-t-on appris de source autorisée.

L’Union africaine a condamné le recours à la force à Anjouan, estimant que la police locale "menaçait gravement l’unité et la souveraineté nationales des Comores", archipel comptant 670000 habitants.

Reuters

Vue de Mutsamudu

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source