Une patrouille française de la Frontex en mer Méditerrannée
L’agence européenne Frontex, dont le rôle est de coordonner la surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne, a décidé de suspendre, faute de moyens, ses patrouilles en Méditerranée destinées à endiguer les flux d’immigration clandestine vers Malte et l’Italie. Ces deux pays participaient, avec l’Allemagne, l’Espagne, la France et la Grèce, à l’opération Nautilus 2, lancée le 25 juin 2007 et appelée, en principe, à durer jusqu’à l’automne.
Une embarcation utilisée par des émigrants clandestins, sur l’île italienne de Lampedusa
Friso Roscam Abbing, porte-parole du commissaire Franco Frattini, chargé notamment du dossier de l’immigration, a reconnu, jeudi 2 août 2007, que l’agence était contrainte de décider une "pause" dans l’activité de ses patrouilles. "Nous espérons que cette pause sera aussi courte que possible et que l’opération Nautilus 2 pourra reprendre bientôt", a-t-il déclaré. M. Roscam Abbing a rappelé que le personnel, le budget, les équipements (avions, bateaux, hélicoptères) sont fournis par les Etats membres et que les opérations conduites par Frontex sont liées au concours que ceux-ci sont prêts à lui apporter. Au siège de l’agence Frontex, à Varsovie, on souligne que l’organisation des patrouilles ne dépend pas de la seule volonté de Frontex, mais des moyens financiers que les Etats membres mettent à sa disposition. Dans les conditions actuelles, ajoute-t-on, il serait "irréaliste" de continuer l’opération Nautilus 2. Compte tenu des limitations budgétaires, des "compromis" sont nécessaires sur la durée des opérations et le nombre des équipements déployés. Selon un porte-parole de l’agence, l’opération Nautilus 2 devrait reprendre au cours de l’été, mais elle sera aménagée pour être mieux adaptée aux méthodes des passeurs et des trafiquants. Des "développements positifs" sont constatés du côté de la Libye, mais, ajoute-t-on, "cela ne signifie pas que la Libye participera à la prochaine phase de l’opération".
Franco Frattini
En visite à Malte, début juillet 2007, le commissaire Franco Frattini s’était dit "satisfait" des premiers résultats de la mission tout en jugeant possible de "l’améliorer". Le président du groupe du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen, Joseph Daul, a demandé que l’opération reprenne "immédiatement". Il estime que celle-ci a été "efficace" pour limiter l’afflux des clandestins et juge que "cela n’a aucun sens de l’arrêter à un moment culminant de la saison, pendant les mois cruciaux d’août et de septembre". A Bruxelles, un porte-parole de la représentation maltaise confirme que la mission a eu "des effets positifs" sur le nombre des immigrants. Il estime qu’"il aurait été préférable de ne pas l’interrompre", mais dit comprendre que Frontex veuille procéder à une "évaluation" avant de continuer l’opération. Franco Frattini a appelé plusieurs fois les Etats membres à débloquer les fonds et les matériels nécessaires. Trois opérations ont eu lieu en 2006, deux en Méditerranée (Nautilus 1, Poséidon) et la troisième au large des îles Canaries (Héra). Lors du lancement de l’opération Nautilus 2, fin juin, le bilan 2007 était déjà de 800 immigrants clandestins débarqués à Malte et 3000 en Italie.
Thomas FERENCZI
Vue satellitaire des îles Canaries, d’où s’élève la fumée d’incendies, le 31 juillet 2007
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