Représentation artistique de la constellation Galileo
BRUXELLES (AFP) - Eurodéputés et ministres européens du Budget sont tombés d’accord, vendredi 23 novembre 2007 au soir, pour financer, avec le budget de l’Union européenne, le futur système européen de navigation par satellite Galileo, éliminant ainsi un obstacle majeur au "GPS européen" miné par les retards.
Représentation artistique de la constellation Galileo
Galileo vise à affranchir les Européens de leur dépendance à l’égard du système militaire américain GPS, gratuit pour les usagers civils. Il promet une précision de localisation au mètre près (contre parfois une dizaine de mètres pour le GPS) et doit être opérationnel à la fin 2012. A la suite de l’exclusion, en juin 2007, de l’industrie privée du financement de la future constellation de 30 satellites, l’Union européenne devait trouver 2,4 milliards d’euros supplémentaires dans des fonds publics pour mener à bien son projet technologique phare. Vendredi 23 novembre, les eurodéputés, qui partagent l’autorité budgétaire avec le Conseil des ministres du budget de l’Union européenne, ont tout d’abord obtenu l’assurance que le projet Galileo serait exclusivement financé sur des fonds communautaires. L’Allemagne -qui préconise un financement public des seuls gouvernements européens intéressés qui obtiendraient alors un "juste retour" pour leurs industries nationales- s’est toutefois prononcée contre ce principe. L’Espagne, dont l’industrie est également impliquée dans le projet, s’est abstenue, a précisé une source européenne ayant suivi les négociations.
Représentation artistique d’un satellite Galileo
Au cours de la réunion de conciliation, les ministres du Budget de l’Union européenne et le Parlement européen ont finalement donné leur aval pour puiser les 2,4 milliards d’euros nécessaires au programme Galileo dans le budget de l’Union européenne de la période 2007-2013. Au total, 1,6 milliard d’euros seront pris dans les fonds non utilisés en 2007 de la politique agricole commune, a précisé une source européenne à l’AFP. Parlement et gouvernements ont pris acte du caractère exceptionnel de cette mesure en s’engageant à ne plus puiser dans cette enveloppe à l’avenir. Les 800 millions d’euros encore nécessaires pour assurer le déploiement de Galileo proviendront du budget 2008, notamment de programmes de recherches moins importants ou qui n’auront pas vu le jour. Les ministres des Transports de l’Union européenne doivent se réunir, jeudi 29 novembre 2007, à Bruxelles, pour tenter de lisser les différences importantes qui subsistent encore sur Galileo. Car, même si le financement est désormais assuré dans le budget européen, il doit s’accompagner d’un plan industriel avalisé par les Etats membres.
Représentation artistique d’un satellite Galileo
La Commission européenne a proposé, la semaine dernière, aux ministres des Finances de l’Union européenne, un plan industriel destiné à ménager une certaine égalité dans l’attribution des futurs contrats du programme. Le commissaire aux Transports, Jacques Barrot, suggère de diviser le programme en six segments attribuables sur appels d’offre, assortis de règles de non cumul et d’obligations de sous-traitance. "Nous avons commencé à consulter les Etats membres sur ce plan et aucun Etat membre n’a montré d’opposition à travailler dans un tel cadre", a commenté, vendredi 23 novembre 2007 au matin, le porte-parole, Michele Cercone, qui a rappelé que M. Barrot donnait "jusqu’à la fin de l’année" aux Etats membres pour arriver à un accord, faute de quoi "il faudra mettre fin à nos efforts".
Des applications pour Galileo
Eurodéputés et ministres ont par ailleurs inscrit, vendredi 23 novembre, dans le budget 2007-2013, les fonds de démarrage d’environ 300 millions d’euros prévus pour le lancement d’un Institut européen de technologie (IET), qui va chapeauter des "communautés" rassemblant chercheurs, industriels et universitaires. Parallèlement, un accord a été conclu sur le budget 2008, dont les crédits de paiement atteindront 120,346 milliards d’euros (0,96 % du PIB européen), soit 5,71 % de plus qu’en 2007.
Catherine MARCIANO
Une application pour Galileo
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