retour article original

vendredi 26 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales
AFP, 10 décembre 2007

Informations internationales : La Déclaration universelle des droits de l’homme est toujours bafouée

par Denis ROUSSEAU


Des homosexuels pendus en Iran

GENÈVE (AFP) - Des militants des droits de l’homme, souvent pourchassés dans leur pays, ont célébré, lundi 10 décembre 2007, la Journée mondiale des droits de l’homme, le jour anniversaire de la ratification de la Déclaration universelle, un texte adopté il y a près de soixante ans et toujours bafoué.

Scène de torture à la prison d’Abou Ghraib, en Irak


"Les libertés fondamentales énoncées par la Déclaration universelle des droits de l’homme ne sont toujours pas une réalité pour tous", a déploré le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, à un an du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle, adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée générale de l’ONU. M. Ban a lancé une campagne de promotion des idéaux "de justice et d’égalité pour tous", avec un message vidéo transmis au Conseil des droits de l’homme réuni en session plénière à Genève. "La Déclaration universelle des droits de l’homme reste aussi valable aujourd’hui qu’au jour de son adoption", a-t-il dit, en demandant qu’elle devienne une "réalité vivante". Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies doit faire le point, mardi 11 décembre 2007, sur la situation en Birmanie, mais l’ONU "perd vraiment patience" face à la mauvaise volonté du régime militaire qui n’a engagé aucune réforme démocratique, a averti M. Ban, en tournée en Asie.

Une famille palestinienne massacrée par l’armée israélienne à Beit Hanoun

"Je ne peux accepter qu’une culture, une religion ou une tradition supplante le principe fondamental que tous les êtres humains sont nés égaux", a averti de son côté Louise Arbour, Haut commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme. "Nous avons un égal appétit pour la sécurité et pour la liberté : nous ne sommes pas prêts à renoncer à toutes nos libertés sous prétexte d’assurer complètement notre sécurité", a-t-elle déclaré à la presse.

Des dissidents manifestent, à la Havane, à Cuba, le 10 décembre 2007

Dimanche décembre 2007, à Cuba, une cinquantaine d’épouses de prisonniers politiques s’étaient rassemblées devant le Parlement à La Havane. Quatre opposants ont été interpellés à l’issue de la manifestation.

Des partisans de la dictature agressent des dissidents qui manifestent, à la Havane, à Cuba, le 10 décembre 2007

A Paris, la visite officielle du leader libyen, Mouammar Kadhafi, a soulevé une vive polémique. "Où est passée la France des droits de l’Homme ?", a demandé la Ligue française des droits de l’Homme (LDH) tandis que des critiques s’élevaient du sein même du gouvernement. "Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n’est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort", a déclaré la secrétaire d’Etat française aux droits de l’homme, Rama Yade.

Des victimes de la police, au Zimbabwe

Cinq représentants de l’organisation de défense de la presse Reporters sans frontières (RSF), interdits d’entrée en Chine continentale, ont manifesté, à Hong Kong, en déployant une banderole représentant les anneaux olympiques sous forme de menottes, à huit mois des Jeux Olympiques de Pékin.

Le cadavre de Farhod Usmonov, torturé à mort dans une prison de Tachkent, en Ouzbékistan

Réunis en congrès, à Moscou, les défenseurs russes des droits de l’Homme ont dénoncé une "détérioration de la situation" depuis l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir, il y a huit ans. "La Russie fait de sérieux pas vers la dictature. Tous les droits de l’Homme sont violés", a déclaré Lev Ponomarev, du mouvement Pour les Droits de l’Homme.

Le cadavre de Muzaf Arvazov, torturé à mort dans une prison de Tachkent, en Ouzbékistan

Plus d’une centaine de cas de violations des droits des défenseurs des droits de l’Homme ont été recensés par l’OSCE, entre avril 2006 et avril 2007, dans les 56 pays de l’organisation, selon un rapport qui épingle notamment l’Ouzbékistan, la Russie et le Kirghizstan.

Hamza Mahroug, l’un des "internautes de Zarzis", en Tunisie : "J’ai eu des décharges électriques et j’ai été suspendu nu à des câbles en acier qui servent pour les voitures, « des palans », au sous-sol du ministère de l’Intérieur et j’ai été battu sur tout le corps"

Au Cachemire indien, une trentaine de manifestants ont été arrêtés, alors qu’ils dénonçaient des violations présumées des droits de l’homme.

Abdelghaffar Guiza, l’un des "internautes de Zarzis", en Tunisie : "On m’a fait signer mon testament, on m’a dit que je serais mort accidentellement. On m’a dit « tu es à la Sûreté de l’Etat et on va te tuer comme un chien ». Je n’ai même pas été interrogé, on m’a fait signer et on m’a sauvagement torturé de 8 heures du matin à 9 heures du soir, sur une chaise. On m’a suspendu nu, mis dans une baignoire, ainsi que d’autres tortures que je n’ose mentionner ici. J’ai la tuberculose. On m’avait accordé des médicaments pour six mois et on me les a enlevés et mis au cachot, en isolement"

La Ligue syrienne de défense des droits de l’homme (LSDDH) a réclamé la libération des prisonniers politiques, en dénonçant le fait que la loi d’urgence est en vigueur dans le pays depuis plus de quarante ans.

Denis ROUSSEAU

La journaliste Radhia Nasraoui, après avoir été agressée par la police tunisienne

AUTEURS 

  • Denis ROUSSEAU

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source