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Destination santé, 16 décembre 2007

Informations internationales : 53000 morts par an d’enfants victimes de violences


« Aucune violence à l’encontre des enfants ne peut se justifier ». C’est par ces mots que débute le rapport sur les violences perpétrées à l’égard des enfants dans le monde, publié, en 2006, par le Secrétariat général des Nations Unies. Les faits et les chiffres dont il fait état sont effrayants, et nous avons aujourd’hui l’occasion de les rappeler.


Ce rapport est le premier document qui offre véritablement une vue générale de l’ampleur de la violence contre les enfants. Et cela, partout dans le monde. Car cette forme de violence existe dans tous les pays, quels qu’en soient la culture, l’éducation, le revenu ou la composition ethnique. Qu’elle soit physique ou psychologique, qu’elle se traduise par des discriminations, de la négligence, des mauvais traitements, la violence envers les enfants prend des formes diverses, mais toutes insupportables. Quelques chiffres : chaque année dans le monde, plus de 53000 enfants et adolescents meurent, victimes d’un homicide. Et 6 millions sont contraints à des travaux forcés ou à la servitude pour dette. Ce n’est pas tout. D’après l’OMS, en 2002, plus de 150 millions de filles et 73 millions de garçons âgés de moins de 18 ans auraient subi un rapport sexuel imposé, qu’il s’agisse de prostitution contrainte ou d’inceste. Soit plus de 200 millions de mineurs. L’équivalent de la population d’un pays comme l’Indonésie. Le rapport de l’ONU mentionne aussi, en vrac, les châtiments corporels subis à l’école, l’usage de lanières et autres instruments à la maison ou en classe. Mais aussi les guerre des gangs et les infanticides, sans oublier les mutilations sexuelles génitales. Elles frappent encore 3 millions de femmes et de filles chaque année, dont 20000 à 30000 en France. Dans 80 % des cas, il s’agit d’une excision du clitoris ou des petites lèvres. Mais leur forme la plus effroyable demeure l’infibulation, qui consiste à passer un objet à travers les petites ou grandes lèvres afin d’empêcher les rapports sexuels.

A l’occasion de la Journée mondiale de prévention des abus envers les enfants, ses organisateurs insistent particulièrement sur les violences sexuelles. Et notamment sur leurs conséquences pour la santé ou le développement des enfants. A court comme à long terme, elles sont souvent graves. Plusieurs études ont démontré que l’enfant, victime d’un pervers sexuel, est d’abord perturbé dans la vision qu’il a de lui-même. Puis dans la façon dont il perçoit le monde qui l’entoure. Cette violence peut donc entraîner une plus grande prédisposition à des troubles sociaux, émotionnels et cognitifs, c’est-à-dire liés aux apprentissages. La honte, la culpabilité figurent également parmi les sentiments qui habitent alors l’enfant. Il peut perdre l’envie de s’amuser, d’apprendre. De vivre, tout simplement. L’enfant qui a subi des violences sexuelles est donc particulièrement exposé aux tentatives de suicide. C’est en effet ce qu’à montré un travail publié l’an passé par les Centers For Disease Control et Prevention (CDC) d’Atlanta aux Etats-Unis. Il est aussi davantage attiré par les activités dangereuses : tabagisme et sédentarité, abus d’alcool et de drogues. Cet enfant est donc de la sorte, plus exposé que les autres à des maladies du poumon, du cœur et du foie. Et que dire du million de mineurs enrôlés chaque année dans le commerce du sexe ? Outre les inévitables répercussions de cette activité sur leur santé physique et mentale, cette exploitation est également un vecteur de propagation, vers d’autres populations, du VIH-SIDA. Le site internet Droits de l’Enfant rappelle ainsi que les jeunes sont, par nature, plus vulnérables aux lésions et aux infections. Sans compter, bien entendu, qu’ils sont par définition peu à même d’exiger des rapports protégés ou de repousser un agresseur violent.

Aujourd’hui, 192 Etats ont ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant. Des progrès ont donc été accomplis dans de nombreux pays, mais l’application même de cette convention est très inégale. C’est pourquoi les Nations Unies appellent tous les Etats à accentuer leurs efforts de prévention. Pour cela, ils doivent mettre en place des politiques à même de remédier aux facteurs de risque les plus pressants. Ce sont « l’absence de lien affectif parental, l’éclatement de la cellule familiale, l’abus d’alcool ou de drogues et l’accès à des armes à feu ».

Renforcer la prévention, c’est justement l’un des objectifs de la réforme de la protection de l’enfance lancée, en mars 2006, en France. Elle vise également à mieux organiser le signalement d’un enfant susceptible d’être abusé ou violenté. Ses répercussions sur le terrain sont particulièrement attendues. Comme le souligne le rapport des Nations Unies, « la protection des enfants contre la violence est une question urgente. Cela fait des siècles que les enfants subissent la violence des adultes, sans qu’on la voit, ni qu’on en parle. Nous avons le devoir de veiller à ce que les enfants exercent leur droit de vivre à l’abri de la violence ». Cela vous paraît l’évidence ? Il reste pourtant beaucoup à faire pour que cette « évidence » devienne simplement une réalité.

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source