Les arrestations, vendredi 11 janvier 2008, en Guinée-Bissau, de deux assassins présumés des quatre touristes français tués, le 24 décembre 2007, en Mauritanie, sont le "résultat d’une vaste opération menée par des équipes de la Direction générale de la sécurité extérieure" (DGSE), a-t-on appris, samedi 12 janvier 2008, à Paris, de source proche des services de renseignements français.
Cette opération, précise-t-on de même source, entamée le 24 décembre 2007, a été menée, en Mauritanie, au Sénégal et en Guinée-Bissau, par des "équipes" de la Direction générale de la sécurité extérieure. Pour un responsable français de l’antiterrorisme, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, cette opération constitue un "signal fort aux terroristes sur le thème "si vous attaquez des Français, nous irons vous chercher"". Selon Eric Denécé, auteur du livre "Forces spéciales, l’avenir de la guerre ?", le service Action appartient à la Direction des opérations, l’une des directions de la Direction générale de la sécurité extérieure, et compte près de 500 hommes et femmes d’élite rompus à l’action clandestine : parachutistes, nageurs de combat, pilotes d’hélicoptères et d’avions de transports. Des policiers français de la Direction de la surveillance du territoire (DST), pourvus de l’habilitation de police judiciaire dont ne disposent pas les membres du service Action de la Direction générale de la sécurité extérieure, ont également été associés à l’opération.
Depuis plusieurs années, les services de renseignements français alertent régulièrement le gouvernement sur les activités de la Branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), rebaptisé Baqmi il y a tout juste un an, dans la zone désertique à cheval sur la Mauritanie, le Mali, l’Algérie et le Niger. Selon les services secrets français, ce groupe compte 500 hommes armés, dont 400 en Algérie et une centaine se déplaçant dans la zone sahélienne entre la Mauritanie, le Mali et le Niger. Les deux Mauritaniens, assassins présumés des quatre Français et présentés comme des proches de la Branche d’Al-Qaïda au Maghreb (Baqmi) ont été arrêtés, dans la nuit de jeudi 10 janvier à vendredi 11 janvier, au Bissau Palace Hôtel, un hôtel cinq étoiles, prés de l’aéroport de Guinée-Bissau. Selon un responsable de la police bissau-guinéenne, les deux hommes ont ensuite avoué aux enquêteurs avoir tiré sur les cinq Français, en tuant quatre, déclarant n’avoir "aucun remord" d’avoir tué des "infidèles et des alliés des Américains". Les interrogatoires des deux Mauritaniens ont été bouclés vendredi 11 janvier au soir. Ils pouvaient être extradés dès samedi 12 janvier vers la Mauritanie. "Nous allons tout faire pour les extrader samedi", a déclaré, jeudi 10 janvier 2008 au soir, à l’AFP, la directrice de la police judiciaire, Lucinda Barboza Ahukarié.
Avec AFP