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Le Temps, 6 février 2008

Informations internationales : Un système de rémunération manifestement perverti

par Jean-Claude PECLET


Vue du New York Stock Exchange

Les bonus 2007 distribués par les cinq grandes banques d’affaires de Wall Street atteindront 39 milliards de dollars, un record, alors qu’elles viennent d’essuyer la plus grande perte trimestrielle de leur histoire. UBS, qui signe les pires résultats de ses dix ans d’existence, consacrera une somme estimée entre 8 et 10 milliards de francs suisses aux bonus, soit environ la moitié de l’ensemble des rémunérations.

Vue du London Stock Exchange


« Le principe essentiel des bonus est qu’ils doivent fonctionner à la baisse comme à la hausse », déclarait Pierre Mirabaud, président de l’Association suisse des banquiers, en décembre 2006. Ce qui s’est passé montre qu’en pratique, cela ne fonctionne pas. De la Banque nationale suisse au patron de Credit Suisse, les ténors des milieux bancaires sont d’accord : le système d’incitations financières doit être revu. Axé sur le gain maximum à court terme, il est condamnable éthiquement et dommageable économiquement, car les actionnaires paient la facture finale, sans parler des dégâts qu’une crise financière finit par infliger à l’économie réelle.

Vue de la Bourse de Paris

Certaines banques ont commencé à « lisser » la distribution des bonus sur plusieurs années : cela fidélise les collaborateurs et les amène à assumer leurs prises de risque. Plus question de se remplir les poches et de changer d’employeur selon le principe « après moi le déluge ». C’est intéressant mais pas suffisant. Les critères fixant la part de rémunération variable restent très généraux. Aucune information ne filtre sur la répartition entre hautes et basses classes de revenus. Sur les quelque 80000 employés de UBS, la grande majorité reçoivent entre 2000 francs suisses et deux mois de salaire de prime. Ce qui se passe au-dessus est largement opaque.

Les tours de la société Générale, à Paris

Les dirigeants de UBS s’expliqueront sur les raisons de leur débâcle, lors de l’assemblée extraordinaire du 27 février 2008. Ce sera aussi l’occasion pour les actionnaires d’exiger des éclaircissements et des changements à propos d’un système de rémunération manifestement perverti.

Jean-Claude PECLET

Vue du siège de l’UBS, à Zurich

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