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Reuters, 22 février 2008

Corruption : Le dossier judiciaire de Jacques Chirac s’alourdit


Vue de l’Hôtel-de-Ville de Paris

PARIS (Reuters) - Le dossier d’emplois fictifs présumés où l’ex-président, Jacques Chirac, est mis en examen pour "détournement de fonds publics", pourrait s’alourdir après la décision d’un juge d’instruction de Nanterre de transmettre à une collègue parisienne un autre dossier, appprend-on de source judiciaire.

France


Maire de Paris de 1977 à 1995, Premier ministre de 1986 à 1988, député de Corrèze et président du RPR au moment des faits, l’ancien chef de l’Etat nie toute malversation, tout en assurant que certaines personnes ont été salariées par la Ville de Paris pour faciliter l’exercice simultané de toutes ses fonctions. L’accusation considère, de son côté, que certains chargés de mission bénéficiaient en fait de salaires sans aucune contrepartie, comme Jean de Gaulle, petit-fils du général, François Debré, frère du président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré, ou encore Michèle de Charette, épouse de l’ex-ministre des Affaires étrangères Hervé de Charette. Agé de 75 ans, Jacques Chirac, qui bénéficiait, pendant ses douze ans à l’Elysée, d’une immunité pénale, a déjà été entendu deux fois par la juge Simeoni, qui devrait ordonner, à la fin de la procédure, son renvoi en cour correctionnelle dans ce dossier où sont aussi mis en examen plusieurs de ses proches.

Jean de Gaulle

Dans une ordonnance rendue jeudi 21 février 2008, le juge Alain Philibeaux s’est dessaisi d’une affaire d’emplois fictifs à la Ville de Paris au profit de sa collègue parisienne, Xavière Simeoni, précise-t-on. Ce dossier de Nanterre, où Jacques Chirac a été entendu comme "témoin assisté", en juillet 2007, concerne la rémunération frauduleuse, par la Ville de Paris, dans les années 1990 de personnes travaillant en réalité comme cadres au RPR, le parti de Jacques Chirac. Ces faits viendraient donc s’ajouter au dossier de Xavière Simeoni, qui concerne plusieurs dizaines de salaires de complaisance présumés versés dans les années 1980 et 1990 au titre de "chargés de mission" au cabinet du maire de Paris, mais sans contrepartie réelle, à des proches de Jacques Chirac. Dans ce dossier parisien, Jacques Chirac a été mis en examen, par la juge Xavière Simeoni, le 21 novembre 2007, une première historique pour un ancien chef de l’Etat. Dans la même ordonnance, le juge de Nanterre prononce en revanche un non-lieu pour une autre partie des faits visées par son dossier, visant des salaires de complaisance versés à des cadres du RPR par des entreprises du BTP.

Jacques Chirac

L’ordonnance de dessaisissement du juge Philipeaux a été rendue contre l’avis du procureur de Nanterre, Philippe Courroye, qui s’opposait à la fois à la transmission du dossier à Paris et au non-lieu partiel à ce stade. Le procureur va étudier dans les prochains jours la possibilité d’un appel. Le dossier de Nanterre a déjà été jugé définitivement en première instance et en appel concernant Alain Juppé, ancien bras droit de jacques Chirac, qui a été sanctionné de quatorze mois de prison et un an d’inéligibilité.

Reuters

Alain Juppé

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