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Le Temps, 10 mars 2008

Informations internationales : Le méthane enflamme la planète

par Ram ETWAREEA


Vue du port de Bandar Abbas, en Iran

L’Iran, deuxième réserve mondiale derrière la Russie, joue sa carte gazière. Le pays multiplie les contrats d’exploitation avec des sociétés prêtes à passer outre aux menaces de sanctions américaines ou onusiennes. En Europe, plusieurs pays, dont l’Allemagne et la Suisse, négocient avec Téhéran. Mais c’est en Asie que le gaz iranien trouve les plus grands débouchés. Pas plus tard qu’en décembre 2007, l’Iran a signé un contrat de deux milliards de dollars avec Sinopec (Chine). Toujours en décembre 2007, la Malaisie a négocié un contrat pesant 16 milliards de dollars. Il est aussi question de construire un gazoduc reliant l’Iran et l’Inde en passant par le Pakistan. En attentant la conclusion d’un accord, Téhéran menace d’écarter les Indiens, de plus en plus proches de Washington, au profit des Chinois.

Vue d’Abadan, en Iran


La Chine n’est de loin pas autosuffisante en énergie. Ses réserves gazières satisfont à peine 10 % des besoins nationaux. Ainsi, Pékin ne lésine pas sur les moyens pour assurer son approvisionnement d’Asie, d’Afrique, du Golfe ou même d’Amérique du Sud. Dans ce contexte, elle a investi neuf milliards de dollars au Soudan, en Angola et au Nigeria.

Vue de Beijing, en Chine

Qatar, officiellement 3e réserve mondiale derrière la Russie et l’Iran, est le numéro un mondial du gaz liquéfié (LNG), gaz qui après conditionnement peut être transporté par bateau. Le Qatar espère doubler ses exportations d’ici à 2011. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), ce pays pourrait représenter 20 % de la production mondiale du LNG en 2010. Or depuis la fin de l’année dernière, des doutes ont apparu sur l’existence réelle de ses réserves. En octobre 2007, les autorités ont mis un moratoire sur l’exploitation du North Field, l’un des plus importants champs offshore. Selon les précédentes estimations, ce champ renfermait 300000 milliards de mètres cubes de gaz dont l’exploitation pouvait durer pendant 97 ans.

Des forages gaziers sur le North Field, au large du Qatar

Le Nigeria fait depuis peu l’objet de convoitise russe. Avec un marché gazier de plus en plus lucratif et avec des moyens supplémentaires, grâce aux revenus pétroliers, le pays africain, 6e exportateur de LNG, ambitionne de devenir un grand acteur mondial. De nouveaux projets sont en cours et la capacité de production devrait tripler d’ici à 2012.

Une émission de gaz naturel en feu, dans le delta du Niger, au Nigeria

La Bolivie tient à se placer sur la carte gazière d’Amérique du Sud. En février 2008, elle a quelque peu fermé le robinet au Brésil pour l’ouvrir un peu plus à l’Argentine qui lui offre un meilleur prix. Par ailleurs, les relations entre le Brésil et la Bolivie sont tendues : en 2006, La Paz avait nationalisé les infrastructures pétrolières et gazières opérées par les compagnies étrangères, dont celles de Petrobras, estimant que les ressources naturelles du pays devraient être gérées par la compagnie nationale.

Une installation de Petrobras, en Bolivie

L’Indonésie dispose de la plus grande réserve gazière inexploitée en Asie. Il s’agit du block Natuna qui représente 25 % des ressources gazières du pays. Pas plus tard qu’en février 2008, Pertamina, la compagnie nationale, a rompu un contrat d’exploitation avec ExxonMobil. Motif évoqué : la compagnie américaine n’a pas commencé les opérations dans les délais prévus. Pertamina a un besoin incontournable d’investissements et d’expertise étrangers pour exploiter le champ gazier. Mais elle veut avoir son mot à dire.

Un méthanier

L’Algérie, avec 3300 milliards de mètres cubes, a fait de son gaz un outil stratégique dans ses relations extérieures. Important fournisseur à l’Europe, par l’entremise des sociétés européennes alliées à Sonatrach, la compagnie nationale algérienne, le pays a signé des contrats d’exploitation avec Gazprom. C’est l’Algérie qui a évoqué en premier l’idée de créer un cartel gazier, sur le modèle de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (OPEP), aux côtés de la Russie, l’Iran et le Venezuela. Au sud de la Méditerranée, l’Egypte et la Libye se profilent comme des acteurs importants.

Ram ETWAREEA

Le siège de la Sonatrach, à Oran, en Algérie

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