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mardi 23 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (3ème partie) : Du 1er avril 2004 au 15 avril 2004
AFP, 14 avril 2004

Téhéran dit chercher à régler la crise en Irak à la demande des Etats-Unis

Suivi d’un commentaire


TEHERAN (AFP) - Les Etats-Unis ont réclamé l’aide de l’Iran pour tenter de régler la crise et faire baisser la violence grandissante en Irak et Téhéran mène actuellement des efforts dans ce sens, a déclaré, mercredi 14 avril 2004, le ministre iranien des Affaires étrangères, Kamal Kharazi.


"Nous avons beaucoup de correspondances (avec les Américains). A propos de l’Irak, nous avons également eu beaucoup d’échanges de courrier. Tout naturellement, il y a des demandes de ce type pour que nous aidions à améliorer la situation en Irak et régler la crise, et nous menons des efforts dans ce sens", a déclaré M. Kharazi.

Il a ajouté que l’ambassade suisse à Téhéran, qui représente les intérêts américains en Iran, jouait le rôle d’"intermédiaire" entre les deux pays.

Téhéran et Washington ont rompu leurs relations diplomatiques depuis la révolution islamique de 1979 et la prise en otage des diplomates de l’ambassade américaine à Téhéran.

M. Kharazi a précisé qu’il n’y avait aucune négociation entre les deux pays actuellement. "Nous avons eu des négociations par le passé mais elles ont été interrompues", a-t-il dit. "Nous avons le sentiment que les négociations ne servent à rien. Les Américains font des promesses qu’ils ne tiennent pas ensuite", a-t-il précisé. "Ils ont emprunté une mauvaise direction (...) Réunir les pays voisins de l’Irak est un bon moyen pour conseiller les Américains et éviter qu’ils poursuivent leurs erreurs car ils ne connaissent pas la situation en Irak et ne connaissent pas la psychologie des Irakiens", a-t-il encore déclaré.

Le ministre faisait référence aux réunions entre les pays voisins de l’Irak qui se sont tenues à cinq reprises depuis 2003, la dernière ayant eu lieu à Koweït en février 2004.

Kamal Kharazi a lancé une mise en garde contre toute action militaire américaine contre Najaf et Kerbala car elle "mobilisera le monde islamique" contre les Américains et ce serait une "catastrophe".

D’importantes troupes américaines se sont déployées autour de Najaf où est réfugié le chef rebelle chiite Moqtada Al-Sadr.

Le directeur de la région du Golfe du ministère iranien des Affaires étrangères a été dépêché à Bagdad pour "trouver les moyens de sortir de la crise", a annoncé l’agence officielle Irna. "La mission doit rencontrer les dignitaires religieux irakiens, des responsables du conseil (de gouvernement) transitoire irakien et des dirigeants politiques" de ce pays, a indiqué Irna.

Dans le même temps, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a violemment dénoncé la politique des Etats-Unis en Irak, a rapporté la télévision d’Etat. "Les Etats-Unis accusent les autres pays d’intervenir en Irak et de provoquer les Irakiens, mais il est très clair que les crimes des forces d’occupation et leur comportement insultant à l’égard des jeunes et des femmes sont à l’origine de la réaction des Irakiens, qu’ils soient chiites ou sunnites", a déclaré l’ayatollah Khamenei, ajoutant que "tôt ou tard, les Américains seront contraints de quitter l’Irak dans la honte et l’humiliation".

L’Iran, dirigé par le clergé chiite, a sévèrement critiqué la politique américaine et "l’occupation de l’Irak" mais s’est gardé de soutenir la révolte des partisans de Moqtada Al-Sadr.

Téhéran soutient le Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), dirigé par Abdel Aziz Hakim, qui est membre du Conseil de gouvernement transitoire irakien, mis en place par les Etats-Unis.

Lundi 12 avril 2004, le général John Abizaid, chef du Commandement central (Centcom), avait fait état "d’activités de la part de l’Iran qui n’aident pas" les forces de la Coalition, tout en ajoutant que des personnes en Iran "plaident la patience" et tentent de "limiter l’influence de Sadr".

Agence France Presse

Commentaire

Il est difficile d’imaginer à quel résultat positif pourrait aboutir une médiation iranienne -et plus généralement une médiation quelconque-, compte tenu de la détermination des occupants de maintenir leurs troupes en Irak.

Le but des Etats-Unis est de faire de l’Irak un Etat vassal, livré au pillage des multinationales américaines. La raison d’être de la présence des troupes d’occupation est d’imposer ce pillage aux Irakiens.

Le gouvernement des Etats-Unis et ses satellites prétendent que la majorité du peuple irakien est favorable à l’occupation étrangère. Si tel était vraiment le cas, pourquoi ne pas organiser un référendum à ce propos ? En vérité, il ne fait de doute pour personne qu’en cas de référendum la quasi totalité des Irakiens voteraient pour le départ des troupes d’occupation.

La condition préalable à toute négociation devrait être le départ des troupes d’occupation, car leur présence est synonyme d’oppression pour les Irakiens. Autant il serait justifié de favoriser le départ des troupes d’occupation, autant il est injustifié de favoriser la poursuite de leur présence en Irak. Cela équivaut à trahir le peuple irakien et ajouter des chaînes à ses fers.

Etant donné que le gouvernement des Etats-Unis et ses satellites refusent de retirer leurs troupes, c’est au peuple irakien opprimé que doit aller la solidarité des nations du monde. Cette solidarité devrait se traduire, à la fois, par une aide humanitaire pour l’ensemble du peuple irakien, et par une aide militaire pour la résistance.

En particulier, la résistance irakienne a besoin de missiles sol-air portatifs, de missiles antichars portatifs, de mortiers, de grenades, et de fusils à longue portée, pour les snipers.

Seule la force militaire parviendra à chasser les occupants, car ils méprisent le peuple irakien et se moquent éperdument de sa volonté.

De ce fait, les Irakiens n’ont le choix qu’entre la soumission à l’oppression étrangère et l’extermination des occupants.

Frank BRUNNER

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