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AFP, 12 mars 2008

Informations internationales : L’ONU s’inquiète de l’augmentation des incarcérations d’émigrants illégaux


Des émigrants clandestins arrivés aux îles Canaries, le 5 mars 2008

GENEVE (AFP) - Les immigrés clandestins sont de plus en plus fréquemment jetés en prison, dans les pays du Nord comme ceux du Sud, alors qu’ils n’ont commis aucun crime, a dénoncé le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire.

Le cadavre recouvert d’un immigrant clandestin mort avant son arrivée aux îles Canaries, le 5 mars 2008


"Actuellement, tout le monde recourt à la détention contre les personnes en situation irrégulière, au Nord comme au Sud. C’est une tendance inquiétante", a déclaré devant la presse Leïla Zerrougui, présidente du groupe de travail. "Les immigrants en situation irrégulière ne sont ni des criminels ni des suspects, leur détention doit être l’exception et non la règle", a souligné Mme Zerrougui qui a présenté son rapport, mardi 11 mars 2008, devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU lors de sa 7e session, à Genève.

Leïla Zerrougui

Les pays "à proximité de l’hemisphère nord", recourent "de plus en plus" à la détention, "soit parce qu’ils ont signé des accords pour stopper les candidats à l’immigration vers le Nord, soit parce qu’ils sont eux-mêmes submergés par des arrivées massives d’étrangers", souligne le rapport. "L’Europe se débarrasse du problème en signant des accords, mais les gens sont détenus quand même", a relevé la présidente citant les accords de réadmission conclus entre l’Espagne et la Mauritanie, la Libye et l’Italie. En Guinée équatoriale, où s’est rendu le groupe de travail en 2007, "les commissariats de police sont davantage remplis de migrants en situation irrégulière que de personnes qui ont commis des infractions", s’est alarmée Leïla Zerrougui. Ces pays n’ont pas mis en place de cadre légal réglementant la situation des étrangers en situation irrégulière, a souligné Mme Zerrougui. "Certains détenus comme nous l’avons vu en Angola peuvent rester deux ou trois ans en prison", a-t-elle noté. "Dans l’hemisphère sud, on a tendance à criminaliser l’entrée illégale dans le pays", a ajouté la présidente.

Un centre de rétention à Rennes, en France

Alors qu’il existe un cadre légal pour la détention des immigrants illégaux dans la plupart des pays en Europe, la présidente du groupe de travail s’est inquiétée de la durée des détentions. "Il y a des pays qui n’ont pas de limite à la durée de détention et il y a des limites qui ne sont pas respectées dans certains pays", a-t-elle affirmé.

Agence France Presse

Expulsion d’immigrés clandestins, à Lille, en France

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