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samedi 19 août 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (3ème partie) : Du 1er avril 2004 au 15 avril 2004
Reuters, 14 avril 2004

Irak : Les troupes d’occupation menacent d’attaquer Nadjaf

par Gleb BRYANSKI


BAGDAD (Reuters) - Les forces américaines encerclaient, mercredi 14 avril 2004, à Nadjaf, l’imam Moktada Al-Sadr, qu’elles ont pour mission de capturer "mort ou vif", mais le jeune dirigeant chiite irakien a avancé des propositions de paix pour épargner un bain de sang à la ville sainte.


Un émissaire de Moqtada Al-Sadr a annoncé que l’imam recherché l’avait chargé de transmettre des propositions aux Américains.

"Sayyed Moktada a fait des propositions positives pour mettre fin à la crise. Je ne peux pas en révéler les détails. Il comprend qu’un affrontement armé ne répond à l’intérêt de personne", a déclaré à Reuters Abdelkarim al Anzi, qui a dit avoir rencontré Moqtada Al-Sadr, mardi 13 avril 2004, à Nadjaf.

Abdelkarim al Anzi a aussi fait savoir que Moqtada Al-Sadr avait renoncé aux conditions qu’il avait posées auparavant pour engager des pourparlers avec les autorités américaines. L’imam insistait précédemment pour que les forces américaines se retirent des quartiers résidentiels et libèrent ses partisans arrêtés.

La Force d’intervention de la 3e brigade américaine (2500 hommes), appuyée par des troupes espagnoles et polonaises, a mis en place une "zone d’exclusion" autour de Nadjaf et a envoyé des unités en reconnaissance de la base avancée de Duke, à 20 km à l’ouest de la ville.

L’armée américaine a dit considérer Moqtada Al-Sadr comme un hors-la-loi et a menacé de le capturer ou de le tuer.

L’imam radical, dont les partisans se sont soulevés contre les forces d’occupation la semaine dernière dans le sud et le centre de l’Irak, logeait voici peu près du sanctuaire chiite de l’Imam Hussein mais un de ses collaborateurs a dit qu’il s’était installé chez son père, dans l’est de Nadjaf.

Médiation iranienne

Une délégation officielle iranienne est arrivée, mercredi 14 avril 2004, à Bagdad, pour effectuer une médiation entre Moqtada Al-Sadr et les Etats-Unis, a-t-on rapporté de source politique chiite.

Les diplomates iraniens ont rencontré des responsables irakiens et devaient se rendre à bref délai à Nadjaf.

L’Iran, que les adversaires politiques de Moqtada Al-Sadr accusent de financer ce dernier, a fait savoir que Washington avait sollicité son concours face à la montée de la violence en Irak.

Le chef de la diplomatie iranienne, Kamal Kharrazi, a précisé que cette requête avait été présentée par l’intermédiaire de l’ambassade de Suisse, qui représente les intérêts américains à Téhéran depuis la rupture diplomatique bilatérale intervenue après la révolution islamique de 1979.

Dans une interview accordée à l’agence allemande DPA, Moqtada Al-Sadr réaffirme qu’il est prêt à mourir au combat pour mettre fin à l’occupation. "Je suis prêt à me sacrifier pour l’héroïque et patient peuple irakien en lutte afin de libérer mon pays du malheur de l’occupation", dit-il.

Mais il ajoute, plus conciliant : "Les portes sont ouvertes à toutes les personnes bien intentionnées qui essaient de mettre fin à cette crise attisée artificiellement."

Toute attaque sur la ville sainte de Nadjaf, qui abrite le sanctuaire du père fondateur de l’islam chiite, serait de nature à provoquer la fureur de la communauté majoritaire de l’Irak. De hauts dignitaires chiites ont engagé Moqtada Al-Sadr à renoncer à la violence et à se conformer à la loi.

Abdelkarim al Anzi a indiqué qu’il rencontrerait, mercredi 14 avril 2004, un membre du Conseil intérimaire de gouvernement (CIG) irakien mis en place par les Etats-Unis afin de s’entretenir des propositions avec lui avant de rencontrer des responsables américains.

"Je serai mieux à même de vous en dire plus après ces consultations. Je m’attends à dénouement pacifique de la crise", a dit Abdelkarim al Anzi, qui appartient au parti chiite Daaoua.

Le général Richard Myers, chef d’état-major interarmes de l’US Army, a estimé, mercredi 14 avril 2004, que la capture de Moqtada Al-Sadr n’entraînerait qu’un regain de violence temporaire. "Il se pourrait qu’en cas de capture la violence s’accroisse un peu. Mais je pense que ce serait très provisoire", a-t-il dit lors d’une conférence de presse à l’aéroport de Koweït.

Gleb BRYANSKI

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