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samedi 25 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (3ème partie) : Du 1er avril 2004 au 15 avril 2004
AP, 14 avril 2004

Irak : Les troupes d’occupation détruisent délibérément les maisons des habitants de Fallujah


FALLOUJAH, Irak (AP) - Une trêve à Falloujah mise à mal par des échanges de tirs, un déploiement de soldats près de Nadjaf en prévision d’un éventuel assaut : les forces américaines, qui ont déjà subi plus de pertes, en avril, que durant tout autre mois depuis leur arrivée en Irak, ne relâchaient pas leur attention sur les fronts sunnite et chiite, mercredi 14 avril 2004, sur fond de -bonnes et mauvaises- nouvelles relatives aux enlèvements d’étrangers.


Face à un tel contexte, Lakhdar Brahimi, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, a estimé que la sécurité devait s’améliorer "considérablement" avant l’organisation des élections prévues fin janvier 2005.

En Irak depuis près de deux semaines, il s’est néanmoins dit "confiant" dans la possibilité d’installer un gouvernement intérimaire pour prendre le relais des administrateurs le 30 juin 2004 et a précisé qu’à son retour de New York, il ferait des recommandations à Kofi Annan sur la façon de composer un tel gouvernement.

Dans la crise des otages, Paris a annoncé la libération du seul Français retenu en Irak, le journaliste Alexandre Jordanov de CAPA. Agé de 40 ans, il avait disparu, dimanche 11 avril 2004, sur la route entre Bagdad et Kerbala, alors qu’il devait réaliser un reportage pour Canal+. Selon Hervé Chabalier, président de l’agence CAPA, il a été libéré par ses ravisseurs sunnites dans une mosquée de Bagdad, suite aux démarches effectuées auprès des autorités sunnites irakiennes.

La France avait appelé ses ressortissants la veille à quitter le pays.

Mercredi 14 avril 2004, les organisations humanitaires françaises Médecins du Monde et Handicap International ont annoncé l’évacuation de leur personnel expatrié travaillant en Irak en raison de la dégradation de la situation.

Selon un calcul établi par l’agence Associated Press, une vingtaine d’étrangers sont actuellement retenus en otages en Irak, dont trois Japonais que leurs ravisseurs menacent de tuer si leur pays ne retire pas ses troupes. Au moins une trentaine d’autres personnes ont été enlevées puis relâchées.

Mercredi 14 avril 2004, le gouvernement japonais enquêtait sur des informations de l’agence Kyodo, selon lesquelles deux autres ressortissants nippons auraient été victimes d’un rapt dans une banlieue de Bagdad.

Quatre Italiens travaillant en Irak sont portés disparus depuis lundi 12 avril 2004 et, selon la chaîne arabe Al-Jazira, leurs ravisseurs exigent que Rome retire ses 3000 soldats d’Irak.

Autres disparitions signalées, celles de neuf Américains, dont deux soldats, à la suite d’une attaque, vendredi 9 avril 2004, près d’Abou Ghraïb, banlieue ouest de Bagdad. Quatre corps ont été trouvés et le département d’Etat est en contact avec les familles des sept civils.

De son côté, la Russie va commencer à évacuer, jeudi 15 avril 2004, quelque 800 de ses citoyens et ressortissants de la Communauté des Etats indépendants (CEI), suite à cette vague de prises d’otages.

Ces enlèvements viennent s’ajouter aux violences quotidiennes qui visent la coalition.

Avec les décès de quatre Marines -deux lundi 12 avril et deux mardi 13 avril 2004- le nombre des morts dans les rangs des forces américaines en avril s’élève à au moins 87, soit le bilan mensuel le plus élevé depuis le début des opérations en Irak.

Mardi 13 avril 2004 au soir, le président George W. Bush, qui n’a pas exclu une situation sur le terrain encore "plus difficile", s’est dit prêt à envoyer, si nécessaire, des renforts.

Outre les pertes américaines, quelque 800 Irakiens sont morts ce mois-ci dans les violences, dont plus de 600 -des civils pour la plupart- à Falloujah.

Dans ce fief sunnite, où une trêve fragile était effective depuis dimanche 11 avril 2004, des avions américains ont tiré mardi 13 avril et mercredi 14 avril 2004 au matin, au moyen de mitrailleuses et canons, sur des hommes armés. Autant dire un cessez-le-feu sérieusement ébranlé même si les US Marines affirmaient que l’arrêt de leurs opérations offensives -annoncé vendredi 9 avril 2004- était toujours en vigueur. Au moins 12 insurgés auraient été tués en deux nuits d’attaques.

Nombre d’habitants ont fui des quartiers près des positions des US Marines. Ces derniers se sont emparés de maisons abandonnées et fait tomber des murs pour se déplacer de logement en logement sans s’exposer aux tirs ennemis.

Dans le sud, quelque 2500 soldats américains campaient sur leurs positions près de Nadjaf, prélude à un éventuel assaut. "La cible est Moqtada al-Sadr et sa milice", a déclaré le général Mark Kimmitt, chef adjoint des opérations américaines en Irak.

Une offensive dans la ville sainte serait vraisemblablement considérée comme un outrage par la majorité chiite -qui a jusqu’à présent évité toute violence anti-américaines à l’exception des miliciens de l’Armée du Mahdi de Moqtada Al-Sadr.

Si les commandants américains se sont engagés à tuer ou capturer l’imam radical chiite, des responsables ont laissé entendre qu’ils laisseraient une chance aux religieux et dirigeants politiques irakiens qui ont entrepris négocier avec Moqtada al-Sadr.

Défiant les Américains, ce dernier s’est cependant dit prêt à "sacrifier son sang" pour l’Irak et à continuer la "révolution populaire" pour mettre fin à l’occupation.

Associated Press

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