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lundi 26 juin 2017
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AFP, Reuters, 25 mars 2008

Comores : L’armée et les troupes de l’Union africaine sont dans la capitale d’Anjouan

par Emmanuel GOUJON, Bryson HULL et Gregory SCHWARTZ


Des soldats soudanais de l’Union africaine débarquent sur l’île de Moheli, le 20 mars 2008

MUTSAMUDU (AFP) - L’armée comorienne et les troupes mandatées par l’Union africaine (UA) sont entrées, mardi 25 mars 2008, sans résistance, dans la capitale d’Anjouan, pour chasser le président de l’île, Mohamed Bacar, dont le palais a été déserté après des combats à l’arme lourde.

Comores


Le colonel Bacar avait pris le pouvoir, à Anjouan, lors d’un coup d’Etat, en 2001. Il avait ensuite été élu président d’Anjouan, le 31 mars 2002. Après des mois de médiation avec les autorités d’Anjouan restées vaines, le gouvernement de l’Union des Comores a décidé de lancer une opération pour chasser du pouvoir le colonel Bacar, dont la réélection, en juin 2007, n’a été reconnue ni par l’Union des Comores, ni par l’Union africaine. Depuis, l’homme fort d’Anjouan avait refusé d’organiser un nouveau scrutin et semblait vouloir se maintenir au pouvoir à tout prix. L’Union africaine a décidé de soutenir l’Union des Comores et a mandaté plus de 1000 militaires tanzaniens et soudanais pour appuyer l’opération. La France a transporté des troupes africaines jusqu’aux Comores.

Mohamed Bacar

Selon des témoins, des troupes tanzaniennes sont entrées, mardi 25 mars au matin, dans le centre ville de la capitale anjouanaise Mutsamudu, où ils n’ont pas rencontré de résistance des forces anjouanaises. L’arrivée des soldats de l’Union africaine a été saluée par des cris de joie d’habitants. Situé à Ouani, le palais présidentiel Dar el Najah était déserté, mardi 25 mars 2008, en milieu de matinée. Quelques gendarmes anjouanais étaient toutefois embusqués dans les environs. Plusieurs dizaines d’habitants d’un village proche de la présidence fuyaient. Certains d’entre eux ont assuré que leur village avait été bombardé.

Des soldats soudanais de l’Union africaine débarquent sur l’île de Moheli, le 20 mars 2008

Une réunion de crise des ministres de l’Union des Comores a eu lieu, mardi 25 mars 2008, à Moroni, selon la présidence. Depuis Moroni, capitale de l’Union des Comores située sur l’île de Grande-Comore, le ministre comorien de la Défense, Mohamed Bacar Dossar, a affirmé que son armée et les troupes mandatées de l’Union africaine "contrôlent le port (situé à Mutsamudu) et l’aéroport" d’Anjouan. M. Bacar Dossar a également affirmé que ses troupes étaient en "train de réduire" des poches de résistance "vers la résidence" privée de Mohamed Bacar. L’armée comorienne et les troupes de l’Union africaine "ont été bien accueillies par la population" dans une ambiance "de liesse générale", a poursuivi le ministre. En début de matinée, ces forces "continuaient de progresser" dans l’île, selon lui. Un ancien ministre de M. Bacar, qui s’est depuis "exilé" à Moroni, Aboubekr Chahassou, a indiqué que M. Bacar "n’a pas utilisé toutes ses capacités de nuissance jusqu’ici. Il a des armes qu’il n’a pas utilisées jusqu’ici. C’est un fin joueur de poker".

Des soldats soudanais de l’Union africaine sur l’île de Moheli, le 20 mars 2008

Aucun bilan d’éventuelles victimes n’était disponible, mardi 25 mars, depuis le début de l’opération "Démocratie aux Comores", lancée, à l’aube, à Anjouan, par l’armée comorienne soutenue par les troupes mandatées par l’Union africaine contre les autorités jugées illégales de l’île. Aucune information n’était également disponible sur le sort de Mohamed Bacar, injoignable, mardi 25 mars 2008 à la mi-journée. Des tirs d’armes lourdes étaient toujours entendus dans les environs de sa résidence privée, située à Ouani, dans le quartier de Barakani, à quelques kms de la capitale, Mutsamudu. Des éléments des forces du colonel Bacar étaient également toujours déployés dans les environs.

Emmanuel GOUJON

Un soldat tanzanien de l’Union africaine sur l’île de Moheli, le 22 mars 2008

L’armée comorienne assure contrôler toute l’île d’Anjouan

FOMBONI, Comores (Reuters) - L’armée comorienne a annoncé mardi avoir pris le "contrôle total" de l’île d’Anjouan, au terme d’une opération militaire lancée dans la matinée avec le soutien de l’Union africaine. "L’île d’Anjouan est sous le contrôle total de l’armée", a déclaré le commandant Ahmed Sidi aux journalistes présents sur l’île voisine de Mohéli. "Pour l’instant nous ne déplorons ni mort ni blessé. Les dirigeants rebelles ont tous fui, et aucun n’a encore été trouvé."

Bryson HULL et Gregory SCHWARTZ

Des soldats tanzaniens de l’Union africaine s’entraînent sur l’île de Moheli, le 22 mars 2008

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