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Le Monde, 28 mars 2008

Informations internationales : Nicolas Sarkozy dénonce la perversion du capitalisme


Le siège de la Banque centrale européenne, à Frankfurt, en Allemagne

Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois déploré, jeudi 27 mars 2008, à Londres, le trop haut niveau de l’euro par rapport à la faible croissance économique des pays de la zone euro, révisée à la baisse par la commission européenne à 1,8 % pour 2008.

Vue du London Stock Exchange


"Lorsque j’étais étudiant, on m’expliquait doctement qu’une économie forte a une monnaie forte. Et aujourd’hui, qu’est-ce que je vois ? le contraire. Le dollar n’a jamais été aussi faible, le yuan l’est toujours autant, le yen également et l’euro, [malgré] une croissance trop faible [dans la zone euro], a un niveau trop élevé", a affirmé M. Sarkozy, lors d’un dîner offert par Davis Lewis, le Lord-maire de Londres. "Est-ce que c’est nos valeurs, est-ce que c’est nos idées ? Non, c’est la perversion de nos valeurs et de nos idées", a jugé le président français devant un parterre de financiers et d’entrepreneurs.

Nicolas Sarkozy

Paris et Londres ont plaidé, jeudi 27 mars 2008, dans le communiqué publié à l’issue d’un sommet bilatéral qui s’est déroulé dans le stade de l’équipe de football d’Arsenal, pour une plus grande transparence des marchés financiers, appelant les banques à révéler "rapidement et totalement l’ampleur de leurs pertes". Le chef de l’Etat français a dénoncé les dérives du capitalisme financier. "Qui peut penser (...) qu’il est normal que des agences de notation internationales aient pu noter certains produits financiers AAA un vendredi et les mêmes produits financiers, notés par les mêmes agences, deviennent BBB un lundi ?" a demandé le président français "Ce capitalisme-là, je n’en veux pas, parce que c’est le capitalisme de la frivolité, du mensonge et de l’absence de transparence", a dit M. Sarkozy.

Vue du New York Stock Exchange

"Qui peut penser qu’on puisse durablement gagner de l’argent sur des dettes et pousser une montagne de dettes devant soi sans se demander jamais qui, un jour, devra la rembourser, même lorsque l’on est la première économie du monde ?" s’est aussi exclamé Nicolas Sarkozy en faisant allusion à la crise des subprimes aux Etats-Unis. "Qui peut penser que les déséquilibres monétaires qui conduisent à la situation d’aujourd’hui pourront durablement persister ?" a ajouté M. Sarkozy.

Avec AFP et Reuters

Vue du Département américain du Trésor, à Washington DC

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source