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The New York Times, 17 avril 2008

Histoire : L’épidémie de choléra, à New York, en 1832


Vue du quartier de Five Points, à New York en 1827

En 1832 la population de New York s’élevait à 250000 habitants. L’épidémie de choléra a tué 3515 personnes. A l’époque, la plupart des médecins ne croyaient pas que le choléra était contagieux. Ils pensaient que le choléra était dû aux "miasmes", aux émanations nocives provenant d’organismes en décomposition. On croyait que certains comportements et la consommation d’alcool favorisaient le choléra.

Un sixième des cas de choléra rapportés provenait du district de Sixth Ward (entouré de bleu), dont Five Points faisait partie


L’apparition du choléra a conforté des préjugés de classe et raciaux. De nobreux cas sont apparus dans le quartier pauvre de Five Points, surpeuplé et principalement habité par des Noirs et des immigrés irlandais. On croyait que la maladie avait été provoquée par un comportement immoral. Dans l’un des hôpitaux, on "soignait" les malades en les aspergeant d’eau bouillante. Marinus Willet Jr, le médecin-chef, a rapporté : "Nous avons bientôt abandonné ce remède, car il n’entraînait aucune amélioration et son application suscitait une grande agitation dans l’esprit des patients".

Ce document, édité par l’Edinburgh Board of Health, en Ecosse, et distribué, à New York, pendant l’épidémie de choléra, en 1832, traduit la méconnaissance de cette maladie à l’époque. Des "remèdes" comme le laudanum (morphine) étaient au mieux inefficaces. Au pire, ils pouvaient aggraver les souffrances des victimes

Une nouvelle épidémie de choléra a surgi, à New York, en 1849, tuant 5071 habitants sur 500000. En 1854, John Snow, un médecin, a étudié une épidémie de choléra en Angleterre. Il a démontré que la maladie était liée à l’eau contaminée. Avec les progrès de la connaissance et de l’hygiène, une troisième épidémie de cholèra, à New York, en 1866, a été beaucoup moins mortelle. Il n’y a eu que 591 morts sur une population de 850000 habitants.

John Snow

Horatio Bartley, un pharmacien, a publié un recueil de descriptions de cas de choléra traités dans l’un des hôpitaux de New York. Sur les 410 patients reçus dans cet hôpital, 179 sont morts

Une illustration de la publication de Horatio Bartley. "J.G., âgé de 31 ans, a été admis à 18h00, le 17 juillet 1832. On l’a frotté avec du mercure de camphre, jusqu’à ce qu’il réagisse. Ensuite, on l’a mis sous traitement médical. Le 22 juillet, comme il salivait excessivement, on lui a administré des petites doses de soufre. Il devait être lavé avec du soufre pendant un mois. A 18h00, comme sa diarrhée s’aggravait, on lui a prescrit un lavement. Il était sous traitement médical jusqu’au 24 juillet, quand il est mort, à 15h00."

Une illustration de la publication de Horatio Bartley. "PS, âgé de 33 ans, était un Nègre intempérant. Il a été admis à l’hôpital, à 18h00, le 4 août 1832. Il avait été pris de diarrhée et de vomissements deux jours plus tôt.. A son arrivée, la surface du corps était froide, le pouls imperceptible, ses mains sèches, ses orbites creuses. Il a subi un traitement médical jusqu’à 06h00, le 9 août, puis il est mort."

Une illustration de la publication de Horatio Bartley. "E.W., âgé de 43 ans, un ouvrier né en Irelande, résidait à Stanton-street. Il a souffert de diarrhée pendant quatre jours. Il subissait des crampes et vomissait. Il a subi une purge vers midi. Il a été admis à l’hôpital en état de syncope, à 18h00, le 24 juillet 1832. Il a été frotté avec du mercure de camphre et on lui a donné à boire un grog chaud. Son état s’est peu amélioré. Il est demeuré sous traitement médical jusqu’au 15 août, puis il est mort à 01h30."

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source