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Le Monde, 15 février 2004

Proche Orient : Le feu vert de George Bush au plan d’Ariel Sharon met le monde arabe en colère


Le monde arabe a réagi avec stupeur au feu vert du président américain, George Bush, au plan du premier ministre israélien, Ariel Sharon, d’évacuation de Gaza et de maintien des colonies en Cisjordanie qui remet en cause les frontières de 1967.


A l’unanimité, le monde arabe a exprimé sa colère après le feu vert de George W. Bush au plan d’Ariel Sharon d’évacuation de Gaza et de maintien des colonies en Cisjordanie.

Les pays de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) se réuniront d’urgence, en mai 2004, à la demande du dirigeant palestinien Yasser Arafat, sur la situation au Proche-Orient après les derniers développements, a annoncé La Malaisie, qui assure la présidence tournante de l’OCI, qui compte 57 pays membres.

Visiblement remonté, M. Arafat a rejeté le soutien américain au plan israélien et averti que la paix ne pourrait être instaurée entre Israël et les Palestiniens sans "la fin totale" de la colonisation et de l’occupation. Il a proclamé le "droit des réfugiés palestiniens à retourner dans leur patrie".

M. Bush a jugé, mercredi 14 avril 2004, "irréaliste" le retour d’Israël à ses frontières de 1949, une position qui ouvre la voie à une modification des frontières établies avant la guerre israélo-arabe de juin 1967, auxquelles se réfère la résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU, base juqu’à présent de tous les plans de réglement du conflit. Il a jugé que les réfugiés palestiniens devraient s’installer dans le futur Etat palestinien, sans possibilité de retour en Israël.

Le premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, a jugé "inacceptables" les déclarations de M. Bush. Il a reçu un appel téléphonique du secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, qui, selon un ministre palestinien, a "tenté de réduire l’impact de la position américaine", après que M. Qoreï eut exprimé "son énorme déception face à cette grave évolution de la part des Etats-Unis".

Le ministre des affaires étrangères palestinien, Nabil Chaath, a appelé le premier ministre britannique Tony Blair, qui doit rencontrer, vendredi 16 avril 2004, M. Bush, à faire "tout son possible" pour le faire revenir sur son soutien au plan de retrait israélien.

Les mouvements islamistes radicaux palestiniens Hamas et Djihad islamique ont dénoncé avec virulence les déclarations américaines.

Un responsable du Djihad islamique, Mohammad al-Hindi, avait estimé, dès mercredi 14 avril 2004 au soir, que M. Bush avait "donné le coup de grâce" à la "feuille de route", le dernier plan international du règlement du conflit.

"Bush est entré hier dans l’histoire en devenant le premier président américain à légitimer la colonisation (...) et en demandant publiquement aux Palestiniens de renoncer au droit au retour" des réfugiés, écrit le quotidien Al-Hayat Al-Jadida de l’Autorité palestinienne.

La Ligue arabe a vigoureusement dénoncé les propos du président américain. "Aucun Etat n’a le droit, notamment s’il s’agit d’un médiateur, de renoncer aux droits concernant le peuple palestinien, son territoire ou son avenir", a déclaré le porte-parole de la Ligue, Hossam Zaki.

Le président libanais, Emile Lahoud, a vigoureusement dénoncé les déclarations de M. Bush, estimant qu’elles constituent "un choc violent pour tous ceux qui croient en la paix au Proche-Orient", soulignant qu’elles auraient "des retombées dangereuses (...) dont le recours à la force pour la récupération des droits". Il a exhorté M. Bush à "reconsidérer sa position".

En Syrie, le journal du parti au pouvoir, al-Baas, a estimé que les déclarations du président américain "ferment la porte au processus de paix" israélo-arabe, mettant en avant le fait qu’elles ont été faites "en un moment de période électorale" aux Etats-Unis.

En Egypte, le mouvement islamiste interdit des Frères musulmans a appelé à "lutter contre l’agression américano-sioniste par tous les moyens, à commencer par le boycott et jusqu’à la résistance armée dans nos territoires occupés".

Le président Hosni Moubarak avait affirmé, lundi 12 avril 2004, avec M. Bush, que tout retrait israélien de la bande de Gaza doit être conforme à la "feuille de route".

Avec AFP

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