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jeudi 27 juillet 2017
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AFP, 29 avril 2008

Informations internationales : L’ONU appelle à une action urgente pour combattre la flambée des prix alimentaires

par Aude MARCOVITCH


Des rizières aux Philippines

BERNE (AFP) - Les Nations Unies et d’autres organisations internationales ont appelé, mardi 29 avril 2008, à une action urgente pour combattre la flambée des prix alimentaires, créant un état major de crise et réclamant un commerce mondial plus équitable.

Un agriculteur chinois


Réunis à huis clos, depuis lundi 28 avril 2008, à Berne, sous la direction du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, les vingt-sept représentants d’agences et organisations onusiennes ont reconnu l’urgence d’agir. "Les prochaines semaines sont critiques. Pour deux milliards de personnes, les prix alimentaires élevés sont maintenant une question de combat quotidien, de sacrifice, et même de survie", a averti Robert Zoellick, président de la Banque mondiale (BM). Le secrétaire général de l’ONU a annoncé la création immédiate d’une cellule de crise rassemblant les chefs des agences onusiennes, du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Cette cellule sera placée sous l’autorité directe de M. Ban, qui a chargé son secrétaire général adjoint, John Holmes, de sa coordination. Le prochain rendez-vous a été pris, à Rome, entre le 3 juin et le 5 juin 2008, lors de la conférence de haut-niveau sur la sécurité alimentaire, M. Ban appelant "les dirigeants du monde" à y participer. La priorité immédiate étant de "nourrir les affamés", M. Ban a réitéré l’appel aux pays donateurs de répondre "d’urgence et de manière complète" aux appels de fonds qui ont été lancés. "Nos besoins totaux pour 2008 sont de 3,1 milliards de dollars. Il nous faut 755 millions de dollars de plus à cause de l’envolée des prix alimentaires", a rappelé Josette Sheeran, directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM). "Nous ne disposons actuellement que de 18 millions de dollars en liquide", s’est-elle alarmée. L’Organisation pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) demande, quant à elle, 1,7 milliard de dollars pour renforcer la production agricole des pays touchés par la crise, alors que les stocks alimentaires mondiaux sont au plus bas depuis 1980. "Nous avions tiré le signal d’alarme, mais personne n’a pris de décision au moment approprié", a dénoncé son directeur général, Jacques Diouf. "Il faut cesser de parler et passer à l’action".

Un agriculteur thaïlandais récolte du riz

Pour faire face à la pénurie alimentaire et à la flambée des prix des denrées, l’Argentine, le Brésil, le Vietnam, la Cambodge, l’Indonésie, le Kazakhstan, l’Inde, l’Egypte, la Russie et la Chine ont imposé récemment des limitations à l’exportation de certains produits. Les organisations internationales ont appelé les Etats à ne pas recourir à des restrictions aux exportations pour défendre leur sécurité alimentaire. "Ces contrôles encouragent l’accumulation, poussent les prix à la hausse et pénalisent les habitants les plus pauvres de la planète", a souligné M. Zoellick. Le secrétaire général de l’ONU s’est joint à ces critiques en rappelant avoir demandé à tous les Etats de lever immédiatement ces mesures.

Un homme porte des sacs de riz près d’un marché, à Singapore

Même son de cloche du directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy. Estimant qu’il est "évident que de telles mesures entraînent une hausse supplémentaire des prix", M. Lamy a estimé qu’"à court terme, ce n’est pas une bonne solution économique". Selon Pascal Lamy, les négociations du cycle de Doha sur la libéralisation des échanges en cours à l’OMC sont la meilleure solution pour faire face à la crise. "Les subventions des pays riches ont porté atteinte à la production alimentaire des pays en développement", a-t-il relevé. "Après six ans de négociations, ce qui est sur la table est une réduction majeure de 75 % des subventions, assortie de l’élimination des subventions à l’exportation". La conclusion du cycle "est faisable. Nous y sommes presque parvenus", a-t-il assuré.

Aude MARCOVITCH

Des sacs de riz et de haricots sur un marché de Port-au-Prince, en Haïti

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