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Reuters, 3 mai 2008

Côte d’Ivoire : Désarmement des ex-rebelles

par Ange ABOA et Jean-Loup FIEVET


Des rebelles démobilisés, à Bouaké, le 2 mai 2008

BOUAKE, Côte d’Ivoire (Reuters) - Un millier d’anciens rebelles ivoiriens des Forces nouvelles ont rejoint, vendredi 2 mai 2008, le processus de désarmement et de démobilisation visant à réunifier le premier exportateur mondial de cacao, à sept mois de l’élection présidentielle tant attendue du 30 novembre 2008.

Côte d’Ivoire


La Côte d’Ivoire a été divisée entre le Sud, resté fidèle au président, Laurent Gbagbo, et le Nord, à la suite du coup d’Etat manqué de septembre 2002, à l’origine de brèves hostilités jusqu’en 2003. En mars 2007, le gouvernement et les Forces nouvelles ont signé, à Ouagadougou, un accord de réconciliation et de partage du pouvoir ouvrant la voie à de futures élections. De précédentes tentatives de désarmement des ex-rebelles ont échouées, mais cette dernière a permis de faire tomber les barrières entre les deux camps, redonnant de l’espoir aux bailleurs de fonds de la Côte d’Ivoire qui ont débloqué, en avril 2008, 27 millions d’euros pour aider à financer les élections à venir. Toutefois, nombre d’analystes estiment que l’organisation d’une consultation électorale crédible d’ici le 30 novembre constituera un défi de taille. En outre, les détails de l’opération de démobilisation de vendredi 2 mai n’ont pas tous été réglés. Quelque 5000 anciens combattants rebelles doivent être intégrés dans les rangs de la nouvelle armée nationale, le reste bénéficiera d’une formation de reconversion pour être maçons, tailleurs, paysans, etc..., dans le civil.

Des rebelles démobilisés, à Bouaké, le 2 mai 2008

Dans une caserne de Bouaké, deuxième ville du pays après Abidjan et considérée comme "la capitale des ex-rebelles", un millier d’anciens combattants des Forces nouvelles ont entonné, au garde-à-vous, mais sans arme, l’hymne national, devant le drapeau ivoirien aux couleurs orange, blanc et vert. Les hommes, qui portaient pour la plupart leur paquetage dans des sacs à dos civils, étaient, pour beaucoup, en treillis dépareillé. Ils ont reçu une prime de désarmement de 90000 francs CFA (210 dollars) chacun. Selon les autorités, une cérémonie similaire a été organisée, à Séguela, dans le Nord. "Cette opération de démobilisation est un signal fort visant à montrer que le processus de paix est irréversible", a déclaré, à Bouaké, Karim Ouattara, un officier des Forces nouvelles et actuel adjoint du chef du centre de commandement intégré créé pour coordonner les forces gouvernementales et rebelles. "Les Forces Nouvelles stockeront elles-mêmes leur armes qu’elles vont récupérer avec leur combattants démobilisés, en attendant le mode opératoire des "forces impartiales" (NDLR : casques bleus de l’ONU et soldats français de "Licorne") pour la récupération et la sécurisation de l’armement des deux forces ex-belligérantes", a expliqué le général Soumaïla Bakayoko, chef d’état-major des Forces nouvelles. D’après lui, il faudra cinq mois pour démobiliser les 26000 anciens combattants des Forces nouvelles. Les militaires de l’armée régulière et les combattants des milices devront aussi observer ce processus.

Ange ABOA et Jean-Loup FIEVET

Un bureau de démobilisation, à Bouaké, le 2 mai 2008

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