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vendredi 24 mars 2017
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AFP, 4 mai 2008

Corruption : Ehud Olmert est plus menacé que jamais par une nouvelle affaire

par Marius SCHATTNER


Vue de Jérusalem

JERUSALEM (AFP) - Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, est à nouveau sur la sellette dans une affaire de corruption, et paraît plus menacé que jamais, à la tête d’une coalition fragilisée et encore plus réduite, du fait de nouvelles défections.

Israël


Le procureur d’Israël, Menahem Mazouz, qui avait demandé, jeudi 1er mai, à la police d’interroger M. Olmert "sous 48 heures", suivant une procédure d’urgence, a fait savoir qu’il n’avait pas été question pour la justice, à ce stade, de demander au Premier ministre de suspendre ses activités. Mais des députés de l’opposition de droite, tout comme du parti travailliste -qui fait partie de la coalition au pouvoir- n’ont pas tardé à réclamer qu’il soit suspendu de ses fonctions. Dans ce contexte difficile, le Premier ministre a enregistré, en fin de semaine, de nouvelles défections. Trois députés de la coalition au pouvoir ont annoncé qu’ils quittaient le "parti des retraités" pour rejoindre la nouvelle formation lancée par le milliardaire israélo-russe Arcady Gaydamak. De fait, la coalition de M. Olmert ne compte plus que 64 députés sur 120 au Parlement, le "parti des retraités" ne disposant à présent que de 4 sièges. Pour les médias israéliens, cette nouvelle affaire -M. Olmert est déjà impliqué dans trois autres enquêtes de police- est particulièrement malvenue, au moment où Israël s’apprête à célébrer son 60e anniversaire et cherche à faire avancer le dialogue avec les Palestiniens. Elle pourrait être le scandale de trop qui forcerait Ehud Olmert, déjà fragilisé, à se démettre. Samedi 3 mai, la télévision publique, citant des sources judiciaires, a estimé que M. Olmert pourrait être forcé de démissionner si les soupçons se confirmaient. "Il est possible que ce soit la fin" pour Ehud Olmert, titre ainsi, dimanche 4 mai 2008, le quotidien populaire Maariv. Le journal à grand tirage Yediot Aharonot note que l’accumulation des enquêtes "ont d’ores et déjà privé le Premier ministre de l’autorité morale et du respect qui devraient être associés à ses fonctions".

Menahem Mazouz

Selon les fuites, provenant apparemment de la police elle-même, l’affaire pour laquelle M. Olmert a été interrogé, vendredi 2 mai, par les fraudes est particulièrement "grave". "La police est convaincue de disposer de solides indices impliquant le chef du gouvernement", a annoncé, dimanche 4 mai, la radio publique. L’enquête est liée à l’interrogatoire, ces derniers jours, de l’ex-directrice du cabinet de M. Olmert, Shoula Zaken, assignée à domicile, selon cette source. Mme Zaken est accusée d’avoir usé de ses relations pour faire nommer de hauts fonctionnaires des services fiscaux, afin d’obtenir des allègements au profit de proches. M. Olmert a, pour sa part, dénoncé publiquement, dimanche 4 mai 2008, une campagne "malveillante" contre sa personne. A l’ouverture du Conseil des ministres, il a assuré avoir "coopéré avec les enquêteurs et répondu à toutes leurs questions". Il a déploré que le mutisme imposé sur l’enquête par la justice, à la demande de la police, aient favorisé la propagation de "rumeurs"

Ehud Olmert

L’affaire pourrait comporter un autre volet : le Yediot Aharonot a affirmé, vendredi 2 mai 2008, que M. Olmert était soupçonné d’avoir reçu d’importantes sommes d’argent d’un homme d’affaires américain, apparemment pour financer sa campagne électorale. Selon le journal, cette affaire est antérieure à l’accession de M. Olmert au poste de Premier ministre, en 2006, et n’a été portée que récemment à la connaissance de la police. Les trois autres enquêtes dont M. Olmert fait l’objet portent sur des soupçons de transactions immobilières frauduleuses -dans l’achat d’une maison à Jérusalem-, d’une part, et de nominations politiques abusives alors qu’il était ministre de l’Industrie et du Commerce, d’autre part.

Marius SCHATTNER

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