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lundi 27 février 2017
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AFP, 16 avril 2004

Afrique du Sud : l’ANC célèbre sa large victoire


Des électeurs sud-africains font la queue pour voter

JOHANNESBURG (AFP) - Le Congrès national africain (ANC) célébrait, vendredi 16 avril 2004, sa plus large victoire depuis son arrivée au pouvoir en Afrique du Sud il y a dix ans, deux jours après des élections générales sans accrocs qui ont assuré à Thabo Mbeki un deuxième mandat de cinq ans à la tête du pays.

Thabo Mbeki


Alors que le dépouillement des troisièmes élections démocratiques touchait à sa fin, vendredi 16 avril 2004 au matin, l’ANC était crédité de 69,6 % des suffrages, selon les chiffres de la Commission électorale indépendante (IEC).

Le Congrès national africain (ANC) célébrait, vendredi 16 avril 2004, sa plus large victoire depuis son arrivée au pouvoir en Afrique du Sud il y a dix ans

"Les résultats montrent que les gens sont sensibles à ce que nous avons réalisé en dix ans", a déclaré Steyn Speed, porte-parole du parti au pouvoir, qui a déjà prévu sa fête de victoire, vendredi 16 avril 2004 au soir, à Johannebsurg, en présence du chef de l’Etat.

Vue de Johannesburg

Ce score constitue un succès jamais atteint pour le parti historique de la lutte anti-apartheid, qui avait recueilli 66,4% aux dernières élections en 1999 et 62,6% au premier scrutin multiracial de 1994.

Des membres de l’ANC

L’ANC passe ainsi, pour la première fois lors d’un scrutin, au-dessus de la barre des deux-tiers, seuil décisif -jugé dangereux par ses détracteurs- car nécessaire pour toute modification de la Constitution.

"L’heure est venue de s’y mettre et de réussir", titrait vendredi le quotidien The Star, soulignant que les cinq prochaines années offraient à Mbeki "une opportunité unique" de corriger les inégalités du passé avant de "quitter la scène politique auréolé de gloire".

"L’ANC a réussi à augmenter son score dans un contexte de hausse du chômage, une performance rarissime dans une démocratie moderne", notait de son côté le quotidien économique Business Day, soulignant les immenses défis qui attendent le parti au pouvoir.

Vue de Soweto

Les résultats finaux des élections, dont le taux de participation s’élevait selon les premières estimations à environ 75% -en baisse sensible par rapport à 1994 et 1999- étaient attendus, vendredi 16 avril 2004, en milieu de journée.

Selon les résultats partiels, l’Alliance démocratique (DA, droite libérale à forte base électorale blanche) conforterait sa place de premier parti d’opposition à l’Assemblée nationale, bien que loin derrière l’ANC, avec 12,5% des voix. En 1999, la DA avait obtenu 9,5%.

Vue de Soweto

Le Parti de la Liberté Inkatha (IFP, à dominante zouloue) de Mangosuthu Buthelezi demeurait troisième parti au niveau national, mais poursuivait un déclin observé en 1999, avec 6,4% des voix, contre 8,5% il y a cinq ans.

Scène de vie à Soweto

Le Nouveau Parti National (NNP), issu du parti au pouvoir sous l’apartheid, se voyait voué à une quasi-disparition du paysage politique national avec 1,8% des voix, une chute de plus de 18 points par rapport à 1994. Marthinus van Schalkwyk, chef du NNP, a rejeté l’idée d’une démission ou d’un sabordage de son parti, assurant qu’il poursuivrait sa politique de coopération avec l’ANC.

Scène de vie à Soweto

Le Mouvement démocratique uni (UDM, créé en 1997) de Bantu Holomisa obtenait 2,3% des voix (3,4% en 1999), devançant les Démocrates indépendants (ID), nouveaux venus sur la scène politique, qui recueillaient 1,8%.

Au niveau provincial, l’ANC a également renforcé son emprise sans toutefois réussir son pari d’enlever les deux -sur un total de neuf- échappant à son contrôle, le Cap Occidental et le KwaZulu-Natal, dans lesquels il devra probablement partager le pouvoir.

Scène de vie à Soweto

Ces troisièmes élections libres en Afrique du sud après trois siècles de colonialisme et 46 ans d’apartheid, se sont déroulées dans la ferveur civique et le calme, sans incident majeur.

Destinées à renouveler l’Assemblée nationale (400 députés) et les assemblées des neuf provinces du pays, elles ont souligné, selon la presse et l’ensemble des partis, la maturité de la démocratie sud-africaine.

Scène de vie à Soweto

Quelques incidents isolés se sont produits au KwaZulu-Natal (Est), gouvernée depuis 1994 par une coalition entre l’ANC et l’IFP, très loin cependant des violences politiques qui avaient ensanglanté la province entre 1985 et 1995, faisant 12000 morts.

Agence France Presse

Cape Town

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