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AFP, 6 mai 2008

Djibouti demande l’aide de l’ONU pour éviter un conflit avec l’Erythrée


Djibouti, vu par satellite

Djibouti a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’intervenir dans son différend frontalier avec l’Erythrée, afin d’éviter un nouveau conflit dans la Corne de l’Afrique, dans une lettre rendue publique mardi 6 mai 2008.

Djibouti


La tension entre l’Erythrée et Djibouti fait suite à une incursion, le 16 avril, de troupes érythréennes en territoire djiboutien. Les deux pays se sont opposés à deux reprises, en 1996 et 1999, pour cette zone. L’Union africaine a appelé, vendredi 2 mai 2008, l’Erythrée et la République de Djibouti à "une retenue maximale" dans cette crise. Lundi 5 mai 2008, la Ligue arabe a décidé d’envoyer une mission d’information dans les trois jours à Ras Doumeira, dont les hauteurs surplombent des routes de navigation stratégiques à l’entrée de la mer Rouge. L’Erythrée entretient également une grave dispute frontalière avec l’Ethiopie voisine, ayant débouché sur une guerre, entre 1998 et 2000, qui a fait au moins 80000 morts.

Vue du port de Djibouti

"Nous appelons le Conseil [de sécurité de l’ONU] à prendre d’urgence toutes les mesures nécessaires pour éviter un nouveau conflit, quelle qu’en soit la cause, dans une région depuis longtemps ravagée par la violence, l’effusion de sang et la destruction", déclare, dans sa lettre, le ministre djiboutien des Affaires étrangères, Mahmoud Ali Youssouf. Dénonçant "une concentration de troupes érythréennes à (la) frontière depuis février" 2008, il affirme que Djibouti a tenté de désamorcer la crise par une diplomatie tranquille et à travers la médiation de la Ligue arabe et de l’Union africaine. "Malheureusement, nos efforts considérables n’ont pas réussi à susciter une réponse crédible," ajoute M. Youssouf dans sa lettre, datée de lundi 5 mai et adressée à l’ambassadeur de Grande-Bretagne à l’ONU, John Sawers, président du Conseil en mai 2008. Le ministre met en garde contre "un réel danger (pour Djibouti) d’être entraîné dans une confrontation injustifiée avec l’Erythrée, les deux forces armées étant dans un état d’alerte élevé de part et d’autre de la frontière", à Ras Doumeira. "Nous considérons le comportement de l’Erythrée comme de l’intimidation et (...) comme une provocation flagrante contre la souveraineté et l’intégrité territoriale de mon pays", ajoute M. Youssouf dans sa lettre. Selon lui, le "comportement injustifié" de l’Erythrée semble motivé par des visées sur la région stratégique de Ras Doumeira.

Scène de rue à Djibouti

Asmara a démenti avoir des visées territoriales sur Djibouti et évoque seulement un "malentendu" quant à un "no man’s land de 3 km à 5 km" de chaque côté de la frontière pris en compte par les Djiboutiens, mais dont l’Erythrée affirme n’avoir jamais eu connaissance.

Agence France Presse

Scène de marché à Djibouti

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