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dimanche 26 février 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (4ème partie) : Du 16 avril 2004 au 30 avril 2004
AFP, 16 avril 2004

Irak : Sayyid Ali Husaini Sistani met en garde les troupes d’occupation contre les conséquences d’une attaque de Najaf


NAJAF (AFP) - Une attaque américaine contre Najaf, la ville la plus sacrée des chiites, risque de déclencher un embrasement généralisé et la plus haute autorité religieuse chiite d’Irak a menacé de se départir de la neutralité affichée jusqu’à présent vis-à-vis de la coalition.


La Marjaiya, notamment sa figure emblématique le grand ayatollah Ali Sistani, a fait savoir aux responsables américains en Irak qu’une offensive contre Najaf conduirait à un embrasement généralisé, a affirmé un membre du groupe de médiation qui a transmis l’avertissement.

L’entourage du grand ayatollah Sistani a refusé de commenter ces informations.

Retranché dans ses quartiers généraux de Najaf, Moqtada Al-Sadr, le plus radical des chefs chiites irakiens, est sur la corde raide, menacé d’une offensive américaine après avoir défié ouvertement avec ses miliciens armés les forces de la coalition il y a une dizaine de jours.

Les commandants américains ont juré d’aller "capturer ou tuer" Moqtada Al-Sadr, sous le coup d’un mandat d’arrêt pour incitation au meurtre, et annoncé que des renforts étaient massés près de la ville.

Le grand ayatollah Sistani a souligné qu’en cas de conflit généralisé, la Marjaiya modifierait sa position de neutralité à l’égard de la coalition et se tiendrait aux côtés du peuple, selon un proche d’Abdel Karim al-Aanzi désigné par la Marjaiya pour négocier une issue pacifique à la crise.

Les forces américaines ont bénéficié depuis leur invasion de l’Irak il y a un an, de la neutralité positive des dirigeants religieux chiites qui ont appelé à mettre fin à l’occupation par des voies pacifiques. Ces derniers ont refusé jusqu’à présent de "proclamer le jihad" en dépit d’appels pressants de la guérilla à Falloujah et des accusations de trahison portées contre eux par la communauté sunnite.

Khodayer Jaafar al-Khozaï, de l’aile dissidente du parti chiite Daawa qui mène la médiation, a indiqué que l’ayatollah Sistani était "profondément inquiet" car il estime que la "situation est très grave et dépasse un simple conflit entre troupes américaines et partisans de Motada Al-Sadr".

"Si des combats éclatent, ils ne seront pas limités à une région et s’étendront partout en Irak", a averti le grand ayatollah. "L’Irak est une société tribale et les partisans de Moqtada Al-Sadr appartiennent à des tribus. Si l’un d’eux est tué, ils le vengeront et cela ne peut conduire qu’à un conflit généralisé aux conséquences imprévisibles", a-t-il souligné. "Dans ces conditions, la Marjaiya ne peut rester neutre et se tiendra aux côtés du peuple même si elle ne partage pas les vues" de Moqtada Al-Sadr, a-t-il dit, mettant en garde contre "un bain de sang".

La Marjaiya a estimé à l’unanimité que toute attaque contre Moqtada Al-Sadr serait une atteinte à une figure religieuse et donc considérée comme une agression, selon une source proche de cette autorité religieuse.

L’Iran, qui a dépêché une délégation en Irak, a mis en garde contre les conséquences d’une attaque contre Najaf, où des millions de pèlerins iraniens se rendent chaque année pour visiter les mausolées d’Ali et Abbas, imams vénérés par les chiites.

"Nous sommes assis sur un baril de poudre. Tout mauvais pas peut provoquer une grave escalade", a affirmé un membre de la délégation. Interrogé sur les conséquences d’une éventuelle attaque sur Najaf, il a déclaré : "si certaines erreurs sont commises, il ne peut plus y avoir de retour en arrière et il n’y aura pas de sortie possible. Les musulmans partout au monde se sentent concernés" par le sort de Najaf.

Des alliés chiites de la coalition au sein du Conseil de gouvernement transitoire ont tiré la sonnette d’alarme et appelé à la raison.

"Il faut que la raison prédomine pour désamorcer cette crise de façon pacifique, en éliminant les facteurs de tension et arrêtant la machine de guerre", a déclaré Ibrahim Jaafari.

Agence France Presse

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