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mercredi 24 mai 2017
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AP, 16 avril 2004

Irak : Les négociations proches de l’échec

Suivi d’un commentaire


NADJAF, Irak (AP) - Des affrontements ont eu lieu, vendredi 16 avril 2004, entre troupes américaines et miliciens chiites près de Koufa, non loin de Nadjaf.

Selon un porte-parole du chef chiite radical, Moqtada Al-Sadr, les négociations avec les Américains étaient proches de l’échec.


De son côté, un représentant du plus haut religieux chiite en Irak, l’ayatollah Ali Sistani, a mis en garde les troupes américaines contre toute entrée dans les villes saintes de Kerbala et Nadjaf.

Des miliciens de l’armée du Mahdi ont attaqué des soldats américains près de Koufa. Lors des affrontements, d’importantes explosions ont été vues près de la rivière dans une zone peu peuplée à la périphérie de la ville.

Selon des responsables hospitaliers, cinq civils pris entre deux feux ont été tués et 14 autres blessés.

Quelque 2500 soldats américains sont déployés autour de Nadjaf, prêts à tuer ou capturer Moqtada Al-Sadr et démanteler sa milice, l’armée du Mahdi.

Le grand ayatollah Ali Al-Husseini Al-Sistani, un modéré, a prévenu, vendredi 16 avril 2004, que les forces américaines s’exposeraient à une forte réponse chiite si elles pénétraient à Nadjaf et Kerbala pour capturer Moqtada Al-Sadr.

Les deux villes constituent une "ligne rouge", a averti Mhadi al-Karbala’i, un représentant du grand ayatollah Sistani lors de la prière du vendredi 16 avril 2004. "Nous appelons à une solution pacifique, mais si les forces de la coalition devaient franchir la ligne rouge, alors nous adopterions une position différente plus ferme".

De son côté, Moqtada Al-Sadr a quitté Nadjaf pour venir à Koufa pour prononcer le prêche lors de la prière à la mosquée principale de la ville. Il s’est dit prêt "au martyre pour le bien de l’Irak".

Selon un de ses représentants, les négociations menées par des politiques irakiens qui font office de médiateurs entre les Américains et les partisans de Moqtada Al-Sadr sont proches de l’échec.

Associated Press

Commentaire

Si on considère la situation du point de vue de la résistance irakienne, dans l’hypothèse où les troupes d’occupation franchiraient la ligne rouge définie par les Irakiens, il convient de contre-attaquer les occupants dans tout l’Irak simultanément.

En effet, si la contre-attaque irakienne épargne un contingent de la coalition, ce contingent épargné renforcera les autres.

Seuls peuvent être épargnés les contingents étrangers non-armés -dont la mission est purement humanitaire-, et à condition que les pays concernés s’engagent publiquement à garder ces contingents à l’abri, dans leurs bases respectives.

Dans la mesure où l’Espagne a annoncé le retrait de son contingent d’Irak, les troupes d’occupation espagnoles peuvent également être épargnées, à condition de ne pas sortir de leurs bases et de ne pas offrir un soutien indirect aux opérations agressives des coalisés.

D’une manière générale, tout soldat étranger sorti de sa base doit être considéré comme un criminel de guerre prêt à tirer sur des civils irakiens désarmés.

Sur le plan tactique, il est souhaitable que les résistants évitent de s’exposer inutilement, par goût de l’héroïsme, car un héros mort est moins utile qu’un résistant victorieux.

Les attentats-suicides sont également à proscrire, non seulement en raison de la cruauté de cette méthode pour les kamikazes eux-mêmes, mais, là encore, parce que les kamikazes sont plus utiles en résistants victorieux qu’en martyrs vainement sacrifiés.

Il s’agit, non pas d’affronter les occupants en terrain découvert, dans les conditions qui leurs sont favorables, mais de les attirer dans le piège des villes, auquel leur armement n’est pas du tout adapté.

Plutôt qu’à des batailles rangées, il faut penser à des embuscades continuelles, des pièges, des tirs de snipers.

Quand on organise une attaque, il faut s’efforcer de prévoir la réaction de l’occupant -poursuite des auteurs de l’attaque, envoi d’un hélicoptère sur les lieux- et mettre en place des pièges dans lesquels viendront se jeter les poursuivants, ou apporter un missile sol-air qui abattra l’hélicoptère.

Pendant la seconde guerre mondiale, les Britanniques redoutaient tellement les pièges du général Erwin Rommel, commandant de l’Afrika Korp, que, même quand il battait en retraite, on s’abstenait de le poursuivre. Ou alors, on le "poursuivait" avec une telle prudence qu’il avait tout le temps de s’échapper...

Il faut que la simple idée de s’aventurer dans une ville irakienne devienne un cauchemar pour les occupants. Qu’ils ne puissent pas regarder une fenêtre sans redouter la balle d’un sniper. Qu’ils ne puissent pas passer devant le soupirail d’une maison ou devant les planches d’une palissade sans redouter une roquette antichar.

Des résistants très mobiles, opérant par petits groupes, sont plus efficaces qu’un grand rassemblement de résistants livrant une bataille rangée.

Tous les civils étrangers qui travaillent pour l’occupant ou pour les entreprises de l’occupant doivent quitter l’Irak.

Il faut savoir que, dans une armée, une grande proportion des effectifs est constituée de non-combattants. Ce sont des soldats affectés à des tâches administratives, à l’entretien du matériel, au ravitaillemernt des troupes, etc...

Si les collaborateurs civils s’en vont, il faudra les remplacer par des militaires, et cela posera un problème à l’occupant. De surcroît, leur départ évitera aux civils étrangers d’être tués ou pris en otage.

Frank BRUNNER

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