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jeudi 25 mai 2017
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AFP, 22 mai 2008

Afrique du Sud : Les violences xénophobes s’étendent

par Fran BLANDY


Emeute xénophobe à Ramaphosa

JOHANNESBURG (AFP) - Le président sud-africain, Thabo Mbeki, a autorisé, mercredi 21 mai 2008, le déploiement de l’armée en renfort de la police, pour tenter d’enrayer les violences xénophobes dont le bilan des morts a presque doublé et qui se sont étendues au delà de la région de Johannesburg.

Afrique du Sud


De nombreux Sud-Africains accusent les étrangers, dont quelque trois millions de Zimbabwéens ayant fui le marasme politico-économique de leur pays, de prendre des emplois et d’être responsables de la criminalité. Les attaques xénophobes ont été largement concentrées dans et autour de Johannesburg. "Le bilan des morts est passé à 42, 400 personnes ont été arrêtées et 16000 déplacées", a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police pour le Gauteng, Govindsamy Mariemuthoo. Le précédant bilan officiel était de 22 morts depuis que les attaques ont débuté, le 11 mai, dans le bidonville d’Alexandra, mitoyen du quartier financier de Sandton, avant de s’étendre à d’autres townships. De nouvelles attaques, dont il a été fait état, mercredi 21 mai 2008, dans la ville côtière de Durban et dans la province du Mpumalanga, laissent peu d’espoirs de voir la violence rapidement contenue. La commissaire Phindile Radebe, porte-parole de la police du KwaZulu-Natal, a précisé que des commerces appartenant à des Nigérians avaient été visés par des habitants en furie à Umbilo, quartier pauvre de Durban, grand port sur l’océan Indien. "Une foule d’environ 200 personnes s’est rassemblée dans les rues, brandissant des bouteilles et des gourdins, et ont agressé des gens", a-t-elle déclaré à l’AFP. Selon un porte-parole de la police d’Umbilo, le capitaine John Lazarus, cité par le quotidien local The Mercury, les attaquants demandaient aux étrangers de "quitter le KwaZulu-Natal", province la plus peuplée du pays. Des commerces tenus par des étrangers ont également été attaqués dans les townships de Leslie et Embalenhle, près de la ville industrielle de Secunda, dans le Mpumalanga. "Ils ont pillé six boutiques et en ont brûlé trois. Certaines appartenaient à des Zimbabwéens, d’autres à des Somaliens", a déclaré un policier présent sur les lieux, à l’agence sud-africaine Sapa.

Emeute xénophobe à Ramaphosa

Dans un bref communiqué, la présidence a annoncé que Thabo Mbeki avait "approuvé une requête des services de la police sud-africaine pour l’implication de la Force de défense d’Afrique du Sud (SADF), afin de faire cesser les attaques en cours contre les étrangers dans la province du Gauteng", où se trouvent Johannesburg et Pretoria. Interrogé par l’AFP sur la signification du mot "implication", un porte-parole du président a précisé : "Cela signifie le déploiement de l’armée". La porte-parole de la police nationale, Sally de Beer, a ajouté que les militaires n’allaient pas remplacer les forces de l’ordre : "Nous n’envisageons pas qu’ils procèdent à des opérations de police, mais plutôt qu’ils nous renforcent".

Un émeutier à Ramaphosa

La présidente de la Commission des droits de l’Homme, Jodi Kollapen, a averti, mercredi 21 mai 2008, qu’il serait difficile de réintégrer ces immigrés, qui continueront "de se sentir en danger". Elle dénonce le fait que les agresseurs "auront atteint leur but de les pousser hors du pays". Ces violences, rappelant les affrontements sanglants de la transition démocratique, en 1994, ternissent l’image de la Nation Arc en ciel, rêvée par le héros de la lutte anti-apartheid et ancien président, Nelson Mandela. "L’Afrique du Sud est le dernier pays qu’on aurait imaginé plonger dans la xénophobie", a déclaré le ministre kényan des Affaires étrangères, Moses Wetangula, rappelant que, "pendant le chemin difficile vers l’indépendance, les Sud-Africains s’étaient expatriés sur tout le continent".

Fran BLANDY

Des policiers à Ramaphosa

Un policier garde un blessé, à Ramaphosa

Evacuation d’un blessé à Ramaphosa

Un cadavre à Ramaphosa

Un policier à Reiger Park

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