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dimanche 30 avril 2017
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AFP, 4 juin 2008

Informations internationales : Le monde ne doit pas échouer face à la crise alimentaire

par Emmanuelle ANDREANI


Une rizière au Sénégal

ROME (AFP) - Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a dramatisé, mercredi 4 juin 2008, l’enjeu du sommet de la FAO de Rome, en déclarant que le monde ne "pouvait pas se permettre d’échouer" face à la crise alimentaire qui exigera un effort financier de 15 à 20 milliards de dollars par an.

Du bétail à Noonamah, en Australie


La flambée des cours des denrées alimentaires (+ 53 % au cours des quatre premiers mois de 2008 par rapport à la même période de 2007) touche de plein fouet les pays les plus pauvres et a provoqué des émeutes en Afrique, dans les Caraïbes et en Asie. Le coordinateur de la cellule spéciale sur la crise alimentaire de l’ONU, John Holmes, s’est montré optimiste sur les chances de trouver des solutions à la flambée des prix, en estimant qu’il existait un "large consensus" entre les pays.

Des sans-abri à Jammu, en Inde

"On ne peut pas se permettre d’échouer. C’est une lutte qu’on ne peut pas se permettre de perdre, la faim crée l’instabilité, et nous devons donc réagir maintenant et tous ensemble", a souligné M. Ban lors d’une conférence de presse conjointe avec le président de la Banque mondiale (BM), Robert Zoellick. "Le plan d’action doit être mis en place de façon urgente, des millions de personnes attendent (...) On aura besoin de 15 à 20 milliards de dollars par an", a-t-il précisé. Il faut que "le système commercial international fonctionne de façon efficace pour que davantage de denrées soient mises sur le marché et à des prix raisonnables", a-t-il expliqué, souhaitant que des mesures soient prises pour que les "récoltes soient meilleures dans les années à venir". Revenant sur le sujet, longuement évoqué la veille, des biocarburants, M. Ban a aussi souhaité plus de "recherche et d’analyse" sur cette forme d’énergie nouvelle, défendue avec vigueur par le Brésil et les Etats-Unis, afin de mesurer son impact sur la flambée des prix.

Ban Ki-moon

Au deuxième jour de ce sommet qui réunit de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement, M. Zoellick a aussi pointé du doigt les restrictions aux exportations qui "encouragent la flambée des prix et touchent les populations les plus pauvres". Outre la levée des barrières commerciales, le plan d’action de la Banque mondiale, qui entend concentrer ses efforts sur les 20 pays "les plus vulnérables", prévoit la fourniture de semences et de fertilisants aux pays en développement. Ce plan vise aussi, outre la lutte contre la faim, à ce que "les prix élevés de la nourriture soient une opportunité pour développer" l’agriculture mondiale, a-t-il expliqué. "Sans une action rapide, cette crise va détruire le potentiel de toute une génération (...). Ce n’est pas une catastrophe naturelle. Elle est créée par l’homme et doit être réglée par l’homme", a-t-il estimé. Le directeur de la Banque mondiale, accusé par ses détracteurs d’avoir négligé l’agriculture, a annoncé que l’institution avait l’intention d’accroître de 50 % à 6 milliards de dollars en 2009 son effort dans ce secteur. La FAO a annoncé, dans la matinée, avoir lancé une "initiative d’urgence" de 17 millions de dollars pour lutter contre la flambée des prix des denrées de base. La Banque islamique de développement (BID) a profité du sommet pour annoncer qu’elle allait allouer 1,5 milliard de dollars à des programmes de distribution d’aide alimentaire aux pays les plus pauvres tandis que le Programme alimentaire mondial (PAM) a décidé de débloquer une enveloppe de 1,2 milliard de dollars pour lutter contre la crise.

Emmanuelle ANDREANI

Des Palestiniens se tiennent près d’un camion chargé d’aide alimentaire, à Anin, en Cisjordanie

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