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AFP, 6 juin 2008

La Gambie est condamnée dans l’affaire de la "disparition" d’un journaliste


Vue de Banjul

La Cour de justice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), saisie par une ONG de défense des médias, a condamné la Gambie à libérer un journaliste porté disparu depuis 2006 et à lui verser 100000 USD de dommages, a annoncé, vendredi 6 juin 2008, le plaignant. La Cour de justice de la Cédéao a été créée en 1991. Ses décisions sont "exécutoires pour les Etats membres, les institutions de la Communauté, les individus et sociétés", selon la Cédéao.

Gambia


La Cour de justice de la Cédéao (quinze pays), basée à Abuja, au Nigeria, a rendu son jugement, jeudi 5 juin 2008, affirme, dans un communiqué, la Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA), qui a porté plainte, en juin 2007, contre le gouvernement gambien, pour la disparition du journaliste Chief Ebrima Manneh. M. Manneh, employé au quotidien pro-gouvernemental gambien Daily Observer, est porté disparu depuis juillet 2006, après son interpellation dans les locaux du journal par des agents présentés comme membres des services de renseignements (NIA). Depuis son interpellation le 7 juillet 2006, Chief Ebrima Manneh aurait été détenu au secret en différents endroits en Gambie par la NIA, qui a réfuté ces allégations à plusieurs reprises. Plusieurs ONG ont exprimé des craintes pour sa vie. Selon certaines de ces organisations, il aurait été vu vivant, pour la dernière fois, le 26 juillet 2007, dans un hôpital, à Banjul, pendant une hospitalisation sous surveillance sécuritaire.

Chief Ebrima Manneh

"La Cour de justice de la Cédéao a déclaré l’arrestation et la détention de Chief Ebrima Manneh illégales et a ordonné aux autorités gambiennes sa libération immédiate", déclare l’ONG dans son communiqué. "La Cour a également décidé à l’encontre du gouvernement gambien une somme de 100000 dollars US au titre de dommages" à verser à M. Manneh, ajoute le texte. MFWA se félicite de cette décision et appelle la Gambie à respecter et faire appliquer le jugement. L’ONG de défense des médias rappelle que les autorités gambiennes ont refusé de collaborer avec la cour de justice ouest-africaine tout le long de la procédure, déclenchée en juin 2007, et ont toujours affirmé n’avoir aucune information sur le lieu de détention du journaliste.

Un ferry

Ce jugement a également été salué par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ, basé à New York) dans un communiqué reçu par l’AFP à Dakar. "Nous appelons les autorités gambiennes à respecter la décision rendue jeudi, et à libérer immédiatement Manneh", déclare Tom Rhodes, coordinateur du programme Afrique de Comité pour la protection des journalistes, cité par le communiqué.

Agence France Presse

Un ferry

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source