retour article original

lundi 22 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales
AFP, 27 juin 2008

Informations internationales : Communiqué du G8

par Gilles CAMPION


Vue de Kyoto, au Japon

KYOTO (AFP) - Les ministres des Affaires étrangères du G8 -Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie- ont lancé, vendredi 27 juin 2008, une sévère mise en garde au président zimbabwéen, Robert Mugabe, affirmant qu’ils ne reconnaîtraient pas un gouvernement issu d’une élection "illégitime".

Après une réunion de deux jours dans l’ancienne capitale impériale de Kyoto, au Japon, les huit ministres ont également adopté un communiqué conjoint réclamant l’abandon des programmes nucléaires en Corée du Nord et en Iran, ainsi qu’une démocratisation du régime en Birmanie.

Ozingai, un Zimbabwéen âgé de 80 ans, a été frappé à coups de chaînes par des soldats, parce que l’un de ses fils milite pour l’opposition politique


Alors que le second tour de l’élection présidentielle se déroulait, vendredi 27 juin, au Zimbabwe, malgré le retrait du candidat de l’opposition, Morgan Tsvangirai, le G8 s’est inquiété, dans une déclaration à part, de la situation dans l’ancienne colonie britannique. "Nous regrettons les actions des autorités zimbabwéennes -violence systématique, obstruction et intimidation- qui ont rendu impossible une élection présidentielle libre et équitable", indique le texte. "Nous n’accepterons pas la légitimité d’un gouvernement qui ne reflèterait pas la volonté du peuple zimbabwéen", ont poursuivi les chefs de la diplomatie des huit nations industrialisées. Lors d’une conférence de presse conjointe, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a annoncé que les Etats-Unis allaient consulter le Conseil de Sécurité de l’ONU, qu’ils président jusqu’au 1er juillet 2008, pour "voir quelles prochaines mesures peuvent être prises". "Cette imposture ne peut pas déboucher sur un résultat légitime", a-t-elle estimé. Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a jugé, lui aussi, que l’élection était "biaisée sous tous les aspects", dénonçant "la brutalité du régime" et "l’organisation du scrutin". Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a de son côté annoncé que l’Italie allait proposer aux autres membres de l’Union européenne (UE) de rappeler leur ambassadeur du Zimbabwe.

Ozingai, un Zimbabwéen âgé de 80 ans, a été frappé à coups de chaînes par des soldats, parce que l’un de ses fils milite pour l’opposition politique

Les ministres ont jugé que la déclaration remise, jeudi 26 juin 2008, par Pyongyang, sur son programme nucléaire, était un "pas important pour parvenir à (...) l’abandon de toutes les armes atomiques et des programmes nucléaires en cours". Mme Rice a toutefois souligné que le processus de désarmement serait "encore très long". Les Huit ont en outre demandé à la Corée du Nord de trouver une solution rapide à la question des Japonais enlevés par les services secrets nord-coréens dans les années 1970 et 1980, une question qui empêche toute normalisation entre Tokyo et Pyongyang.

Dans une gare de Séoul, en Corée du Sud, des voyageurs regardent, à la télévision, un reportage sur la prochaine démolition d’une centrale nucléaire nord-coréenne, le 27 juin 2008

Le G8 a appelé l’Iran à suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium et à coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ils lui ont par ailleurs demandé d’"agir de façon plus responsable et constructive dans la région" du Proche-Orient, ainsi qu’en Irak et en Afghanistan. Le communiqué conjoint a d’autre part enjoint la junte birmane à lever toutes les restrictions entravant l’acheminement de l’aide aux victimes du cyclone, à libérer les détenus politiques, dont la prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, et à démocratiser le pays. Sur la question du Proche-Orient, les Huit ont appelé au "gel des colonies" et à "l’arrêt des violences" qui sapent le processus de paix. Enfin, ils ont menacé le Soudan d’adopter des mesures supplémentaires à l’ONU s’il ne coopère pas avec la Cour pénale internationale (CPI) qui lui réclame de livrer deux de ses ressortissants accusés de crime de guerre au Darfour.

Gilles CAMPION

Un rebelle du JEM, au Darfour, le 28 juillet 2004

AUTEURS 

  • Gilles CAMPION

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source