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vendredi 18 août 2017
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AFP, 1er juillet 2008

Djibouti : L’Union africaine demande le "retrait immédiat et inconditionnel" de l’Erythrée


Des soldats érythréens, le 17 février 2001

L’Union africaine (UA) a exigé, lundi 30 juin au soir, dans un communiqué transmis à l’AFP en marge du sommet de Charm El Cheikh, en Egypte, le retrait "immédiat et inconditionnel" de l’Erythrée des territoires au nord de la République de Djibouti. Ce communiqué fait suite à une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, dimanche 29 juin 2008 au soir, dont les résultats n’avaient pas encore été rendus public.

Le président de l’Erythrée, Issayas Afeworki, invité au sommet, ne s’est pas déplacé.

Djibouti


La tension entre l’Erythrée et Djibouti est très forte depuis une incursion, le 16 avril 2008, de troupes érythréennes vers Ras Doumeira (nord de Djibouti), promontoire stratégique surplombant l’entrée de la mer Rouge. Les deux pays s’étaient opposés à deux reprises, en 1996 et 1999, pour cette zone. Le 12 juin 2008, le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà condamné "l’action militaire de l’Erythrée contre Djibouti", deux jours auparavant, à la frontière entre les deux pays, et appelé les deux parties à s’engager à un cessez-le-feu, les exhortant, en particulier l’Erythrée, à ramener leurs forces à leurs positions antérieures à l’action militaire érythréenne.

Isaias Afewerki

Le Conseil de paix et de sécurité "condamne fermement l’action militaire conduite par l’Erythrée contre Djibouti à Ras Doumeira et dans l’île de Doumeira, et exige de l’Erythrée qu’elle se retire immédiatement et inconditionnellement des territoires djiboutiens qu’elle occupe", indique le texte. L’Union africaine, réitérant "l’impératif du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats membres, ainsi que des frontières existant au moment de l’accession à l’indépendance", appelle les deux pays voisins à recourir au dialogue pour régler leur différend frontalier. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine insiste sur le retrait des troupes des deux côtés de la frontière pour revenir au statu quo ante et éviter de nouveaux accrochages comme celui du 10 juin qui avait fait au moins neuf morts côté djiboutien. "Le Conseil de paix et de sécurité demande le retour à la situation qui prévalait à la frontière commune entre les deux pays avant la tension actuelle, y compris le retrait immédiat de la frontière de toutes les forces qui y ont été positionnées depuis le 4 février 2008", explique le communiqué. "Le Conseil de paix et de sécurité exprime sa profonde préoccupation face au refus des autorités érythréennes de recevoir la mission de la Commission (de l’Union africaine qui s’est déjà rendue à Djibouti) et leur demande instamment d’apporter leur entière coopération aux efforts déployés par l’Union africaine en vue d’un règlement pacifique de la crise", ajoute le texte.

Agence France Presse

Des soldats djiboutiens paradent, le 27 juin 2007

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