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lundi 27 février 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (4ème partie) : Du 16 avril 2004 au 30 avril 2004
AFP, 18 avril 2004

Irak : L’Union européenne favorable au départ de toutes les troupes d’occupation


BAGDAD (AFP) - Les négociations ont été relancées, dimanche 18 avril, pour régler la crise à Najaf et devaient reprendre, lundi 19 avril 2004, à Falloujah, pour lever le siège, après un week-end meurtrier, notamment dans les rangs américains, qui s’est conclu par l’annonce d’un retrait espagnol au plus vite d’Irak.


En deux jours, au moins dix Américains ont été tués tandis que des étrangers sont toujours retenus en otages et d’autres portés disparus.

"Les troupes espagnoles en Irak vont se retirer dans les plus brefs délais", a annoncé, dimanche 18 avril 2004, le nouveau président du gouvernement espagnol, José-Luis Rodriguez Zapatero.

"Il n’est pas prévisible qu’une résolution de l’ONU s’ajuste au contenu" des exigences espagnoles sur l’Irak, a expliqué M. Zapatero qui avait lié la présence des 1432 militaires espagnols à Diwaniyah et Najaf à une prise de contrôle politique et militaire de l’ONU en Irak.

Washington, prévenue par Madrid avant cette annonce, a indiqué qu’elle n’était pas "inattendue", tandis que Varsovie exprimait sa surprise.

Le Caire, mis au courant par l’Espagne, a précisé que le retrait commencerait "d’ici 15 jours".

Madrid a indiqué qu’il pourrait s’étaler sur un mois et demi.

Sur la scène internationale se sont multipliés rencontres diplomatiques et appels à la pacification en Irak, où des étrangers sont toujours retenus en otages et d’autres portés disparus.

A Najaf, où les pèlerins commençaient à affluer pour l’anniversaire du prophète Mahomet, célébré lundi 19 avril, le parti chiite Dawa a tenté, dimanche 18 avril 2004, de relancer la médiation entre Américains et partisans du chef radical chiite Moqtada al-Sadr.

Selon Adnane Ali al-Kazem, conseiller du chef du Dawa, une rencontre "positive" a eu lieu à Bagdad entre des représentants du parti et l’administrateur américain Paul Bremer et une autre est prévue, lundi 19 avril 2004, avec Moqtada al-Sadr. Il a dit avoir l’impression que la coalition est "disposée à régler la crise de façon pacifique".

Samedi 18 avril 2004, la situation semblait bloquée, et un porte-parole de Moqtada al-Sadr avait dit redouter une attaque américaine "à tout moment".

Les forces américaines ont massé des troupes aux abords de Najaf et veulent désarmer la milice de Moqtada al-Sadr, l’Armée du Mehdi qu’ils tiennent pour responsable des récents troubles sanglants dans le sud du pays et à Bagdad.

A Falloujah, bastion sunnite à 50 km à l’ouest de Bagdad, assiégé depuis 14 jours par les US Marines, des responsables de la coalition et dignitaires locaux doivent poursuivre, lundi 19 avril 2004, les tractations sur la levée du siège de la ville.

Un médiateur irakien, Hachem Al-Hassani, et l’adjoint de Paul Bremer, Richard Jones, avaient évoqué, samedi 18 avril, des progrès durant les réunions de vendredi 17 avril et samedi 18 avril 2004.

Le week-end n’en a pas moins été meurtrier, à la fois pour la coalition et pour les Irakiens.

Dix soldats américains ont été tués, samedi 17 avril et dimanche 18 avril, en Irak, selon l’armée américaine. Parmi eux, cinq US Marines ont été tués et neuf blessés, samedi 17 avril 2004, dans des affrontements avec des rebelles près de la frontière syrienne.

Trois soldats américains ont été tués le même jour dans une embuscade près de Diwaniyah. L’échange de tirs a aussi tué quatre Irakiens dont un milicien, selon le bureau de Moqtada al-Sadr.

Deux autres soldats américains ont été tués, l’un dans la province sunnite d’Al-Anbar et l’autre dans l’est de Bagdad.

Plus de 80 soldats américains ont été victimes des violences en avril 2004, selon des sources militaires, et quelque 690 ont été tués depuis l’invasion de l’Irak en mars 2003.

Par ailleurs, deux militaires britanniques ont été blessés dans une attaque samedi soir à Amara, ville chiite du sud-est de l’Irak.

Les soldats britanniques ont encerclé, dimanche 18 avril 2004, des partisans de Moqtada al-Sadr retranchés dans un bâtiment à Amara, et des échanges de tirs ont eu lieu. Une jeep britannique était en feu. Un Britannique et un milicien chiite ont été blessés.

En outre, deux chauffeurs routiers irakiens travaillant pour la coalition ont été tués, dimanche 18 avril 2004, près de Kirkouk.

Dans la même région, une jeune bergère, fille d’un chef de tribu, a été tuée par erreur par des soldats américains qui croyaient avoir vu "un suspect".

Trois explosions ont été entendues, dimanche 18 avril 2004 après-midi, dans le centre de Bagdad. Des journalistes de l’AFP ont vu de la fumée s’élever du secteur du QG de la coalition, qui n’a pas commenté.

Face à la situation en Irak, l’Union européenne ne peut "rester au balcon", a estimé, dimanche 18 avril 2004, le ministre belge des Affaires étrangères Louis Michel, appelant l’UE à faire jouer sa diplomatie auprès de pays comme l’Iran, la Syrie et le Liban, pour tenter "d’amener l’apaisement et ramener les gens autour de la table".

"Il faut mettre un terme à l’occupation (de l’Irak) le plus vite possible, mais sans créer un vide de sécurité" et "accorder la souveraineté au peuple irakien le plus vite possible", a estimé son homologue allemand Joschka Fischer, à l’issue d’une rencontre à Paris avec l’envoyé spécial de l’ONU en Irak, Lakhdar Brahimi, et le chef de la diplomatie française Michel Barnier.

Ce dernier a insisté sur "un vrai transfert de souveraineté aux Irakiens" qui serait garanti par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

La conseillère pour la sécurité nationale du président américain, Condoleezza Rice, a jugé que "l’ONU n’est pas la panacée" pour en finir avec la rébellion en Irak, tout en réaffirmant le soutien américain au plan onusien de transfert de souveraineté.

Concernant la crise des otages, l’Italie multiplie les initiatives pour faire libérer les trois Italiens encore retenus, après l’exécution du quatrième mercredi 14 avril 2004. Elle a sollicité l’aide du président syrien Bachar al-Assad.

Le chef de la diplomatie iranienne Kamal Kharazi était attendu, dimanche 18 avril au soir, à Rome et M. Brahimi, lundi 19 avril 2004, à Bologne.

Le Danemark a lui demandé à un religieux musulman d’aider à la libération d’un homme d’affaires danois, selon la presse danoise.

Le sort de plusieurs autres étrangers enlevés reste en suspens, dont celui d’un soldat américain de 20 ans, Keith Matthew Maupin, que ses ravisseurs veulent échanger contre des prisonniers.

Agence France Presse

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