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mercredi 29 mars 2017
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Reuters, 10 juillet 2008

Corruption : Nouvelle plainte en France visant des chefs d’Etat africains

par Thierry LEVEQUE et Gregory SCHWARTZ


Omar Bongo

PARIS (Reuters) - Une nouvelle plainte pour "recel de détournement de biens publics" concernant le gigantesque patrimoine immobilier détenu en France par plusieurs chefs d’Etat africains a été déposée, mercredi 9 juillet 2008, à Paris, par deux ONG et des ressortissants gabonais et congolais, annoncent les plaignants.

La plainte vise le président gabonais, Omar Bongo ; celui de l’Angola, Eduardo dos Santos ; celui du Burkina, Faso Blaise Compaoré ; et celui de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang. Une précédente plainte déposée sur les mêmes faits a été classée sans suite par le parquet de Paris, en 2007, mais c’était à la suite d’une enquête préliminaire de police qui a établi un état des biens détenus par les chefs d’Etat.

France


Le rapport de police répertorie trente-trois appartements, hôtels particuliers et maisons possédés par le président du Gabon, Omar Bongo, au pouvoir depuis quarante-et-un ans, et ses proches. Omar Bongo possède en propre dix-sept propriétés immobilières, dont un hôtel particulier près des Champs-Elysées acquis pour 18,875 millions d’euros en juin 2007. Il a en outre deux appartements avenue Foch de 88 m2 et 210 m2 et un autre de 219 m2 dans le 16e arrondissement de la capitale. Sur la Côte d’Azur, il détient deux appartements de 170 m2 et 100 m2, trois maisons dont une de 176 m2.

Denis Sassous Nguesso

Le président congolais, Denis Sassous-Nguesso, revenu au pouvoir, à Brazzaville, en 1997, après une guerre civile, enregistre un total de dix-huit propriétés pour lui et ses proches. Denis Sassou N’Guesso possède une maison de 485 m2 au Vésinet, un logement de neuf pièces dans le 17e arrondissement de Paris acheté, en 2007, pour son épouse, pour le montant de 2,47 millions d’euros. Un hôtel particulier de sept pièces avec piscine à Neuilly a été acquis, pour 3,15 millions d’euros, en 2006, par sa fille cadette Julienne.

Nicolas Sarkozy en compagnie d’Eduardo Dos Santos

En revanche, la police n’a rien découvert à Paris qui appartienne au président angolais, Eduardo dos Santos, visé par l’enquête de police, ou qui concerne le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré. L’épouse de ce dernier possède cependant deux logements dans le 16e arrondissement. Les enquêteurs se sont rendus chez des concessionnaires d’automobiles de luxe et, exhumant chèques et paiements, ont découvert notamment trois Bugatti et une quinzaine d’autres véhicules achetés par Teodoro Obiang et sa famille.

Blaise Compaoré

Omar Bongo a été l’un des premiers chefs d’Etat reçus officiellement par Nicolas Sarkozy à Paris, après son élection. Le président français s’est rendu en Angola, en mai 2008. Ces deux états pétroliers sont des fiefs de Total. "Ce patrimoine n’a pu être acquis grâce aux seuls salaires et émoluments des personnes visées. Il existe pour certains d’entre eux de très sérieuses présomptions d’être ou d’avoir été les instigateurs d’importants détournements de biens publics", déclarent Transparency international et Sherpa dans un communiqué. Ils souhaitent que le juge d’instruction qui, selon eux, doit être désigné, enquête sur les conditions d’acquisition des immeubles et d’alimentation des comptes bancaires, avec pour objectif ultime la restitution des avoirs aux pays concernés.

Thierry LEVEQUE et Gregory SCHWARTZ

Teodoro Obiang Nguema

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