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vendredi 18 août 2017
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Reuters, 19 avril 2004

Irak : les troupes d’occupation suspendent provisoirement l’attaque de Najaf

par Gleb BRYANSKI


NADJAF, Irak (Reuters) - L’armée américaine a semblé écarter, lundi 19 avril 2004, la perspective d’une confrontation à court terme avec les partisans de l’imam radical Moktada Al-Sadr, retranché à Nadjaf, ville sainte chiite irakienne, où elle a promis d’agir avec retenue si une offensive ne peut être évitée par la négociation.


Confrontée à une résistance sans précédent dans le bastion sunnite de Falloudja, à l’ouest de Bagdad, et à l’insurrection des fidèles de Moqtada Al-Sadr dans les zones chiites, l’US Army se trouve dans une situation d’autant plus délicate que Madrid a annoncé, dimanche 18 avril 2004, le rapatriement prochain des 1400 soldats dépêchés en Irak par le précédent gouvernement.

"Je crois que nous sommes très, très conscients du fait qu’il est délicat d’entrer dans Nadjaf. Nous sommes très sensibles aux lieux saints et nous l’avons toujours été lors des opérations que nous avons menées dans ce pays", a déclaré, lundi 19 avril 2004, le général Ricardo Sanchez, commandant de la coalition emmenée par Washington, dans un entretien accordé à une chaîne de télévision australienne.

A Nadjaf comme à Falloudja, des pourparlers ont été engagés et les Etats-Unis semblent plus disposés à les poursuivre qu’à se lancer dans une offensive lourde de conséquences vis-à-vis de la communauté chiite majoritaire.

Dan Senor, porte-parole de l’Autorité provisoire de la coalition (CPA), a annoncé lors d’une conférence de presse que les négociateurs avaient convenu de discuter d’un cessez-le-feu véritable et durable à Falloudja, sans que l’on sache pour autant l’influence des représentants de cette ville sur les 1000 à 2000 combattants qui s’y trouvent.

Dans le sud, le colonel Dana Pittard, commandant de la force d’intervention de la 3e brigade déployée aux abords de Nadjaf, a confirmé de son côté que les forces américaines pouvaient attendre "en raison du stade auquel se trouvent à présent les discussions".

"Nous souhaitons toujours que les Irakiens résolvent le problème", a-t-il souligné, ajoutant que les 2500 hommes sous ses ordres seraient prochainement remplacés par 2000 soldats de la 1ère division blindée.

"Nous accordons à toutes ces initiatives une chance de résoudre (le problème) pacifiquement, mais le temps commence réellement à faire défaut", a toutefois nuancé le général Sanchez, selon lequel l’armée américaine reste prête à mener les actions nécessaires, faute de solution dans un délai raisonnable.

George Bush exprime ses regrets à Jose Luis Rodriguez Zapatero

Ce délai semble d’autant plus crucial que l’armée américaine a enregistré au cours des trois dernières semaines davantage de pertes que lors de l’offensive qui a entraîné dans le même laps de temps la chute du régime de Saddam Hussein.

Pas moins de 110 soldats américains ont été tués au combat depuis le 31 mars 2004, selon un nouveau bilan rendu public par le Pentagone.

Lundi 19 avril 2004 au matin, un haut responsable de la coalition a toutefois fait remarquer que les dernières 24 heures avaient été remarquablement calmes. Aucun décès n’a été enregistré et 21 actes de guérilla seulement ont été signalés, alors que la moyenne s’établissait à 50 agressions quotidiennes la semaine dernière.

Quatre explosions ont néanmoins retenti, lundi 19 avril 2004, à Bagdad, et une roquette s’est abattue dans l’enceinte de l’ambassade de Suède, inoccupée depuis 1991. Aucune victime n’a été signalée.

Cette accalmie n’a pourtant pas masqué la déception des Etats-Unis après l’annonce du retrait prochain des 1400 soldats espagnols présents en Irak.

Au cours d’une brève conversation téléphonique, le président George Bush a exprimé ses regrets au nouveau président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, et l’a exhorté à faire en sorte que ce retrait ne mette pas en danger les autres contingents de la coalition internationale.

Le président américain, dont les propos étaient rapportés par son porte-parole, Scott McClellan, a également "souligné l’importance d’envisager avec soins les prochaines actions pour éviter de donner aux terroristes ou aux ennemis de la liberté en Irak une fausse impression de réconfort".

Condoleezza Rice, conseillère à la sécurité nationale de la Maison blanche, a dit s’attendre à ce que d’autre pays disposant de troupes en Irak revoient leur position.

"Nous savons que d’autres vont devoir réexaminer leur perception du risque", a-t-elle dit à la chaîne de télévision ABC. "Nous avons 34 pays disposant de forces sur le terrain. Je crois qu’il y aura certaines modifications."

Moqtada Al-Sadr a, quant à lui, invité la résistance irakienne à ne pas s’en prendre aux soldats espagnols d’ici à leur départ.

Gleb BRYANSKI

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