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mercredi 22 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Haïti (4ème partie) : Du 1er avril 2004 au 31 août 2004
AFP, AP, 21 avril 2004

Haïti : Un chef de bande fait des révélations sur le meurtre de Jean Dominique

Suivi de : "Kofi Annan présente la future force onusienne en Haïti"


Jean Dominique

Un ex-chef de bande de Port-au-Prince a mis en cause un ancien collaborateur de l’ex-président haïtien Jean Bertrand Aristide pour le meurtre du journaliste Jean Dominique le 3 avril 2000, selon un quotidien.


Le directeur de Radio Haïti Inter, le plus célèbre journaliste et commentateur politique de l’époque, avait été abattu par des hommes armés devant sa station à Port-au-Prince, en même temps que le gardien de la station Jean-Claude Louyissaint.

Scène de rue à Port-au-Prince, le 27 février 2004

Les révélations sur son meurtre ont été faites par Robenson Thomas, plus connu sous le sobriquet de "La Bannière", ex-chef de bande de Cité Soleil, quartier populaire de la capitale, et homme de main du régime déchu.

Dans une déclaration faite en langue créole, lundi 19 avril 2004, sur une radio privée de la capitale, Radio Vision 2000, puis reproduite en français par le quotidien Le Nouvelliste, il indique que le responsable de cet assassinat est Harold Sévère, un ancien adjoint au maire de Port-au-Prince, qui travaillait au Palais National (siège de la présidence) sous le régime déchu. Il a été arrêté et incarcéré peu après le départ en exil de M. Aristide.

Jean-Bertrand Aristide

Selon ce témoignage, un exécutant, Guy Benson, s’était vu promettre 60000 dollars pour abattre le journaliste et un complice, "Ti Pongnet", a été chargé de tuer le gardien de la station.

Le premier a été exécuté au moment de recevoir son salaire sur la route de l’aéroport par deux hommes de main du régime et le deuxième a subi le même sort pour les mêmes raisons : "empêcher que le secret soit dévoilé" selon Robenson Thomas.

Scène de rue à Port-au-Prince, le 27 février 2004

"Harold Sévère, qui observait à distance les actions menées par Benson et Ti Poignet après s’être assuré que tout s’était bien passé, avait regagné son poste au Palais National", indique l’ex-chef de bande, qui a révélé d’autres actions violentes perpétrées sous le régime déchu.

Agence France Presse

Une Haïtienne crie des slogans anti-américains, devant le Palais national, à Port-au-Prince, le 19 avril 2004

Kofi Annan présente la future force onusienne en Haïti

Michèle Alliot-Marie, ministre française de la Défense, fait son marché aux Gonaives, le 15 avril 2004

NATIONS UNIES (AP) - Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a appelé, mardi 20 avril 2004, de ses voeux la création d’une nouvelle mission onusienne en Haïti chargée de faire de l’île "une démocratie qui fonctionne".

Scène de rue à Port-au-Prince, le 19 avril 2004

Cette force sera composée de 6700 soldats, et plus de 1600 experts et policiers internationaux. Elle remplacera la force internationale de 3600 hommes envoyée en Haïti pour y ramener la stabilité après trois semaines d’insurrection qui ont conduit au départ du président Jean-Bertrand Aristide, le 29 février 2004.

Kofi Annan a expliqué, mardi 20 avril 2004, devant le Conseil de sécurité, que le transfert d’autorité entre les deux forces aurait lieu d’ici le 1er juin 2004. Il a proposé que le conseil autorise le déploiement de cette force, baptisée Mission de stabilisation en Haïti, pour une période initiale de 24 mois.

Soldat chilien dans les rues de Port-au-Prince, le 19 avril 2004

Cette force sera chargée d’assurer la sécurité dans les villes-clé et le long des principales routes. Elle devra également "empêcher les groupes armés de s’engager dans la violence", et collaborer avec les polices haïtienne et internationale pour désarmer les combattants.

La mission sera également composée d’experts, spécialistes notamment des droits de l’homme et du Sida, qui fait des ravages en Haïti.

Les experts civils devront "aider à la mise en place des conditions nécessaires à une démocratie qui fonctionne, ainsi qu’à l’établissement et le renforcement de l’autorité locale légitime dans le pays", a expliqué M. Annan.

Selon le secrétaire général de l’ONU, la situation "s’est calmée" depuis l’arrivée de la force multinationale, mais ses moyens limités lui ont confère un succès également limité.

Associated Press

Port-au-Prince, 20 avril 2004

Commentaire

Il semble que, selon Kofi Annan, "une démocratie qui fonctionne" est une société dans laquelle les miséreux végètent dans leurs bidonvilles, tandis que l’armée les contraint à la soumission.

Il existe une autre conception, selon laquelle une démocratie est une société dans laquelle il n’y a pas de pauvres.

Un Haïtien affamé, surpris en train de voler de la farine dans un entrepôt, à Port-au-Prince, le 1er mars 2004

Les libérateurs d’Haïti commettraient une grave erreur en remettant leurs armes avant d’avoir obtenu la mise en oeuvre d’une authentique politique de progrès social. Le droit de vote n’est qu’une illusion de démocratie pour les miséreux, et ils n’ont pas à s’en contenter.

Frank BRUNNER

Une foule en liesse accueille les libérateurs d’Haïti, à Port-au-Prince, le 1er mars 2004

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