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vendredi 24 mars 2017
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AFP, 18 août 2008

Corruption : La conception britannique de "l’intérêt général"


Un Tornado

L’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) a critiqué la Grande-Bretagne pour sa manière de lutter contre la corruption, après l’abandon d’une enquête visant le groupe BAE et l’Arabie saoudite, a révélé, dimanche 17 août 2008, le Financial Times.

Grande-Bretagne


L’OCDE, basée à Paris, a envoyé une équipe de travail en Grande-Bretagne, en avril, pour vérifier les progrès effectués par le gouvernement britannique en matière de lutte contre la corruption et rédiger un rapport confidentiel qui doit être présenté lors d’une réunion du groupe de travail de l’OCDE sur la corruption, en octobre. Selon le quotidien économique, l’OCDE a envoyé une lettre au gouvernement britannique, en juin 2008, près d’un mois avant que la Chambre des Lords, plus haute juridiction britannique, ne valide la clôture pour raisons de sécurité nationale d’une enquête pour corruption visant le groupe d’armement BAE Systems et des officiels saoudiens. L’enquête portait sur des pots-de-vin supposés versés dans le cadre de contrats géants de vente d’armes de plusieurs dizaines de milliards de dollars signés entre Londres et Ryad dans les années 1980. Le gouvernement britannique a été très critiqué pour avoir mis fin, en décembre 2006, dans des conditions controversées à cette enquête du service de lutte contre la grande délinquance financière (Serious Fraud Office, SFO). Cette décision avait été assumée personnellement par le Premier ministre, Tony Blair, au nom de "l’intérêt général" du Royaume-Uni.

Anthony Blair

La réception de cette lettre a été confirmée par une porte-parole du ministère britannique du Commerce (Department of Business) qui a indiqué que le document "posait des questions concernant les évolutions depuis la visite d’avril" 2008. "La Grande-Bretagne va répondre à ces nouvelles questions", a-t-elle indiqué dans un communiqué, en précisant que le pays "s’est engagé à respecter les obligations internationales et va au-delà des exigences de l’OCDE dans de nombreux domaines". Citant des sources ayant eu connaissance du contenu de la lettre, le Financial Times indique, dans un article mis en ligne sur son site internet, que la lettre a été approuvée par les trente-sept membres du groupe de travail de l’OCDE sur la corruption, à l’exception du représentant britannique. Elle a été qualifiée par une source l’ayant lue de "particulièrement peu diplomate", pointant du doigt le fait que la Grande-Bretagne n’a pas traduit en justice le moindre cas de corruption internationale et n’a pas adopté d’amendements législatifs, selon le quotidien.

Agence France Presse

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source